Tribune libre de la députée Huguette Bello :

La Réunion a besoin d'une politique de santé spécifique


Publié / Actualisé
La députée Huguette Bello a communiqué ce mercredi 13 mars 2019 sur les travaux présentés à l'Assemblée, relatif à la santé.
La députée Huguette Bello a communiqué ce mercredi 13 mars 2019 sur les travaux présentés à l'Assemblée, relatif à la santé.

"Dans le cadre de l’examen du projet de loi sur l’organisation et la transformation du système de santé, j’ai été chargée avec ma collègue Ramlati Ali (Députée de Mayotte) d’un rapport sur la santé dans les Outre-mer.

Au terme d’une dizaine d’auditions, nous avons présenté nos travaux ce mardi 12 mars à la Délégation des Outre-mer de l’Assemblée.

Il m’a semblé important de placer mon intervention sous le signe de la différenciation territoriale. Les situations sont en effet si variables qu’à chaque région d’Outre-mer doit correspondre une politique de santé publique spécifique.

J’ai ensuite mis l’accent sur 5 points :

1- La prévention encore plus démunie dans les outre-mer alors qu’elle est indispensable pour lutter contre l’obésité, l’alcoolisme, les mauvaises habitudes alimentaires, les maladies sexuellement transmissibles, les grossesses précoces, les épidémies etc.

2 - Le financement des hôpitaux ultra marins et plus particulièrement le coefficient géographique mis en place pour compenser les surcoûts dus à l’éloignement et l’insularité. J’ai rappelé à cette occasion que ce coefficient devait être revalorisé singulièrement à La Réunion où il n’a augmenté que d’un point en douze ans. La résorption des déficits de la plupart de nos établissements de santé en dépend.

3- Le nombre de lits d’hôpitaux : même si le virage ambulatoire est de plus en plus préconisé, j’ai tenu à rappeler une inégalité persistante : 379 lits d’hôpitaux pour 100 000 à La Réunion contre 569 en France continentale. Si l’on veut bien ne pas se focaliser uniquement sur les taux d’occupation des lits, cet écart, qu’on ne retrouve pas aux Antilles, doit aussi être mis en relation avec la précarité d’une grande partie de la population, notre topographie, et bien sûr la prévalence d’affections lourdes.

4- La formation des étudiants : La suppression du numerus clausus -que j’approuve- en fait un point important du projet de loi. J’ai à nouveau demandé à ce que les effectifs des hospitalo-universitaire du CHU de La Réunion soit fortement revu à la hausse. En dépit des dernières affectations, notre CHU est toujours la lanterne rouge sur ce point.

5- La psychiatrie : Si les difficultés sont générales, l’océan Indien fait partie des régions historiquement sous-dotées.
Mayotte dispose de 10 lits en psychiatrie et d’un budget annuel de 450 000 euros.
La Réunion, elle, perçoit la dotation la plus faible de France. Elle est inférieure de 600 euros par patient. L’accumulation des retards qui en résulte rend indispensable d’accélérer le rattrapage débuté en 2018.

Le texte viendra en discussion dans l’Hémicycle à partir du lundi 18 mars."
 

   

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