Tribune libre de Samantha Pothin, présidente de L'UNEF Réunion :

Instaurons un complément de bourse pour les étudiants des DROM


Publié / Actualisé
L'UNEF demande à la ministre des Outre-mer et à la Secrétaire d'État à la solidarité l'instauration d'un complément de bourse pour les étudiants des DROM !
L'UNEF demande à la ministre des Outre-mer et à la Secrétaire d'État à la solidarité l'instauration d'un complément de bourse pour les étudiants des DROM !


Ce Mardi 19 Mars 2019, dans le cadre de la conférence régionale des acteurs de la lutte contre la pauvreté, l'UNEF Réunion a remis un dossier à Mme la Ministre des Outre-mer et Mme la Secrétaire d’État à la solidarité pour exiger l'adaptation des bourses gérées par le CROUS à la vie chère qui pénalise le pouvoir d'achat des étudiants ultramarins.
Le complément de bourse constituerait une augmentation des bourses du CROUS de 100 € par mois pour chaque étudiant boursier quel que soit l'échelon de l'étudiant. Cette mesure coûterait à l'Etat, pour l'ensemble des départements d'Outre-mer, 27 344 000 €, soit 0.11% du budget du Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.


Nous avons dans les DROM 45 573 étudiants dont 27 344 boursiers. La situation sociale des jeunes qui étudient dans les territoires d'Outre-mer doit conduire l’État à s'engager davantage pour la réussite du plus grand nombre. Si le territoire hexagonal ne compte que 24% de boursiers, les départements et régions d'Outre-mer en comptent plus de 60%. Cela démontre la précarité importante des familles ultramarines dans la mesure où les droits à bourse s'apprécient au regard des revenus des parents.


Par ailleurs, le coût de la vie est bien plus élevé dans les DROM que dans la plupart des régions de France. A titre d'exemple, selon une étude de l'INSEE publiée en 2018, les prix seraient d’environ 7% plus élevés pour La Réunion et Mayotte ou encore de 12% pour les Antilles comparés à la France métropolitaine. Ce coût plus important de la vie en outre-mer doit être compensé par l’État pour permettre aux étudiants de réaliser leurs études de bonnes conditions loin des nombreuses situations de précarité.


L'UNEF rappelle, à toutes fins utiles, que le seuil de pauvreté est aujourd'hui de 900 € par mois alors que le montant mensuel d'une bourse à l'échelon maximum n'est que de 555 €.


L'UNEF estime que cette demande constitue une première étape à la nécessaire reconstruction du système des bourses qui ne devrait plus tenir compte du revenu des parents mais de la situation individuelle de l'étudiant.

L'UNEF interpellera prochainement les parlementaires et le Président de La République lors de sa visite dans l'île dans les prochains mois afin que cette mesure de justice sociale puisse se concrétiser rapidement.

Samantha Pothin Présidente de L’UNEF Réunion

   

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