Tribune de l'association Détrui Pa Nout Bellevue :

Contre la carrière de Bellevue


Publié / Actualisé
L'association Détrui Pa Nout Bellevue (DPNB) déplore vivement l'annonce du démarrage de l'enquête publique pour l'ouverture d'une carrière sur le site de Bellevue, à la Saline Les Bains, qui semble confirmer la réalisation de ce projet inouï, représentant l'équivalent de 16 terrains de foot, sur une zone balnéaire et très proches d'habitations dont plusieurs ont été construites au début du XXème siècle par des familles encore actuellement sur place. (Photo d'illustration www.ipreunion.com)
L'association Détrui Pa Nout Bellevue (DPNB) déplore vivement l'annonce du démarrage de l'enquête publique pour l'ouverture d'une carrière sur le site de Bellevue, à la Saline Les Bains, qui semble confirmer la réalisation de ce projet inouï, représentant l'équivalent de 16 terrains de foot, sur une zone balnéaire et très proches d'habitations dont plusieurs ont été construites au début du XXème siècle par des familles encore actuellement sur place. (Photo d'illustration www.ipreunion.com)

L’association DPNB ne manquera pas de réagir à cette enquête

1) Parce que cette carrière porterait gravement atteinte à l’environnement avec destruction d’un site qui héberge des espèces rares ou protégées : le Caméléon Panthère, le Busard de Maillard (ou papangue : espèce d’oiseau endémique de La Réunion, classée en danger d’extinction sur la
liste rouge des espèces menacées au niveau mondial), ainsi que le Petit Molosse de la Réunion, chauve-souris endémique de l’ile strictement protégée et le Taphien de Maurice. Sans oublier la faune marine et les coraux : ruissellement d’eaux boueuses dans le lagon, sons et vibrations dangereux pour les mammifères marins...

2) Parce que ce projet de carrière se situe à quelques mètres seulement d’une nappe phréatique
majeure qui pourrait être polluée.

3) Parce que l’utilisation massive d’eau pour le fonctionnement de la carrière nécessite un approvisionnement qui se fera par ponction de la nappe phréatique et de la canalisation du basculement des eaux d’est en ouest.

4) Parce que la circulation de plusieurs centaines de camions par jour, nécessaires au transport de roches, va aggraver les problèmes déjà existants de pollution et d’embouteillage, détériorer les voies empruntées, augmenter les risques d’accidents pour l’ensemble de la population.

5) Parce que cette carrière portera atteinte à la santé : poussières toxiques, micro poussières, bruits d’une carrière ouverte 6 jours sur 7, de 5h à 19H. Les personnes résidant sur la zone de Saint Leu à Saint Paul, les écoliers, les résidents des établissements médico-sociaux, les enfants en bas âges, les femmes enceintes, seront particulièrement touchés.

6) Parce que cette carrière détruira les habitats des chauves-souris sur le site de Bellevue qui s’avère exceptionnel en France, tant par la taille que le nombre d’individus recensés, entre 60 000 et 100 000, suivant le relevé régulier de l’association Chiroptère Réunion. O r plusieurs études scientifiques ont démontré qu’une seule chauve-souris peut avaler de 2000 à 7000 insectes par nuit, y compris le moustique tigre (cf. dossier du Monde du 19/02/2016, " La Chauve-souris pipistrelle, une alliée contre les moustiques "). Aussi détruire cet habitat naturel aura une conséquence sévère sur le risque d’épidémie de dengue voir de chikungunya.

7) Parce que cette carrière portera une atteinte majeure sur l’activité économique des hôtels, des restaurants, enfin toute les activités touristiques ou sportives à proximité du site d’extraction,

8) Parce que ce projet de carrière porte aussi atteinte à la loi. La Cour d’Appel de Bordeaux a considéré le 29 mai 2018 le Schéma Départemental des carrières de 2014, dans lequel venait s’insérer la Carrière de Bellevue, comme non conforme, et l’a rendu caduque, revenant ainsi au Schéma des Carrières de 2010 dans lequel le projet de carrière Bellevue n’apparait pas.

9) Parce que l’Autorité Environnementale (Ae) a, quant à elle, dans son avis du 25 juillet 2018, considéré que le projet de carrière sur le site de Bellevue ne pouvait être autorisé sans une dérogation au régime d’interdiction stricte portant sur les nombreuses espèces protégées vivant sur et à proximité du site de Bellevue.

10) Parce que le projet de carrière de Bellevue n’est pas compatible avec le PLU de Saint-Paul qui classe la zone de la carrière en zone Ncu dans laquelle les carrières ne sont pas autorisées. Enfin, l’ouverture d’une carrière sur le site de Bellevue est-elle nécessaire pour terminer le chantier de la Nouvelle Route Littoral (NRL) ?

L’association s’interroge, puisque le projet initial, présenté par la GTOI, l’exploitant annoncé de la future carrière à La Saline les Bains, prévoit que la carrière de Bellevue doit fournir moins de 6% des besoins en roches de la partie digue de la NRL. Pourquoi la Région s’entête-t-elle à vouloir ouvrir une carrière avec de tels impacts sur la santé, l’environnement et l’économie, pour un si faible rendement ?

Par ailleurs, La Région Réunion a elle-même annoncé, lors de sa présentation du projet " digue ", le 18 février dernier, au " Collectif contre la digue ", que deux carrières seraient suffisantes pour ce chantier, (cf diaporama présenté par la Région Réunion, lors de la réunion à l'hôtel de Région du 18/02/2019)...

Par ailleurs, pourquoi la Région veut absolument maintenir son projet en digue plutôt que terminer la route en viaduc si ce n’est pour favoriser certains lobbys bien connus ?

L’association conteste les arguments de la Région

- Sur le surcout que ferait porter une finition en viaduc. En effet, l’ouverture et l’exploitation des carrières nécessaires représentent à elles seules des besoins financiers massifs non pris en compte dans le calcul de la Région.
- Sur le retard des travaux qui ont et auront lieu dans tous les cas de figures

L’association DPNB est donc opposée à la partie digue de la NRL, et à ce titre, elle a rejoint le Collectif contre la digue, créé suite à la publication le 21 décembre 2018 du rapport du Conseil national pour la Protection de la Nature, qui s’oppose fermement à ce projet de digue et qui recommande de ne pas dissocier cette route en digue des carrières censées l’approvisionner.

L’association soutient les revendications de ce Collectif, dont la principale est la mise en place d’une expertise indépendante avec suspension des travaux jusqu’à la publication des résultats. Afin d’étayer ses arguments et d’alerter la population sur les risques que ferait encourir l’ouverture d’une carrière sur le site de Bellevue, l’association organisera prochainement une conférence de presse.

   

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