Tribune libre de Réunion Pêche Australe :

La peur d'une exclusion durable des pêcheurs réunionnais de la légine


Publié / Actualisé
Réunion Pêche Australe craint que le projet du nouveau plan de gestion de la pêcherie à la légine, devant entrer en vigueur le 1er juillet, n'entraine la fin de son projet et une exclusion durable des pêcheurs réunionnais de cette pêcherie. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Réunion Pêche Australe craint que le projet du nouveau plan de gestion de la pêcherie à la légine, devant entrer en vigueur le 1er juillet, n'entraine la fin de son projet et une exclusion durable des pêcheurs réunionnais de cette pêcherie. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Réunion Pêche Australe, l'un des 5 armements français autorisés à la pêche à la légine par la préfecture des Terres Australes et Antarctiques françaises (TAAF) depuis 2016, présente son analyse du projet du nouveau plan de gestion de la pêche à la légine, actuellement en cours de finalisation et qui doit entrer en vigueur le 1er juillet 2019.

Après avoir fait passer au peigne fin la nouvelle procédure prévue par ce plan de gestion, RPA craint  la fin de son projet et par conséquent l’exclusion durable des petits pêcheurs de la pêche aÌ la légine. Selon elle, en appliquant les critères de la nouvelle procédure, ce plan de gestion rendrait également quasiment impossible l’entrée de tout nouvel armement dans cette pêcherie, ce qui irait à l’encontre des l’objectifs de la reforme demandée par l’Etat, notamment en matière de concurrence.

En 2016, l’État a accordé a " Réunion Pêche Australe " un quota de pêche de 100 tonnes de légine (sur plus de 6.000 tonnes de quota à distribuer à l’époque), qui a permis aux pêcheurs de La Réunion, associés à ce projet, de bénéficier d’une partie des retombées de cette ressource extrêmement profitable, jusque-là réservée à quatre acteurs économiques qui se partageaient les 100 à 120 millions d’euros d’affaires annuel généré par cette pêcherie.

Dans le même temps, l’État a fait le constat que les règles d’entrée et de progression dans cette pêcherie, réglementée par l’administration des TAAF, devaient être revues en profondeur. Les objectifs de cette réforme étaient clairs : " concilier stabilité des investissements dans la pêcherie, l’exigence de concurrence tout comme de compétitivité, et l’amélioration des retombées pour l’emploi et l’ensemble de la pêche de La Réunion ".

Or, le nouveau projet du plan de gestion de cette pêcherie, publié sur le site de la préfecture des TAAF le 9 mai dernier, semble effectuer un virage à 180 degrés par rapport à ses objectifs initiaux, en aggravant plus encore les conditions de la concurrence, et en négligeant les retombées de cette pêcherie pour La Réunion, selon l’analyse faite part RPA (voir ANNEXE).

Les pêcheurs de La Réunion, qui avaient fait l’effort de s’organiser au sein de Réunion Pêche Australe pour proposer un projet crédible et vertueux à l’État, craignent désormais d’être durablement exclus de la pêcherie aÌ la légine, au profit d’une protection sans précédent accordée par l’État aux quatre opérateurs historiques.

" Cette décision nous semble aussi incompréhensible qu’injuste : les pêcheurs de La Réunion ne doivent pas être les seuls à être exclus de cette pêcherie, opérée depuis leur territoire et dont la ressource se situe à leurs portes°", déclare Fabrice Minatchy, Directeur Général de Réunion Pêche Australe. " Tandis que l’Etat s’est fixé comme objectif prioritaire d’introduire davantage de concurrence en Outre-mer, il semble organiser un véritable oligopole dans les TAAF à la place."

Stéphane Vienne, gérant de la SAPPMA (Société des Artisans Pêcheurs Professionnels des Mers Australes) et membre du comité de direction de Réunion Pêche Australe, ajoute : " Alors que les pêcheurs de La Réunion ont vécu deux des pires campagnes de pêche de ces dernières années (-38% de prises en 2017 par rapport 2016, idem sur 2018), les 80 pêcheurs artisans et côtiers de La Réunion, membres de la SAPPMA qui détient 25% du capital de Réunion Pêche Australe, souhaitent que l’État leur permette d’accéder à une part de cette pêche particulièrement profitable. Ceci leur permettra de moderniser leurs bateaux, de faire face avec un peu moins d’angoisse à la baisse du nombre de captures et à l’explosion du coût des appâts, voire même d’envisager plus sereinement pour certains la transmission de leur activité à leurs enfants et leur départ en retraite ".

" Le nouveau projet de plan de gestion est actuellement en phase de finalisation  à la préfecture des TAAF. Après avoir fait l’objet d’une consultation publique durant le mois de mai, nous espérons que l’État le reverra en profondeur une nouvelle fois, pour rendre plus justes et plus équitables les conditions d’accès àÌ cette pêcherie, et mieux prendre en compte les retombées pour La Réunion, conformément à ses objectifs initiaux ", souligne Sébastien Camus, Président de Réunion Pêche Australe.

   

1 Commentaire(s)

Pecheur, Posté
Ça tribune libre elle s adresse à qui au reunionnais qui lise les articles et prennent les dires de ce guignol pour argent comptant car admistrativement et dans le milieu de la pêche on c est tous très bien qui est RPA ARIPA et REUNIMER derrière tous ça oui ne vous trompez pas il on plus fait pour les boîte de marketing et communication que pour la pêche lol certain petit pêcheur obligé de s associer avec eux sinon Laripa coupe les aides non ne vous tromper pas lecteur le diable s habille en prada