Tribune libre de Bruno Bourgeon :

"Valeurs Actuelles ? Valeurs dépassées!"


Publié / Actualisé
Jeudi 27 juin, Valeurs Actuelles a mis en Une le visage désormais mondialement connu de Greta Thunberg. Cette jeune fille suédoise fait le tour de la planète pour alerter les grands dirigeants sur l'urgence climatique. Elle est devenue la figure de proue des manifestations de jeunes en faveur du climat mais, pour le journal, le visage de la lanceuse d'alerte est celui du "Totalitarisme vert".
Jeudi 27 juin, Valeurs Actuelles a mis en Une le visage désormais mondialement connu de Greta Thunberg. Cette jeune fille suédoise fait le tour de la planète pour alerter les grands dirigeants sur l'urgence climatique. Elle est devenue la figure de proue des manifestations de jeunes en faveur du climat mais, pour le journal, le visage de la lanceuse d'alerte est celui du "Totalitarisme vert".

L’article principal de son dossier dénonce la colonisation du débat public par "les prophètes verts du malheur", c’est-à-dire à tous ceux qui appellent à un changement radical de nos modes de vie, de travail, de consommation pour atténuer le réchauffement. Sur le banc des accusés, on retrouve bien sûr Greta Thunberg mais aussi l’astrophysicien Aurélien Barrau, les députés européens Matthieu Orphelin et Yannick Jadot ou Novethic, dénoncé comme "think tank" aux "scénarios décroissants". Ces propos virulents feraient sourire s’ils n’étaient accompagnés d’une charge contre des faits scientifiques prouvés.

Ainsi, Valeurs Actuelles écrit : "La science officielle considérée comme un moyen de faire taire les contradicteurs a rendu la science véritable obsolète". Ailleurs, le journaliste évoque "ce réchauffement climatique dont on nous rebat les oreilles depuis quinze ans". Enfin il dénonce "la mort du débat, la mort de la raison", qui est selon lui bien plus à craindre qu’un "quelconque cataclysme planétaire". Le climato-scepticisme, répandu par les marchands de doute, montre  les dents, non seulement à la Une de cet hebdomadaire mais aussi sur les plateaux télé.

Quelques jours auparavant, Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique, a dû batailler sur LCI contre Gilles-William Goldnadel, avocat et essayiste. Celui-ci remettait en cause le rôle de l’homme dans le dérèglement climatique. Il a conclu cette passe d’armes par ce magistral "Je ne sais pas ce que c’est que la science". Lol.

Une scène similaire s’était déroulée sur CNews auparavant. L’écologiste et femme politique Claire Nouvian était tombée, selon son expression, dans un "guet-apens climato-sceptique" face à Pascal Praud qui y anime un talk-show "L’heure des Pros". Ou encore le traquenard dans lequel est tombé Aymeric Caron, sur Sud-Radio. Ces débats qui n’en sont pas, sèment le doute parce qu’ils font référence à LA science pour mieux la dévoyer.

La principale cible de leurs attaques est le GIEC, coupable d’alimenter la planète de faits scientifiques affinés depuis 1988, date de sa création. Il faut sans doute leur rappeler que le groupe d’experts sur le climat de l’ONU a été créé par deux des leurs : Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Ce qu’ils prétendent dénoncer dans le camp d’en face sont en fait leurs propres turpitudes : un mélange d’anathèmes qui servent à caricaturer l’ennemi pour mieux justifier de l’abattre. Ce mode de propagande est en train de se répandre. Il est dangereux parce qu’il sème le doute. Ce doute leur apparaît indispensable car chaque jour caniculaire qui passe renforce nos certitudes, et désagrège leurs opinions.

Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID
D’après Novéthic
 

   

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