Tribune libre de Jean-Hugues Ratenon :

Objectif zéro déchet à La Réunion : le Gouvernement se fout de nous


Publié / Actualisé
Ce mardi 09 juillet, je me suis rendu à une rencontre-échange " autour du projet 0 déchets en Outre-Mer " à l'invitation de Mesdames Annick Girardin et Brune Poirson. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Ce mardi 09 juillet, je me suis rendu à une rencontre-échange " autour du projet 0 déchets en Outre-Mer " à l'invitation de Mesdames Annick Girardin et Brune Poirson. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Cette rencontre n’a servi au Gouvernement qu’à présenter son projet sans jamais prendre réellement en compte la réalité des ultramarins.

La production totale de déchets à La Réunion s’élève à 4,3 millions de tonnes, dont 2 millions sont des déchets inertes du BTP et 1,8 millions de tonnes sont issues des déchets organiques ou non des activités économiques. Ainsi, les déchets ménagers ne représentent que 500.000 tonnes.

Contrairement à ce qu’on veut bien nous dire, les réunionnais ne produisent pas plus de déchets que les personnes qui vivent dans l’hexagone. En effet, si l’on regarde avec précision, la différence de production de déchets par habitant est due aux déchets verts générés par notre climat et notre gestion des cyclones. Ainsi, un réunionnais n’est pas plus pollueur qu’un hexagonal.

Ainsi, nous pouvons nous demander pourquoi Mesdames les Ministres ont décidé de se pencher particulièrement sur les territoires d’Outre-Mer pour appliquer un plan " zéro déchet " alors que notre situation est identique à celle de l’hexagone. Nous n’aurons pas la réponse à ce sujet, puisqu’elles étaient absentes ce matin.

Mais soit : réduire nos déchets est une question cruciale, notamment à l’heure où la crise écologique est devenue une réalité et pas seulement un risque. Nous devons réduire notre impact sur la nature et donc réduire nos déchets.

Les axes principaux de cette réunion reposaient sur la responsabilisation des habitants et l’implication plus forte des collectivités. Pourtant, on sait d’où viennent la très grande partie des déchets : nous les importons ! Il s’agit des emballages et suremballages des produits que nous importons. Ainsi, la solution la plus simple serait d’instaurer des mesures de protection de nos territoires : nous devons interdire l’importation de produits suremballés mais aussi développer l’autonomie économique de notre territoire.

Réduire nos déchets passe par la désobéissance aux règles ultralibérales qui veulent qu’on produise tout et n’importe quoi, qu’on l’importe depuis n’importe où et qu’on le vende de force aux consommateurs sans jamais se soucier de l’impact écologique de ce raisonnement. C’est à nous de reprendre la main sur ce que nous consommons, aussi pour reprendre la main sur notre production de déchets.

   

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