Tribune libre de Jean-Luc Poudroux :

Le député se félicite du déplacement de Jean-Michel Blanquer et Sophie Cluzel


Publié / Actualisé
Dans un communiqué de presse, le député Jean-Luc Poudroux s'est félicité de la visite sur l'île de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education et de Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées.
Dans un communiqué de presse, le député Jean-Luc Poudroux s'est félicité de la visite sur l'île de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education et de Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées.

Je tiens à saluer et à remercier Monsieur le Ministre de l’Éducation et de la Jeunesse ainsi que Madame la Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées de se rendre à La Réunion. Leurs déplacements doivent permettre de leur donner une vision pragmatique de la situation de notre île en matière d’éducation et de situations des personnes handicapées. Les différentes et nombreuses étapes prévues à leurs programmes
doivent utilement y contribuer.

Avec la promulgation de la Loi le 28 juillet dernier dite " École de la confiance ", leur passage sur notre île doit être l’occasion de répondre aux interrogations de toutes les personnes concernées, d’observer comment les politiques sont installées et menées, et surtout comment répondre aux enjeux et spécificités de notre territoire.

Au titre du mandat qui m’a été confié, je tiens à profiter du déplacement de ces ministres pour rappeler à quel point il est essentiel que notre jeunesse, qui représente notre avenir, dispose des outils et moyens nécessaires à son épanouissement et à sa réussite, par la maîtrise des savoirs fondamentaux et de l’acquisition de son autonomie, au même titre que les personnes qui y contribuent au quotidien : les équipes pédagogiques et administratives en charge de l’éducation et de l’accompagnement des élèves, collégiens et lycéens, les organisations représentatives, les associations ainsi que leurs parents.

La réussite des élèves, des collégiens et des lycéens doit être la réussite de tous.

Nous devons être en capacité d’accompagner et d’encourager chaque élève dans son parcours, quel qu’il soit, de permettre son épanouissement, de préparer son insertion et de construire l’avenir. En cela, lire, écrire, compter, apprendre les langues étrangères, vivre en communauté, s’ouvrir vers l’extérieur, se professionnaliserpour 100% des élèves est primordial. Personne ne doit rester sur le bord de la route.

Plusieurs dispositifs ambitieux et encourageants doivent pour certains être consolidés, précisés, adaptés et améliorés, pour répondre aux besoins des 223 000 élèves, collégiens et lycéens réunionnais dont 6 500 sont en situation de handicap. L’évaluation continue de ces dispositifs est essentielle dans un contexte où les moyens sont considérablement réduits : la capitalisation et la simplification des retours d’expérience est l’une des clefs pour y parvenir. La confiance apportée au parcours éducatif n’en n’exclut pas le contrôle.

L’évaluation au sein de l’éducation nationale ne saurait se limiter à la notation des élèves. L’évaluation c’est aussi la préparation en amont des dispositifs. C’est établir et reconnaitre les succès ou les échecs. C’est tirer des conséquences pour améliorer une situation, pour qu’elle réponde de manière d’autant plus adéquate aux besoins. L’évaluation ce n’est pas que des chiffres, c’est aussi des faits et la reconnaissance de situations toutes aussi particulières les unes que les autres, dans la totale transparence.

De nombreux points attirent particulièrement mon attention et parmi eux :
- La préprofessionnalisation des futurs personnels enseignants ou d’éducation ;
- La formation des enseignants et professeurs ;
- Permettre l’inclusion des élèves en situation de handicap ;
- Le dédoublement des classes en Rep et Rep+ dès la maternelle jusqu’au CE1 ;
- Certaines situations particulières relatives à l’Académie de La Réunion.

Je tiens à souligner que ce premier pas vers une préprofessionnalisation des futurs personnels enseignants ou d’éducation est une bonne chose. Néanmoins, j’attire l’attention de Monsieur le Ministre sur certaines précisions. En premier lieu, les assistants d’éducation peuvent effectivement se voir confier des missions de manière progressive, dans la mesure où ils ne sont pas des professeurs dûment formés. Ensuite, ces assistants d’éducation ne doivent en aucun cas servir de palliatifs et surtout il faut leur donner le temps nécessaire à leur formation.

Les nouveaux instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation, qui remplacent les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, qui organisent désormais des actions de formation initiale et continue à destination des enseignants et personnels d’éducation, doivent permettre aux enseignants et professeurs d’être en capacité pratique d’exercer leurs fonctions et démarches d’apprentissage. A ce titre, et ce qui n’est pas prévu par la loi, le fait de dispenser des formations spécifiques en langue et culture régionales me semble indispensable, et plus particulièrement à La Réunion.

En parallèle, cette formation permettrait de donner utilement la possibilité aux enfants de pouvoir s’exprimer librement. Il ne faut pas que la langue soit une barrière mais bien au contraire un moyen d’expression, exprimée à travers un vocabulaire qui leur est quotidien, et ainsi de leur permettre d’acquérir une maîtrise de la langue française.

La réussite des élèves est avant tout celle de tous les élèves et notamment ceux en situation de handicap. Pouvoir leur accorder un accompagnement qui soit réellement personnalisé, avec une pédagogie différenciée et adaptée est essentielle. L’école inclusive ne se décrète pas. Elle doit être portée par des mesures réelles et concrètes.

Le dédoublement des classes en réseau d’éducation prioritaire (Rep) et en réseau d’éducation prioritaire renforcé (Rep+) dès la maternelle jusqu’au CE1 me semble être une bonne mesure. Les objectifs de ce dédoublement ne doivent pas être perdus de vue. Cela doit permettre d’une part l’amélioration du climat scolaire et des conditions de travail des enseignants et, d’autre part, permettre une meilleure compréhension des modes de raisonnement des élèves, une meilleure identification de ces derniers et surtout une meilleure dynamique de classe, propices à un encadrement renforcé, dans les meilleures conditions.

Également, il convient de porter attention à l’évolution des carrières des équipes pédagogiques et administratives et veiller à les rendre attractives, pour à la fois favoriser leur montée en compétence, et surtout récompenser le travail accompli dans le cadre des missions fondamentales qu’elles conduisent.

Les mutations et affectations des enseignants et professeurs réunionnais qui souhaitent faire bénéficier à leur île de leurs savoirs et expériences, qu’ils soient stagiaires ou titulaires, doivent être possibles sans condition.

La mise en place d’un dispositif de sécurité dans les établissements scolaires, via la présence de forces de l’ordre mobiles, de vigiles, de caméras, etc., pour faire face à l’agression verbale et surtout physique des enseignants, me semble impératif.

En somme, les déplacements de Monsieur le Ministre de l’Éducation et de la Jeunesse et de Madame la Secrétaire d’État en charge des personnes handicapées sont ainsi le moment de rappeler à nouveau l’importance de l’accès à toutes et à tous à l’éducation, et cela dans les meilleures conditions, mais aussi de souligner l’impérieuse nécessité de mettre à disposition de l’ensemble des contributeurs de notre système éducatif, tous les moyens de la réussite.

Jean-Luc Poudroux
Député de La Réunion

   

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