Tribune libre de Jean-Claude Comorassamy :

La réforme des retraites en stand-by le temps des Municipales !


Publié / Actualisé
Souvenez-vous, c'était juste avant les élections des Européennes, le Président a sorti de son chapeau magique le grand débat national (le dialogue) conçu comme une porte de sortie de crise des " gilets jaunes ". (Photo d'illustration)
Souvenez-vous, c'était juste avant les élections des Européennes, le Président a sorti de son chapeau magique le grand débat national (le dialogue) conçu comme une porte de sortie de crise des " gilets jaunes ". (Photo d'illustration)

Il avait reconnu que " ces transformations ne sont faciles pour personne (…). Cela suppose de faire de la pédagogie, d’avoir des mesures d’accompagnement sociales, économiques…Précisant même, que " c’est dans le dialogue qu’on peut en sortir, dans l’explication, dans la capacité à trouver à la fois le bon rythme et les solutions de terrain ".

Ainsi, la première phase de ce " grand enfumage " a été lancée dès le début de janvier, portée sur quatre thèmes principaux, qui sont la transition écologique, la fiscalité et dépenses publiques, démocratie citoyenneté, organisation de l’Etat et services publics, s'est achevée jusqu’au 14 mars. Parait-il, elle s’est traduite par 10 000 réunions, 1,4 million de contributions en ligne et 16 000 "cahiers de doléances" déposés dans les mairies… etc.

L'exercice s'est prolongé sous la forme de 14 "conférences thématiques" qui avait donné lieu à une discussion sans vote à l’Assemblée nationale avant débat et discours du 1er Ministre. Une phase délicate des choix politiques à faire qui s'annoncent décisifs pour le reste du quinquennat préviennent les experts politiques.

Mais, aussitôt les élections Européennes achevées, malgré les résultats des élections qui ont constitués un message fort, le gouvernement persiste à ne pas changer de cap. C’est ainsi que l’œuvre de la " casse " de la fonction publique a été remise en urgence en chantier et la loi fut promulguée le 6 août 2019 et parue dès le lendemain au Journal Officiel, dans un silence syndical le plus total.

Le Gouvernement poursuivant dans cette loi à diminuer les services des publics, à la suppression des emplois et du statut de la fonction publique. A savoir, encadrer le droit de grève-Création d’un Comité Social d’Etablissement (CSE) en lieu et place des actuels Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) et Comité technique (CTE)-Recours des contractuels sur des emplois permanents-Fin de dérogation des 35H- Dans cette réforme le gouvernement a même crée  le "contrat de projet", nouveau CDD sur le modèle du privé pour des "missions spécifiques". Il sera d’une durée minimale d’une année et maximale de six ans, et n’ouvre droit ni à un CDI, ni à une titularisation - La  loi a aussi modifié le rôle des CAP (Commission Administrative Paritaire)  avec notamment la suppression de l'avis préalable des CAP sur les questions liées à l'avancement et à la promotion. Le rôle du CAP sera recentré que sur les décisions individuelles défavorables à l'agent comme un licenciement pour inaptitude…etc, etc.

Bref, aujourd’hui nous y revoilà comme aux Européennes le " bis repetita " à l'approche des Municipales de mars 2020. Le 1er Ministre vient nous rassurer que le projet de loi sur la réforme des retraites qui va instaurer un nouveau système universel où la retraite sera calculée par points, de la même manière quel que soit le régime avec un âge pivot, mais avec ce revirement de dernière minute du Président qui "préfère un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge" et d’un changement de méthode.

Il a également soutenu que ce changement de méthode consisterait de prendre le temps de la concertation et de dialogue (élections municipales obligent) : " Ma détermination est totale, mais dans la méthode, nous voulons prendre le temps d’abord de partager sur un texte aussi important ", a-t-il expliqué à la télé. Il veut " tenir compte de ce qui sera dit " lors de la vaste concertation nationale annoncée " pour faire un projet de loi qui sera présenté au Parlement, comme je m’y suis engagé, dans les mois qui viennent ". Tiens,  ce qu’on appelle " le déjà vu " juste avant les Européennes ! Au fait, les parlementaires qui vont voter cette loi, leur retraites sont-ils concernées ?

Alors je me méfie, comme dit le dicton chat échaudé craint l’eau froide !

Jean-Claude Comorassamy

   

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