Courrier des lecteurs de Georges Potola :

Gigan - Tereos : le linge sale se lave au tribunal et sèche en prison


Publié / Actualisé
Avant, on avait Jacques de Chateauvieux, on l'aimait ou pas, mais c'était un Réunionnais, et le linge sale se lavait en famille. Aujourd'hui, on a Tereos, et le linge sale se lave au tribunal et termine en prison. Un jour dans une grève à l'usine de Savannah, les ouvriers ont retenu Jacques de Chateauvieux dans un bureau. Au moment du repas, les femmes de ces mêmes ouvriers sont venues pour lui donner à manger, elles lui ont préparé une gamelle (riz, carry pois, morue grillée, piment la pâte), en disant " Monsieur de Chateauvieux ou va mange kom band travailleurs, peut être que ou va comprendre nout misère" à la stupéfaction générale, Jacques de Chateauvieux avait tellement bien mangé, qu'il a été à la limite de redemander, tout le monde est resté sans voix (Photo rb/www.ipreunion.com)
Avant, on avait Jacques de Chateauvieux, on l'aimait ou pas, mais c'était un Réunionnais, et le linge sale se lavait en famille. Aujourd'hui, on a Tereos, et le linge sale se lave au tribunal et termine en prison. Un jour dans une grève à l'usine de Savannah, les ouvriers ont retenu Jacques de Chateauvieux dans un bureau. Au moment du repas, les femmes de ces mêmes ouvriers sont venues pour lui donner à manger, elles lui ont préparé une gamelle (riz, carry pois, morue grillée, piment la pâte), en disant " Monsieur de Chateauvieux ou va mange kom band travailleurs, peut être que ou va comprendre nout misère" à la stupéfaction générale, Jacques de Chateauvieux avait tellement bien mangé, qu'il a été à la limite de redemander, tout le monde est resté sans voix (Photo rb/www.ipreunion.com)

Alors, je me suis dit, il est peut être issu de la bourgeoisie, mais c’est un créole comme nous, et à ma connaissance, il n’a pas porté plainte et encore moins faire emprisonner ses employés syndiqués, et Dieu sait s’il y en a eu des luttes sociales. Aujourd’hui on tire sur Ravate, Caillé, Goulamaly etc, ces entreprises réunionnaises et leurs patrons.                                                                                                                                                                            

Réfléchissez bien mes amis, leurs remplaçants ne seront pas d’ici,  même pas de France,  on aura à la Réunion que des sociétés étrangères avec leurs sièges sociaux dans des paradis fiscaux, en cas de conflit, vous allez les regretter ces chefs d'entreprises réunionnaises.

L’exemple est là aujourd’hui avec Tereos (société basée à l’étranger) qui a fait condamner Mr Gigan. Ce dernier, honnête père de famille et travailleur dort en prison, pour avoir défendu la filière canne, certes, plutôt maladroitement, mais bon.

Je ne maitrise pas le droit pour commenter une décision de justice, mais le pauvre citoyen que je suis, se pose des questions, Mr Gigan est-il aussi dangereux pour qu’on l’enferme ?

Cela me fait penser à cette histoire d’Air France, les images-chocs du DRH, chemise arrachée, ont fait le tour du monde. Rejugés dans cette affaire, les salariés et ex-salariés de la compagnie ont été condamnés pour quatre d'entre eux, dont l'un avait été relaxé en première instance, par la Cour d'appel de Paris pour violences à des peines de trois à quatre mois de prison avec sursis, à méditer… Chez nous, qu’en est-il de nos élus qui fraudent, qui détournent l’argent public, abus de pouvoir, emplois fictifs, prise illégale d’intérêt ?                                                                                                            

Toutes les semaines on découvre de nouveaux cas dans la presse. Je ne parle même pas de ces délinquants en col blanc qui  magouillent et profitent du système local. Je sais bien que ces profiteurs ne seront jamais inquiétés par la justice de notre pays, c’est pour cela qu’ils continuent, mais ils n’échapperont pas à la justice divine.

Après la condamnation de Mr Dominique Gigan, la condamnation des militants contre l’illégalité des paillotes de  l’ermitage, bientôt se sera au tour de nos camarades LAPLL (Lantant Pou Lanplwa Lokal) poursuivies par une Nantaise qui voulait la place du défunt Sudel Fua.                                                   

Alors je dis à tous ceux qui luttent contre les injustices, faites attention, soyez pacifique, ne répondez pas à la provocation, ni violence physique ni verbale, aujourd’hui c’est prison ferme pour les petits.

Georges Potola, collectif Bac+974

   

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