Courriers des lecteurs de Jean Claude Comorassamy :

Enfin, la délégation des Outre-mer interpelle les parlementaires sur les problématiques de la psychiatrie réunionnaise !


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A croire que nos parlementaires s'intéressent enfin aux diverses problématiques de la psychiatrie et santé mentale réunionnaise. Puisqu'une délégation des Outre-mer a interpellé ce mercredi l'ensemble des députés par la voix de la députée Madame Ericka Bareigts.
A croire que nos parlementaires s'intéressent enfin aux diverses problématiques de la psychiatrie et santé mentale réunionnaise. Puisqu'une délégation des Outre-mer a interpellé ce mercredi l'ensemble des députés par la voix de la députée Madame Ericka Bareigts.

Pour mémoire, pas si longtemps encore, une mission parlementaire composée d’un Président et de deux Co-rapporteuses, était à la Réunion. Et  lors d’une rencontre survenue le mardi 18 juin avec les organisations syndicales, diverses problématiques ont été soulevées par le syndicat majoritaire de l’EPSMR.

D’emblée, l’organisation syndicale ayant précisé que  l’EPSMR a été désigné établissement pivot en santé mentale dans le cadre du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT), avec un personnel très bien formé, motivé mais peu valorisé. En deuxième lieu, qu’il était urgent de revoir le modèle de financement de la psychiatrie réunionnaise en tenant compte le critère populationnel et les données sur l’environnement, à savoir la grande précarité existante à la Réunion, une partie de la jeunesse fragilisée par la drogue, l’alcool, la violence, avec un taux de suicide inquiétant…etc .

A partir de cette analyse, les questions suivantes ont été posées: est-ce que l’organisation territoriale de la santé mentale permet de répondre efficacement aux besoins de la population au regard d’une sous-dotation constatée par rapport à la Métropole ? Quel constat pouvait-on faire 60 ans après la mise en place de la Circulaire du 15 mars 1960 ? Ne faudrait-il pas consolider la Circulaire du 15 mars 1960 à travers des moyens nouveaux ? Et enfin, ne faut-il réformer la formation des infirmiers en milieu psychiatrique à travers une année spécialisation ?

De plus, ce même syndicat ayant indiqué que notre dispositif de soins psychiatriques actuel est loin d’être statique, nous avons fait preuve d’une remarquable capacité à innover et à anticiper. Mais, la Réunion demeure sous dotée par rapport à la Métropole. D’ailleurs  l’architecture du dispositif de soins psychiatriques a été complètement redessinée à travers une politique sectorisation malgré que des disparités existent encore par rapport à certaine commune.

Alors, le syndicat ayant proposé à la commission parlementaire la réflexion suivante:

♦Etudier un autre modèle de financement et d'une dotation spécifique de rattrapage en urgence

♦Développer encore plus une politique de prévention précoce

♦Développer la complémentarité entre public / privé/ social / médico-social …etc dont le patient se trouverait au cœur des dispositifs

♦Mieux coordonner les actions au projet de vie (Accompagnement social, formation, logement, loisir, l’emploi…etc).

♦Mieux lutter contre la stigmatisation…

♦Une année de spécialité psychiatrique dans le cadre de la formation.

♦Une revalorisation des corps soignants

♦Développer la recherche clinique spécifique Outre-mer….etc.

En finalité, l’enjeu de cette démarche est que nos parlementaires s’approprient les problématiques de santé mentale et construisent ensemble une feuille de route répondant aux besoins de la population.

Jean Claude Comorassamy, éducateur en pédopsychiatrie

   

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Illustration : Kwa Films

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