Tribune libre de Nadia Ramassamy :

La députée condamne la suppression de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale


Publié / Actualisé
Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES)...Pas moins de 84 organes indépendants de recherche et d'analyse interministériels vont être tantôt supprimés par le Gouvernement tantôt vidés de leurs substances par des fusions dans le cadre du Projet de loi de finances 2020.
Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES)...Pas moins de 84 organes indépendants de recherche et d'analyse interministériels vont être tantôt supprimés par le Gouvernement tantôt vidés de leurs substances par des fusions dans le cadre du Projet de loi de finances 2020.

L’État ne peut vivre à crédit, tout le monde en convient et chacun doit participer à l’effort national de réduction des déficits et de la dette. Encore faut-il que ces économies soient efficaces au niveau budgétaire et qu’elles ne réduisent pas la production d’études venant éclairer le débat public sur les réalités sociales, économiques, sociétales et démographiques de notre pays.

Or, la suppression de ces agences n’engendra pas d’économies substantielles puisque le coût de fonctionnement de ces organismes est compris entre zéro et quelques centaines de milliers d'euros par an. Pire, ces suppressions portent gravement atteinte au débat démocratique.

En effet, un an après la crise des Gilets jaunes et quelques jours après la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté, le Gouvernement a donc décidé de supprimer l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

9 millions de personnes pauvres en France en 2019 dont 400 000 de plus qu’en 2018, des inégalités sociales et territoriales qui s’accroissent, des travailleurs précaires toujours plus nombreux, des discriminations dans l’accès au logement et à la santé qui persistent...La réalité de notre pays n’autorise pas le gouvernement à être se passer de l’Observatoire de la pauvreté.

En se privant des moyens de mieux connaître l’état de la pauvreté en France, le Gouvernement prend le risque d’être sourd et aveugle alors que la lutte contre les inégalités devrait être une priorité nationale.

   

1 Commentaire(s)

Zavoca marron, Posté
Madame (5,96% des inscrits au premier tour !), vous me faites rire tout le temps !
Vous n'êtes plus en charge directement de moi en tant que Réunionnais (Je fais certes partie de la 6ème circonscription), mais vous représentez la nation française dans son intégralité : vous ne pouvez que voter les lois introduites par le gouvernement et rarement un solide groupe de députés...Ça prend du temps pour lire et comprendre la portée d'un projet de loi...surtout dans la complexité du monde dont la France n'y échappe pas.
Vous arrive t-il de rencontrer, de discuter directement avec des gens comme moi? On a l'impression que vous êtes coupé de la vie, en particulier celle d'ici: proposer des lois pour combler nos retards structurels.