Tribune libre du député européen Stéphane Bijoux :

Pour faire gagner La Réunion


Publié / Actualisé
Faire gagner La Réunion, pour moi, ce n'est pas un slogan. C'est un engagement. C'est même la base de mon engagement personnel en politique. C'est le moteur de l'énergie des combats que nous avons à mener aujourd'hui et demain.
Faire gagner La Réunion, pour moi, ce n'est pas un slogan. C'est un engagement. C'est même la base de mon engagement personnel en politique. C'est le moteur de l'énergie des combats que nous avons à mener aujourd'hui et demain.

Lors de son voyage officiel à La Réunion, le Président de la République a salué et valorisé la résilience qui nous caractérise, pour surmonter les aléas climatiques mais aussi pour affronter les défis socio-économiques et pour créer des solutions innovantes.

Jusqu’à présent, notre île a toujours réussi à surmonter toutes les adversités de notre Histoire collective. A chaque fois, c’est au plus profond d’elle-même, que La Réunion a puisé la ressource nécessaire pour consolider notre socle commun : la solidarité, l’unité dans la diversité, la force de se construire et de se reconstruire après chaque cyclone, après chaque épreuve.

Notre volcan est actif. Les hommes et les femmes de notre île le sont aussi. Cette résilience nourrit notre fierté de rester debout. Je plaide aujourd’hui pour qu’elle soit le moteur d’une nouvelle dynamique constructive dans laquelle chacun de nous a une place et un rôle à jouer.
Compte-tenu du contexte et des enjeux, nous n’avons qu’un seul objectif : faire gagner La Réunion.

Novembre 2018. Novembre 2019. Comme toujours dans la vie : il y a un temps pour tout. Il y a eu le temps de la colère. Sans accepter les dérives des modes d’expression qui ont été choisis, en condamnant toujours les violences et les blocages, comme beaucoup de Réunionnais, j’ai toujours compris la légitimité du message de fond sur la dignité, sur l’égalité en général et sur l’égalité des chances en particulier.

Est venu ensuite, le temps du dialogue et du débat citoyen entre les institutions et la population. Pendant la visite présidentielle, j’ai assisté à la restitution d’une séance de travail du Conseil Consultatif Citoyens de la Région Réunion et du Conseil Citoyen de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus. Je veux dire que j’ai été impressionné et fier : la pertinence et le pragmatisme des propositions montrent que nous sommes vraiment maintenant dans le temps de la co-construction des solutions.

Co-constuire, cela veut dire qu’il faut que chacun fasse un bout du chemin. Cela exige que l’on marche l’un vers l’autre et non pas l’un contre l’autre. Cela nécessite aussi que l’on restaure la confiance. Et la confiance, elle ne se décrète pas : elle se gagne avec le respect des engagements concrets et avec la réalité des actes.

Sur les actes justement : nous commençons à récolter les fruits de nos efforts collectifs. Contre le chômage, les premières victoires arrivent enfin : 2000 personnes ont trouvé un emploi ces trois derniers mois mais ces succès sont encore fragiles. Tout le monde le sait : dans nos familles, nos amis et nos voisins, beaucoup doivent faire face à cette épreuve.

Et c’est justement pour cela que tout le monde mesure aussi le poids des 700 millions d’euros qui ont été mobilisés pour le plan Pétrel. Il s’agit de construire AVEC les Réunionnais et POUR les Réunionnais un dispositif spécifique de relance de l’emploi. 20 mesures fortes ont été identifiées : elles doivent consolider les entreprises pour leur permettre de jouer la carte de l’embauche.

Les compétences, les diplômes et l’énergie sont là. Ils doivent pouvoir légitimement trouver leur place dans le public comme dans le privé.
A ce propos, je retiens que le Président de la République a confirmé que l’administration poursuivra ses efforts de valorisation des compétences locales.

N’en déplaise à quelques-uns, personnellement : c’est pour moi une démarche fondamentale de reconnaissance de nos talents et des efforts qui sont accomplis par nos jeunes et par leurs parents.

Je veux réaffirmer qu’il est loin le temps du complexe " de la goyave de France ". Et c’était aussi cela le message du Président de la République au Sommet Choose La Réunion. Trop souvent encore, nous pensons que le succès est pour les autres alors que nous sommes des experts reconnus dans beaucoup de domaines et notamment dans le numérique. Je soutiens fortement cette ambition internationale pour faire gagner La Réunion dans la zone Océan Indien. Au Parlement européen, pour mon groupe politique, je serai rapporteur pour le prochain programme de financement européen de coopération régionale " InterReg ".

En cohérence avec la vision d’Emmanuel Macron, je compte bien défendre les atouts internationaux de l’Outre-mer en général et de La Réunion en particulier. Notre insertion régionale est une carte forte que nous devons impérativement jouer avec optimisme. Un optimisme réaliste et confiant qui me fait croire aussi qu’il est encore temps d’agir pour protéger le patrimoine naturel que nous avons reçu de nos ancêtres et que nous voulons transmettre à nos enfants. C’est aussi cela : faire gagner La Réunion. Alors, je plaide pour que le plan Pétrel constitue aussi une opportunité de créer une passerelle entre écologie et économie.

Avec la trajectoire 5.0, portée avec efficacité et conviction par la Ministre des Outre-mer Annick Girardin, je crois que nous avons collectivement la capacité de faire la démonstration que nous pouvons sur notre île, faire un lien fort entre l’agriculture et l’environnement ; entre l’industrie et l’économie circulaire.

J’ai pris l’engagement de concilier le développement économique et le respect de notre biodiversité. Aussi, je veux partager cette conviction que créer des nouveaux métiers pour protéger la nature, n’est pas une utopie : c’est à la fois une nécessité économique et une exigence sociétale.

Enfin, Faire gagner La Réunion, c’est aussi protéger la production locale et accompagner la consolidation indispensable et la nécessaire transformation du monde agricole. " Produire local " et consommer nos " produits péï " sont des éléments importants de l’équation complexe de la lutte contre la vie chère.

Les fonds de l’Europe sont indispensables à la fois aux infrastructures et aux emplois. C’est tout le sens du message que nous avons adressé cette semaine, le Président du Département Cyrille Melchior, mon collègue Younous Omarjee et moi, au nouveau Commissaire européen à l’agriculture.

Au Parlement européen, travailler pour la préservation des budgets agricoles est une priorité pour moi. Parce que nos planteurs sont courageux ; parce que nous leur devons beaucoup et que leurs efforts nous permettront d’atteindre l’autosuffisance alimentaire d’ici 10 ans environ : les professionnels du monde agricole et industriel de La Réunion sont des piliers de notre fierté.

Notre fierté justement. Elle doit être le carburant constructif de notre démarche de co-construction de La Réunion, avec l’Etat, avec nos voisins et avec l’Europe bien évidemment. Volontairement, le Président de la République a salué la force d’une expression créole de nos parents et grand-parents qui ont courageusement forgé notre héritage : " pa kapab’ lé mor san essayé ".

Abandonner et renoncer, ne sont pas des verbes créoles. Aujourd’hui, la proposition est de mettre ensemble le meilleur de chacune et de chacun pour faire gagner La Réunion. Je sais que nous pouvons y arriver.

   

1 Commentaire(s)

Jean Phillippe, Posté
Monsieur le député européen,

Depuis le soir de la fête des mères (en France), les électeurs ayant pris part à ce scrutin ont donc envoyé 74 Euro-députés au Parlement européen (dont le siège se trouve à Strasbourg, je crois).
Vous étiez d'ailleurs en position éligible sur la liste "En marche pour L'Europe" (c'est-à-dire celle soutenue par LREM, Mouvement démocrate, AGIR (la droite constructive) et le Mouvement radical Social Libéral): number ten sur 79 noms (au cas où si le RU sortait (tÃ't ou tard), dont une petite réserve...
Donc, les électeurs n'avaient pas d'autres choix que de choisir une liste parmi les 34 en lice! Cela en fait des choix possibles... Toutefois, et comme vous le savez fort bien, ce sont davantage les partis politiques (ici en France) qui imposent non seulement des candidats mais surtout octroient des postes aux personnes (ou personnalités) bien en vue. Vous étiez donc une personne (issue du monde journalistique et de La Réunion) bien cÃ'té auprès de la REM, dont l'animateur et lanceur reste le pR élu le 7 mai 2017 (il aura fini en 3ème position dans notre département le 23 avril 2017).
Donc, peut-on parler de vrais choix dans un tel mode de scrutin (certes à la proportionnelle, qu'on refuse d'utiliser pour notre propre parlement (Sénat à 348 têtes (souvent absentéisme constaté) & Assemblée nationale 577 députés pour 66 millions de Français)? Le pouvoir discrétionnaire des partis pèse entièrement sur une telle élection!
Or, il me paraît important pour une démocratie de respecter la volonté populaire: la vraie... et donc de combattre la logiques des appareils et des partis bien souvent éloignés des vrais besoins des personnes!
Depuis, vous avez rejoins le groupe de RENEW comprenant 108 Euro-députés (dont 21 issus de la France mais pas tous du même parti à la base). Dans ces 21, seuls 6 sont estampillés LREM (dont vous).
A la Réunion, votre liste n'a enregistré que 10,50% (soit 18 869 SU). C'est peu... Celle qui aura terminé sur la marche d'or est celle qui était soutenue par la qualifiée pour le 2nd tour de la présidentielle (elle a perdu, on le sait depuis), mais l'écart le 26 mai dernier était assez fort (34,24% soit 56 143 voix venant des électeurs de l'île.
Votre travail est de faire des lois qui vont s'imposer aux pays membres (28 avec le RU). Faire gagner La Réunion, ça c'est une autre pair de manche... Et, heureusement que l'UE met en place une enveloppe pour les interprètes et les traductions en 24 langues... (y/c embauche des indépendants et des contractuels, des temporaires...), et elle consacre 5% de son budget général (163 Milliards d'euro) pour SA COM => 8 Milliards â"¬!!!