Tribune libre de l'Unef Réunion :

La précarité étudiante tue en France !


Publié / Actualisé
Depuis ce vendredi 8 Novembre 2019, un syndicaliste étudiant est entre la vie et la mort en métropole. En grande précarité financière, il s'est immolé par le feu devant un restaurant universitaire du CROUS de Lyon. Nous exprimons toutes nos pensées et notre solidarité à sa famille, ses ami·e·s, ses camarades de Solidaires Etudiant·e·s ainsi qu'à tou·te·s celles·eux qui le connaissent.
Depuis ce vendredi 8 Novembre 2019, un syndicaliste étudiant est entre la vie et la mort en métropole. En grande précarité financière, il s'est immolé par le feu devant un restaurant universitaire du CROUS de Lyon. Nous exprimons toutes nos pensées et notre solidarité à sa famille, ses ami·e·s, ses camarades de Solidaires Etudiant·e·s ainsi qu'à tou·te·s celles·eux qui le connaissent.

Par son geste, il a voulu dénoncer les politiques sociales menées en France ces dernières années, politiques contribuant à rendre de plus en plus précaires les étudiant·e·s et poussant nombre d’entre eux·elles dans le désespoir : 8% des étudiant·e·s ont tenté de se
suicider durant l’année 2018.

Lors de la dernière rentrée, l’UNEF Réunion n’a eu de cesse de rappeler que la précarité étudiante est en augmentation constante dans l’île. Face à un système d’aides sociales qui exclut 44% des jeunes réunionnais, nombre d’entre nous doivent jongler entre un travail et nos études. Nous sommes dans une double dépendance vis-à-vis de notre famille lorsque cela est possible et du salariat, vecteur d’échec dans nos études.

Depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, la situation s’aggrave : 1300 chambres pour 5 000 demandes dans l’île, baisse puis gel des APL, changement de mode de calcul pour des APL " en temps réel " qui va faire perdre de l’argent à de nombreux·ses jeunes.

Dans le même temps, le CROUS de La Réunion, sous-financé par l’Etat, manque de moyens pour répondre aux difficultés des étudiant·e·s et mener à bien sa mission de service public, car les étudiants doivent parfois attendre plusieurs semaines avant de pouvoir rencontrer un assistant social, faute d’effectif suffisant dans les services.

L’UNEF Réunion exige de l’Etat de vraies mesures pour répondre à la précarité des étudiants de l’île.

Lors de la visite du chef de l’Etat dans l’île il y a quelques semaines, nous lui avons demandé un complément de bourse pour les étudiants réunionnais avec une augmentation des bourses de 100 € pour faire face à la vie chère estimée à 7.1% dans l’île par l’INSEE en 2018.

Les constats sont dressés depuis de nombreuses années par les organisations étudiantes, les différents gouvernements n’ont pas été à la hauteur des enjeux : il est temps d’agir !

   

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