Tribune libre de Jean Claude Comorassamy :

Nouveau plan d'urgence de santé, à ne pas oublier la psychiatrie, les EHPAD et les petites mains de l'ombre !


Publié / Actualisé
Depuis la mairie d'Epernay, en déplacement dans le département de la Marne que le chef de l'État Emmanuel Macron a déclaré ce jeudi, avoir " entendu la colère et l'indignation " du personnel soignant face à des conditions de travail " parfois impossibles ". Le Président a même déclaré " que nous devons investir et assurer investir plus fortement que nous avions envisagé de faire " et que désormais un " plan conséquent verra jour ".
Depuis la mairie d'Epernay, en déplacement dans le département de la Marne que le chef de l'État Emmanuel Macron a déclaré ce jeudi, avoir " entendu la colère et l'indignation " du personnel soignant face à des conditions de travail " parfois impossibles ". Le Président a même déclaré " que nous devons investir et assurer investir plus fortement que nous avions envisagé de faire " et que désormais un " plan conséquent verra jour ".

Ainsi, le président a promis des " décisions fortes " qui seront annoncées mercredi prochain, alors que plusieurs milliers de soignants, non soignants et citoyens ont manifesté en Métropole comme à la Réunion pour  sauver l’hôpital public dont la psychiatrie et les EHPAD faisant partie en ce 14 novembre. Bien qu'on a tendance à les oublier et à ne pas les citer lors des dernières manifestations. Notons que la santé ce n’est pas que le CHU ou les urgences, c’est aussi la psychiatrie et les EHPAD….

Pourtant, le 29 octobre dernier, en pleine crise des EHPAD, des services d’urgence et des établissements hospitaliers dont la psychiatrie, à l’Assemblée Nationale, les Députés de La République En Marche (LREM) dans sa très forte majorité (339 voix "pour"; 188 voix "contre" et 23 abstentions), a voté comme un seul homme le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2020 (PLFSS) avec couplage d’un sous l’ODAM hospitalier (Objectif National de Dépense d’Assurance Maladie) à 2,1%. Tandis que le Sénat ayant rejeté le même texte par une forte majorité de 281 voix, demandant même la revalorisation du coefficient des hôpitaux de la Réunion.

En définitive, la démarche des élus LREM à travers ce vote, c’était de " poursuivre l’effort important engagé depuis 2018 de maîtrise des dépenses sociales, comme de l’ensemble des dépenses publiques ". C'est-à-dire encore un peu plus d’austérité pour les hospitaliers et hôpitaux à travers ce vote! Surtout que cette exigence soutenue par LREM va pénaliser l’activité des établissements hospitaliers et à coup sûr de renforcer les tensions sociales dans les hôpitaux publiques dont l’hôpital psychiatrique. Eux, réclamant un ODAM égal à 5%, puisque nos hôpitaux sont à bout de souffle.

D’ailleurs, puisque la fièvre des hospitaliers ne risque pas de retomber mais bien au contraire à s’empirer, la réponse du collectif inter-hôpitaux qui rassemble l’ensemble des corps hospitaliers (Soignants-Médecins-internes mais aussi Agents de service, Administratifs, les ouvriers professionnels, les Médico-technique…etc) ne se fait pas attendre. Puisqu’il appelle dès à présent à une grande et nouvelle manifestation Nationale unitaire à Paris le 30 novembre, pour obtenir du gouvernement un plan d’urgence pour l’hôpital public.

Encore plus, la crise que traverse l’hôpital public et service public hospitalier n’est pas simplement les services de la Médecine, Chirurgie, Obstétrique (MCO) du CHU. C’est aussi l’hôpital psychiatrique et certains Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD).

D’ailleurs concernant les revendications, il ne faut surtout pas oublier les petites mains de l’ombre des non soignants qui font aussi fonctionner l’hôpital public. Que sans eux, l’hôpital ne peut agir et que l’on ne peut pas travailler les uns sans autres. Il s’agit des agents de l’administration générale, les agents bio-nettoyage, les brancardiers, les agents de la maintenance générale des bâtiments/des véhicules et transport, les informaticiens, les agents de production culinaire et alimentaire, les vaguemestres, les agents opérateur logistique, les agents archiviste, les agents d’accueil, les secrétaires, le personnel socio-éducatifs, les agents téléphoniques, les agents de la pharmacie….etc etc, tous font partis des maillons indispensables dans la chaîne de l’hôpital et de soins.

Conclusion, l’hôpital public doit rester un projet fédérateur et d’inclusion.  C’est bien un système dans sa globalité que l’on doit défendre et revaloriser.

Jean Claude Comorassamy.

Retraité hospitalier.

   

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