Tribune libre de la FFB et la FNTP :

PLFSS 2020 : demande d'étendre le dispositif de "compétitivité renforcée" au secteur du BTP réunionnais


Publié / Actualisé
Alertés par la FRBTP sur la situation critique des entreprises du BTP à La Réunion, Jacques Chanut, Président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) et Bruno Cavagné, Président de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP), ont fait part de leur vive inquiétude à Annick Girardin, ministre des Outre-mer, dans un courrier commun qui lui a été adressé récemment. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Alertés par la FRBTP sur la situation critique des entreprises du BTP à La Réunion, Jacques Chanut, Président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) et Bruno Cavagné, Président de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP), ont fait part de leur vive inquiétude à Annick Girardin, ministre des Outre-mer, dans un courrier commun qui lui a été adressé récemment. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

En effet, rarement un tel niveau de difficulté n'aura été atteint localement. L'activité économique est au point mort, les dettes fiscales et sociales ont augmenté de 30% par rapport à l'année dernière, et surtout les perspectives de développement de l'activité sont quasi inexistantes à court terme.

En 2018, 22 millions d'euros de la Ligne Budgétaire Unique destinés à la production de logement social n'ont pas été consommés, et vraisemblablement 20 à 25 millions en 2019, en raison d'un manque de dynamique productive en la matière. Par ailleurs en huit ans, le chiffre d'affaires global du BTP a baissé de 15%, quand dans le même temps les effectifs salariés ont été maintenus.

Ce constat a été exposé à plusieurs reprises ces derniers mois, à la ministre des Outre-mer, lors de sa visite à La Réunion en septembre, aux parlementaires, à l'occasion d'un diner à Paris, aux autorités locales, lors de différents rendez-vous, ainsi qu'à la presse, lors d'une conférence début octobre.

La FRBTP est d'autant plus inquiète aujourd’hui que le maintien dans l'emploi des salariés du BTP n'est plus soutenable pour les entreprises, laissant présager une suppression de 4000 à 5000 emplois et la mise en faillite de nombreuses structures.

Dans ce contexte potentiellement explosif, Jacques Chanut et Bruno Cavagné ont demandé à Annick Girardin de bien vouloir inscrire le BTP en secteur renforcé, et ce de manière temporaire, pour les deux années qui viennent.

Introduit en 2019 dans la Lodeom, le dispositif de compétitivité renforcée outre-mer prévoit des exonérations de charges patronales pour les entreprises appartenant à certains secteurs d'activités. Actuellement, le BTP est exclu de ce dispositif et le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 (PLFSS) ne prévoit pas d'évolution pour le secteur.

"C'est ce point très concret que nous vous demandons de corriger car le BTP est un secteur qui fait face à de multiples problèmes de délais de paiement et de trésorerie, fragilisant l'ensemble des structures", écrivent les deux Présidents nationaux.

Cet appui temporaire permettrait à l'appareil de production du BTP d'être en mesure de répondre à l'activité que générera le nouveau "Plan Logement Outre-mer " dès 2021. Le Président de la FRBTP l'a indiqué : ce plan est prometteur car il apporte non seulement une réponse au besoin démographique de la population et à la question de l'habitat insalubre ; en outre, il doit permettre aux entreprises de remplir pleinement leur rôle d'employeur et de catalyseur social.

Pour Jacques Chanut et Bruno Cavagné, "il serait extrêmement dommageable que nos entreprises ne puissent être au rendez-vous de ces ambitions pour La Réunion au seul motif qu'elles auraient été trop fragilisées entre temps".

La FFB et la FNTP

   

1 Commentaire(s)

Nadege, Posté
Waou et c'est seulement là qu'on demande que le secteur btp fasse parti de ce système... Combien d'entreprise fermée, combien de dommages collatéraux du fait de ces fermetures... Pour combien il est déjà trop tard... Sniff...