Tribune libre d'Aline Murin :

Radioscopie d'une société qui se précarise


Publié / Actualisé
Le Lien social se joue entre le marché du travail et l'école. La diminution des emplois non qualifiés condamne les jeunes non diplômés à une sorte de mort sociale. Les territoires sont de plus en plus marqués par des fractures sociales et sont voués à l'isolement. Ils deviennent un terreau propice à cette nouvelle forme de délinquance sociétale d'exclusion que certains ont du mal à regarder en face. " Beaucoup le dise, une révolution sournoise de classe se joue sur notre territoire et sur le territoire national " comment la juguler ? (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le Lien social se joue entre le marché du travail et l'école. La diminution des emplois non qualifiés condamne les jeunes non diplômés à une sorte de mort sociale. Les territoires sont de plus en plus marqués par des fractures sociales et sont voués à l'isolement. Ils deviennent un terreau propice à cette nouvelle forme de délinquance sociétale d'exclusion que certains ont du mal à regarder en face. " Beaucoup le dise, une révolution sournoise de classe se joue sur notre territoire et sur le territoire national " comment la juguler ? (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Comme l’indiquait avec justesse,  il y a plus de 20 ans,  Denis SALAS, ancien juge pour enfant : 

"Depuis des années émerge une nouvelle délinquance massive, territorialisée liée aux quartiers, de la relégation et chronicisée par le chômage longue durée et autres. Elle se caractérise par des formes de survie, liée à la débrouille individuelle, aux lois du business et finit par créer une manière de vivre ! C’est la nouvelle forme de délinquance, celle qu’on nomme communément délinquance socialisante ". Qu'avons nous fait depuis, de concret,  pour sortir de cela ? Comment se sortir de cette situation avant que le système explose !

Nous cumulons erreurs après erreurs, en mettant en œuvre beaucoup trop de politiques conjoncturelles qui ont apporté que des pansements mais n’ont pas réglé ce mal profond qui asphyxie nos territoires.

A Sainte -Suzanne se joue cette réalité glaçante et aujourd’hui il y a urgence.

Avec elle, d’autres villes présentent les mêmes contagions. Que faire ?

Tout le monde doit assumer cette responsabilité coupable. Notre société réunionnaise continue de créer des situations de précarité, d’abandon, vécues au sein du milieu familial et autres communautés qui tentent de s’organiser,  mais nous pêchons dans l’organisation structurelle, l’accompagnement et l’absence de courage politique tournée vers plus de justice sociale. Il nous faut revoir probablement nos fondements culturels et notre modèle de société réunionnaise pour que  chaque individu sur ce territoire soit considéré  comme une partie prenante à part entière. 

Désorientés, nous continuons de créer de véritables carences de génération en génération, processus infernal qu’on ne peut plus contrer !

Par ailleurs, nous n’accablerons pas totalement le dispositif des emplois aidés devenus PEC (parcours emploi compétence)  que  l’on  peut  considérer  effectivement  comme  des  emplois  " indignes " mais l’espoir c’est qu’avec ce nouveau dispositif il a été intégré le mot " compétence " (formation professionnelle). On ne doit plus s’attaquer à la cause du chômage mais à la situation du chômeur lui même. Apporter une compétence correspondante à chaque situation de travail. Il s’agit là d’une avancée et peut-être un éclairci. Il faudra absolument que le dispositif fonctionne pour augmenter le nombre de ces contrats pour nos communes et collectivités, très  insuffisants aujourd’hui.

Il va falloir se mettre au travail et recréer la nouvelle matrice des acteurs politiques et que certains arrêtent de protéger leur pré carré et changent absolument leur système d’exploitation pour l’intérêt général et la cohésion sociale. Terminer les postulats, il faut arrêter de tromper les gens !

Plus de carriériste en politique, personnes honorables certes, mais qui avec le  temps et usés par " le système "  ont fini par  perdre certaines valeurs  humanistes et n'arrivent plus à cerner la vraie réalité dans nos quartiers et territoires dans le besoin.  A cela, s'ajoute ce constat détestable que ces mêmes personnes ne peuvent plus se passer de mauvaises habitudes corporatives   qui les enferment et bloquent leurs capacités d'agir!

J’invite avec humilité les hommes et les femmes à s’engager avec conviction, force et désintéressement, pour sortir La Réunion de ce marasme social et  de la pauvreté qui pèsent sur  beaucoup trop de nos concitoyens.

La Réunion vous le demande, c’est le souhait d’une population qui doit retrouver sa dignité et sa fierté.

Il est important que tout le monde se retrouve pour recréer de l’intelligence collective. La matrice des acteurs doit se renouveler et porter ce nouveau projet de développement individuel et collectif que La Réunion a tant besoin.

La fragilisation de notre société et cet effritement du vrai Vivre Ensemble nous obligent !

Merci pour elle.

Aline Murin

   

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