Courrier des lecteurs de Jean-Claude Comorassamy :

Il y a 230 ans, naissait la commune de Saint-Leu


Publié / Actualisé
Si la Commune de Saint-Leu est devenue agréable à vivre, structurée par le développement des équipements et infrastructures, classée aujourd'hui en station balnéaire, s'engageant à poursuivre son développement au fur et à mesure, en entremêlant ou " mariant " histoire, modernité et tradition... C'est bien sûr, grâce aux différents Maires qui se sont succédé à la tête de cette mairie, il y a exactement 230 ans.
Si la Commune de Saint-Leu est devenue agréable à vivre, structurée par le développement des équipements et infrastructures, classée aujourd'hui en station balnéaire, s'engageant à poursuivre son développement au fur et à mesure, en entremêlant ou " mariant " histoire, modernité et tradition... C'est bien sûr, grâce aux différents Maires qui se sont succédé à la tête de cette mairie, il y a exactement 230 ans.

Aujourd’hui nous pouvons être fiers collectivement de tous ces maires qui ont été les magistrats de cette commune depuis 1790. Une occasion pour nous tous de mesurer le chemin parcouru.  

D’ailleurs, ce n’est qu’en 1776 que cette localité prendra le nom de SAINT-LEU, mais tout en faisant partie de SAINT-PAUL jusqu’en 1777. Alors que la création de la Commune se fit en 1790, et que c’est Gilles Dennemont qui occupera le fauteuil du premier maire de St-Leu,  malgré qu’une petite période (3ans) 1814 à 1817 la commune a dû repasser momentanément sous le joug de St-Paul.

C’est ainsi qu’au fil de plusieurs décennies, on a observé que la notoriété de la ville a été décuplée avec la célèbre "  gauche de St-Leu " où les surfeurs se donnent en spectacle, sa plage au sable fin,  ce haut lieu de parapente, son port de pêche, sa faune et flore riche et variée…etc.

De plus, la conception dynamique de la ville s’est enrichie avec d'autres centres intérêts qui valent le détour, à savoir le Kélonia, le jardin botanique National de Mascarin, site la batterie des sans culottes perché au dessus de la ville, le Musée de sel, la nouvelle vie depuis du four à chaux de M. Pierre Méralikan réhabilité, le Souffleur de la Pointe au sel, qui lors des grosses houles, des embruns s’y engouffrent puissamment, pour former des sortes de  hauts " geysers " spectaculaires, de l’ancienne usine sucrière de Stella devenue Musée, la cheminée dominante à Portail de ce qui reste de l’Usine Mazeau.

Ce dynamisme se manifeste encore plus dans le développement économique, social, culturel, personnel, et se retrouve en éternel évolution.

Le premier Maire un dénommé Sieur Laleu

Cependant, il nous faut replonger un peu dans le temps, pour se nourrir de l’’histoire de cette contrée qui remonte vers 1693. Longtemps appelée " Boucan Laleu", puis fut changée en " Repos Laleu " du nom du premier résident, un dénommé Sieur Laleu, lui aimant la solitude, choisit cet endroit pour y  construire un " boucan " (cabane) pour un " garde-magasin " écrit-on (source archives).
 
Tandis que le gouverneur de l’époque en 1720, attribua à Sieur Laleu, cinq concessions de terrain, sur plus de 14 000 Ha pour développer les cultures les plus propices dans cette zone fertile dont une partie de l’année arrosée par des pluies mais aussi par des périodes de forte sécheresse.

A cet endroit, la terre était excellente pour que des nouvelles cultures soient prônées par la Compagnie. C’est ainsi que des plantations de café, ainsi que du coton furent entreprises. La Compagnie de la marine décida de suite d'établir à ce lieu, des bâtiments pour stocker café, coton et autres marchandises.
 
On raconte aussi que lors de l’arrivée du premier Maire de St-Leu Gilles Dennemont en 1790, que la principale difficulté de quelques centaines habitants vivant sur la commune était le problème de l’eau.
 
Des " mâts de choca " pour canalisation

C’est alors, que le maire de l’époque trouva la solution, fit capter l’eau dans une source à la ravine du Cap, pour la ramener jusqu’à la ville, à l’aide des " mâts de choca " (Kadère mot créole) ou des troncs de palmistes qui ont servi de canalisation.
 
Ces " mâts de choca " servaient aussi à la construction de la " salle verte " pour de mariages, des radeaux pour la pêche, de " cabiné péi " (toilette), les clôtures et " baro ", des constructions de cabanes, des parcs animaux, échelles,  voire de combustible pour le feu…etc. Tandis les feuilles s’utilisaient pour la confection de cordages, de toiture, tressage et réalisation des chapeaux, savates…etc. Cette plante a joué un rôle immense dans le paysage d’antan surtout à St-Leu. Bref….

C’est entouré de ces vestiges que la ville de St-Leu s’est construite, bien visibles du côté de la mairie, avec le bâtiment de l’office de tourisme qui fût un ancien magasin qui a servi d’entrepôt. De l’ancien magasin du Roi construit vers 1770 devenu hôtel de la poste ou encore la Mairie actuelle, tous ces patrimoines architecturaux aux alentours de l’hôtel de ville, témoignent les trésors de la commune.
 
Mais durant cette longue période, quelques éléments dramatiques ont aussi marqués fortement la population St-Leusienne sans parler de la révolte des esclaves, de la peste, du choléra et de la fièvre jaune sévissant sur Île dont St-Leu. Notons plus particulièrement, les Cyclones de 1932 et de 1948 avec de nombreux morts et d’une commune dévastée par des rafales de vents soufflant à plus de 300Km/h. Des nuits " apocalyptiques " diront beaucoup, maisons détruites, toits arrachés, plantations balayées, des animaux morts noyés et emportés…etc. De suite, une forme de résilience s’est mise en place, car il a fallu rebondir de suite à reconstruire ou à réparer.

Nous avons aussi assisté à la fermeture de nombreux four à chaux dont la dernière celui de M. Meralikan devenu musée depuis peu. Il y a eu aussi l’arrêt du marais salant de la Pointe au Sel, fermeture de la Distillerie de Stella dont le vestige est encore visible. Le plus dur pour la commune, a été surement en 1978 la fermeture de l’Usine Sucrière de Stella Matutina qui a été transformé par la suite en Musée, qui ouvrit ses portes en 1991.

Bref, tous ces sites  témoignent l’empreinte indélébile de l’histoire de la commune de St-Leu, d’une valeur inestimable qu’il faut toujours se souvenir malgré les 230 années passées pour mieux se projeter vers l’avenir.
 
Jean Claude Comorassamy

   

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