Tribune libre de Nassimah Dindar :

Réagir à la sous-dotation du système hospitalier réunionnais


Publié / Actualisé
Monsieur le Président, l'épidémie de Covid 19 à laquelle est confronté notre pays, comme ses voisins, depuis plusieurs semaines, met à nouveau en exergue le professionnalisme, le dévouement, mais aussi le malaise des personnels soignants et de l' " hôpital " de manière générale. Ce sont pourtant ces personnels, médecins, infirmiers, aides-soignants, ambulanciers, brancardiers, qui sont en première ligne pour apporter les soins et l'écoute indispensables à une population en souffrance. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Monsieur le Président, l'épidémie de Covid 19 à laquelle est confronté notre pays, comme ses voisins, depuis plusieurs semaines, met à nouveau en exergue le professionnalisme, le dévouement, mais aussi le malaise des personnels soignants et de l' " hôpital " de manière générale. Ce sont pourtant ces personnels, médecins, infirmiers, aides-soignants, ambulanciers, brancardiers, qui sont en première ligne pour apporter les soins et l'écoute indispensables à une population en souffrance. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

A La Réunion, l’épidémie n’a pas atteint, du moins jusqu’ici, les niveaux connus en France métropolitaine, du fait notamment des mesures de confinement que vous avez décidées avant qu’une chaîne de transmission ne soit établie localement.

En revanche, le malaise hospitalier y est plus prégnant encore du fait d’une sous-dotation récurrente. Ce que demandent les hôpitaux réunionnais est une revalorisation du coefficient géographique, pour le porter à 35% au lieu des 31% actuels.

Nous avons été plusieurs parlementaires réunionnais, de tous bords politiques, à alerter Madame la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sur cet état de fait, et nous avions eu en septembre dernier une réunion au ministère des Outre-Mer sur ce sujet. Cette juste revalorisation devait être inscrite au projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. Cela n’a pas été le cas malheureusement, malgré les amendements déposés en ce sens.

Monsieur le Président, vous avez annoncé de nombreuses mesures fortes et indispensables, notamment pour la recherche, pour permettre à notre pays de surmonter cette grave crise épidémique, la plus importante depuis plus d’un siècle. Si La Réunion devait connaître une vague épidémique à celle que connaît le territoire hexagonal, il est fort probable que, du fait de sous dotations chroniques, notre secteur hospitalier ne puisse y faire face. Aussi, me paraît-il juste et nécessaire de revoir ce coefficient géographique, dès à présent et pour l’avenir afin que le territoire puisse être prêt à affronter une éventuelle vague épidémique et/ou de nouvelles crises sanitaires (chikunguya, dengue, autres maladies virales…)

Par ailleurs, de nombreux professionnels, soignants hospitaliers et libéraux, pompiers, ambulanciers, sont confrontés à une pénurie de masques et de solutions hydro alcooliques. Cette pénurie semble concerner l’ensemble de notre pays. Cependant, dès lors que des solutions, en interne ou grâce à la solidarité internationale, pourraient être appliqués en France métropolitaine, il sera nécessaire, Monsieur le Président, que les Outre-Mer soient également dotés, afin de permettre aux soignants et autres professionnels d’exercer en toute sécurité pour eux, pour leur famille et pour les autres patients.

Connaissant votre attachement aux Outre-Mer qui sont, comme vous l’avez déjà indiqué, la grandeur de la France, je ne doute pas que vous porterez une attention toute particulière aux points que je viens de vous signaler.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations les plus respectueuses.

Nassimah Dindar

   

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