Tribune libre du président de la Chambre d'agriculture :

Un premier bilan inquiétant pour le monde agricole


Publié / Actualisé
Depuis maintenant 10 jours, notre territoire fait l'objet d'une mesure sanitaire matérialisée par le confinement de la population et, par extension, différentes restrictions de déplacements et de contacts en réponse à la pandémie du Covid-19. Cette situation, inattendue et à laquelle doivent aujourd'hui faire face les agricultrices et agriculteurs réunionnais, a déjà causé de graves difficultés au niveau des exploitations locales. Ce sont désormais toutes les filières de production végétale et animale qui sont impactées aussi bien en matière d'approvisionnement qu'au niveau de l'écoulement des produits destinés à la consommation.
Depuis maintenant 10 jours, notre territoire fait l'objet d'une mesure sanitaire matérialisée par le confinement de la population et, par extension, différentes restrictions de déplacements et de contacts en réponse à la pandémie du Covid-19. Cette situation, inattendue et à laquelle doivent aujourd'hui faire face les agricultrices et agriculteurs réunionnais, a déjà causé de graves difficultés au niveau des exploitations locales. Ce sont désormais toutes les filières de production végétale et animale qui sont impactées aussi bien en matière d'approvisionnement qu'au niveau de l'écoulement des produits destinés à la consommation.

Sur la filière horticole d’abord, force est de constater que les principales voies de commercialisation en " fleurs coupées " et " plantes en pot " sont désormais interdites d’accès ou fermées. Il s’agit pour cette jeune filière qui emploie plus de 1.000 personnes : des marchés forains, des fleuristes et jardineries mais aussi des magasins spécialisés et étals ponctuels. Ces pertes sont estimées aujourd’hui jusqu’à 100% du chiffre d’affaire hebdomadaire.

Ainsi, sur les 245 entreprises que compte l’horticulture réunionnaise, plus de 90% sont soumises à des difficultés de trésorerie et doivent assurer le maintien des salaires ainsi qu’une capacité de réinvestissement dans un contexte marqué par la proximité des fêtes des mères, des pères ou encore de Pâques pour lesquelles des programme de plantation ont déjà été lancés. Selon nos équipes techniques, les pertes pour la seule première semaine d’arrêt s’élève à 480.000 euros et atteindront plus de 3 millions d’euros si l’on porte notre bilan sur les 6 semaines annoncées de confinement.

S’il est une autre filière en grandes difficulté, c’est la filière équine locale pour laquelle la Chambre a un service spécialisé depuis plusieurs années. Sur 38 établissements recevant du public interrogés, nos équipes ont observé une détresse en relation directe avec l’absence de public mais aussi et surtout l’alimentation et la santé des animaux.

Depuis le début du confinement, 84% de ces structures accusent une baisse de leur chiffre d’affaires et 26% ont déjà perdu entre 50 et 80% de ce même chiffre. Résultat, toutes
ces structures se retrouvent désormais sans rentrées d’argent et affirment ne plus pouvoir payer leurs prochaines factures. Pire, certaines ont commencé à rationner les chevaux au détriment de leur santé. Pour pallier à cette situation intenable, la filière a un besoin urgent de 118 tonnes d’aliment dont près de 71 tonnes de fourrage et 47 tonnes en divers aliments (orge, paille de canne, enrubanné…) pour survivre.

En diversification animale, aussi bien en matière de vente de poulets fermiers qu’en caprin, les éleveurs accusent aussi une baisse de l’ordre de 50% de leur chiffre d’affaires. Face à ces problèmes, nous interpellons une nouvelle fois l’Etat et les organismes spécialisés pour qu’une solution pérenne et adaptée au contexte ambiant soit trouvée avec la possibilité de bénéficier de dérogations.

Cet appel concerne aussi les filières de production fruitière et maraîchère mais aussi de production animale dont les ventes sont en grandes difficultés malgré une adaptation sur le terrain à travers notamment des livraisons et portages.

En ma qualité de président de la Chambre, j’ai fait appel aux maires de notre territoire pour pallier à l’absence de marchés forains par la mise en place de marchés de producteurs au nombre limités d’exposants mais aussi de drives. Mes équipes ont également mis au point un " Guide des bonnes pratiques des producteurs " afin d’adopter des pratiques et des gestes en adéquation avec la nécessaire sécurité maximale qu’impose la pandémie actuelle.

Ce n’est que tous ensemble et dans la plus grande solidarité que nous pourrons faire face à une situation jusqu’alors méconnue et qui va occasionner de profonds changements de société, de pratiques et de consommation.

Frédéric Vienne
Président de la chambre d’agriculture

   

2 Commentaire(s)

Baboï, Posté
Soyez raisonnables et adultes

je vais très souvent au marché de producteur du Tgeatre de St Gilles et il n'est pas rare d'acheter au même prix de chez JUMBO !! Les Paysans profitent toujours des consommateurs en jouant le jeu de la rareté. Ils préferent jeter que de brader.
Et maintenant vous constater une envolée des prix des fruits et légumes ? pourquoi ? les Alcooliers eux produisent des solutions hydro 4 fois moins cher que le marché eux au moins se foutent pas de geule des autres
Raz le Bol de ces pleureurs qui ne nous respectent pas
Allez voir en métropole les prix des Fruits et légumes ont baissé !!!! ça c'est de l'agriculture responsable


KUNTA KINTé, Posté
Ce n'est pas fini , Frédéric Vienne . On est juste à la bouture ...