Tribune libre d'Amine Valy aux parlementaires et élus Région et Département de La Réunion :

Dossier GBH en cours d'instruction, une affaire d'une extrême importance pour l'économie réunionnaise


Publié / Actualisé
Mesdames, Messieurs Les député(e)s Les sénateurs(trices) Le Président du Conseil Régional Le Président du Conseil Départemental, je me permets, en tant que citoyen réunionnais et économiste, de vous alerter sur l'évolution de la procédure relative à la cession d'actifs de Vindémia au profit du groupe GBH. Au stade actuel d'information sur l'état d'avancement du dossier d'une part, et surtout sur les risques qui pèsent sur une non-décision de l'Autorité de la concurrence d'autre part, notre responsabilité collective est en jeu. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Mesdames, Messieurs Les député(e)s Les sénateurs(trices) Le Président du Conseil Régional Le Président du Conseil Départemental, je me permets, en tant que citoyen réunionnais et économiste, de vous alerter sur l'évolution de la procédure relative à la cession d'actifs de Vindémia au profit du groupe GBH. Au stade actuel d'information sur l'état d'avancement du dossier d'une part, et surtout sur les risques qui pèsent sur une non-décision de l'Autorité de la concurrence d'autre part, notre responsabilité collective est en jeu. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Je souhaite très humblement mais fermement que vous preniez position sur cette affaire importante pour l'avenir de notre économie, déjà très inégalitaire et déséquilibrée, afin que l'Etat à son plus haut niveau exerce son droit " d'évocation " sur ce dossier et réexamine d'autres solutions alternatives (qui existent) au scénario catastrophe en passe d'être validé. Pour une fois, la transparence sur le traitement d’un dossier d’une telle importance stratégique existe, et ce, grâce aux travaux réalisés à l’initiative de l’OPMR et à leur diffusion sur leur site. Les conclusions sont édifiantes et nous promettent l’implantation durable d’un duopole gigantesque dans le domaine de la grande distribution.

Les élus réunionnais ont une grande responsabilité dans ce contexte comme ils l’ont d’ailleurs toujours eu. Certes, il y a certes le temps électoral, le temps des stratégies politiques, etc... Bref, le temps dé- mocratique. Mais hélas, sur ce dossier, comme pour la crise sanitaire dramatique qui nous frappe, le temps nous est, là aussi, compté.

Car, aujourd’hui, la situation a changé et va encore évoluer très rapi- dement. La société réunionnaise mute (comme un virus) à une vitesse encore inégalée depuis plus de 20 ans et ces mutations s’opèrent ir- rémédiablement.

Les acteurs stratégiques se positionnent et agissent selon leurs inté- rêts. Le commerce et la distribution font partie des secteurs qui struc- turent notre territoire et notre société

D’autres moments seront nécessaires pour évoquer d’autres sujets fondamentaux comme notamment celui de l’émancipation des réu- nionnais. Mais aujourd’hui la question de la domination économique et commerciale est déterminante pour notre avenir et surtout pour notre dignité de réunionnais. Il est très urgent d’agir maintenant ; demain il sera trop tard.

Certains font un parallèle avec la situation réunionnaise d’il y a 50 ans ; hélas, je pense que la référence historique est plutôt celle de l’époque de la Compagnie des Indes au XVIIième siècle.

Mesdames, Messieurs les député(e)s, le covid-19 ne doit pas et ne sera pas le bouc-émissaire d’un non-engagement politique.

Je vous joins donc ci-dessous le mail que j'ai envoyé au Président de l'OPMR mais également en pièce jointe une note transmise au Président de la République qui détaille les arguments à l’encontre de ce projet dévastateur pour la libre concrrence dans notre pays et le développement économique à venir. Mais :

" Demain, on ne pourra plus dire que l’on ne savait pas ! "

Je vous prie de recevoir Monsieur, Madame, le(la) Député(e), l'expression de mes sincères salutations

Amine VALY, Réunionnais

P.J. : Note envoyée au Président de La République

"Monsieur le Président de l'OPMR,

J'ai pris, il y a deux jours, l'initiative d'envoyer une note au Président de la République, ainsi qu'à l'Autorité de la concurrence. Cette note concerne le dossier relatif à la vente des actifs de Vindémia au groupe GBH. J'ai suivi avec attention l'évolution de ce dossier en tant que qu'économiste mais surtout en tant que réunionnais soucieux de l'avenir de son pays notamment en termes d’équilibre économique et de développement de la production locale. Or, au regard des éléments présents sur le site de votre organisation récemment et notamment ceux développés par le cabinet Bolonyocte Consulting, je me suis senti contraint de sortir de ma réserve de citoyen afin d'informer le plus grand nombre et notamment les élus locaux de ce que j'estime être une catastrophe sociétale irréversible pour le développement économique de La Réunion.

A la lumière des informations qui sont aujourd'hui en ma possession, à savoir, que l'Autorité de la concurrence n'a même pas daigné exercer ce qui est tout simplement sa mission minimale, à savoir répondre clairement dans les délais imposés par la loi sur ses préconisations. En effet, l’ADLC aurait dû rendre une décision (quelle qu’elle soit, autorisation, autorisation avec engagements imposés au notifiant ou passage en phase 2) avant le 20 mars dernier (25 jours ouvrés à compter de la date de notification du 24 janvier, augmentés de 15 jours ouvrés, dans la mesure où GBH a proposé un engagement de cession volontaire de 4 hypermarchés à la société Make Distribution), soit vendredi dernier. Or à l’heure ou j’écris ce mail, l’ADLC sur son site internet, indique toujours l’affaire en phase d’instruction 1.

Autrement dit, au regard des dispositions du code de commerce en matière de contrôle des opérations de concentration et sauf à ce que l’ADLC démontre avoir interrompu son instruction pour défaut de fourniture par GBH de documents complémentaires qu’elle lui aurait demandés (mais ce cas est peu probable car il aurait dû être notifié publiquement par l’ADLC sur son site internet, ce qui ne l’a pas été), si le ministre de l’économie n’exerce pas son pouvoir d’évocation avant la fin du délai qui lui est ouvert pour le faire, l’opération de concentration projetée par GBH pourra être considérée comme autorisée par défaut.

A mon humble avis, sans être juriste, je ne pense pas que l'ADLC puisse plaider que la crise sanitaire (qui a bon dos) soit à l'origine de ce dépassement du délai légal, ce qui serait d'ailleurs, là aussi à mon avis, un motif irrecevable devant le Conseil d’État.

Je considère donc cette position comme scandaleuse et inacceptable au regard des enjeux en présence. Je vous communique donc ma note et souhaite que vous usiez de votre autorité légitime pour sensibiliser les autorités nationales et les responsables politiques et économiques locaux sur cette situation, inédite

pour un dossier d'une telle importance, et humiliante pour les réunionnais que nous sommes.

Je vous remercie pour l'attention que vous porterez à ma requête, et vous adresse mes meilleures salutations.

Amine VALY"

   

1 Commentaire(s)

KUNTA KINTé, Posté
En attendant la clientèle des grandes surfaces continuent à remplir son chariot . Tant que le frigo est plein pa la avec sa .
Par contre ceux qui battent les intérêts de grande distribution se trouvent bien ailleurs .
" La Justice arrive."
- " Faites confiance au plan" uver
- " se détendre et d'apprécier le spectacle"