Courrier des lecteurs de Jean-Claude Comorassamy :

"Où est passé le centre de recherche et de veille sanitaires ?"


Publié / Actualisé
De toute évidence, la nouvelle crise sanitaire du Coronavirus nous fait déjà oublier la circulation de la dengue qui continue sa propagation doucement et en silence avec les terribles conséquences qu'on sait déjà. Aujourd'hui, le Covid-19 vient ici alimenter une fois de plus, les craintes immenses que nous avions eues il y a quinze ans déjà, lors de l'épidémie d'infections au virus du Chikungunya par le moustique tigre. Cette nouvelle crise nous invite à remémorer la réflexivité prononcée par Paul Vergès sur le siècle qui s'ouvre, si des actions ne soient pas mises en oeuvre rapidement. (Photo rb/www.ipreunion.com)
De toute évidence, la nouvelle crise sanitaire du Coronavirus nous fait déjà oublier la circulation de la dengue qui continue sa propagation doucement et en silence avec les terribles conséquences qu'on sait déjà. Aujourd'hui, le Covid-19 vient ici alimenter une fois de plus, les craintes immenses que nous avions eues il y a quinze ans déjà, lors de l'épidémie d'infections au virus du Chikungunya par le moustique tigre. Cette nouvelle crise nous invite à remémorer la réflexivité prononcée par Paul Vergès sur le siècle qui s'ouvre, si des actions ne soient pas mises en oeuvre rapidement. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Souvenez-vous le discours de l’ancien Premier Ministre Dominique de Villepin en ce 27 février 2006, prononcé à Saint-Denis de La Réunion. Ainsi il a été convaincu de la nécessité que soit créé, dans notre département, un centre de recherche et de veille sanitaires dédié aux maladies émergentes au vu de la gravité de la situation à la Réunion et de toute l’Océan Indien.

La Réunion pôle régionale  de référence

L’ancien Premier Ministre l'avait bien compris que la crise sanitaire qui sévissait depuis début 2005, la Réunion, Mayotte et les autres Îles de l’Océan Indien était "une crise hors norme" qui risque de se répéter si des réponses ne soient pas apportées.

Ce centre dit-il, aura vocation à réunir l'ensemble des compétences sur le sujet : celles des épidémiologistes, de la médecine hospitalière et des équipes de recherche biomédicale. Il devra être un pôle de référence régionale dans l'océan Indien. Pour mieux combattre les nouveaux virus, il nous faut en effet mieux les connaître. La transmission de la mère à l'enfant, la résurgence des symptômes chez les mêmes personnes, la protection des nourrissons : voilà les questions auxquelles il nous faut trouver des réponses.

Avant lui, Paul Vergès nommé en 2002, président de l'Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (l'ONERC) en France métropolitaine, dans les départements et territoires d'outre-mer. Où, l’environnement avec le développement des énergies renouvelables et les maladies émergentes devenaient désormais sa première source de préoccupation.

Le Président de l'ONERC disait surtout que "la combinaison des effets de la mondialisation et des changements climatiques est porteuse de menaces nouvelles pour nos sociétés et pose des problèmes nouveaux de sécurité collective. Les nouveaux virus et les grandes épidémies sont de ces effets qui domineront le siècle qui s'ouvre et pour lesquels nous sommes peu préparés". Et à ce titre, "ce qui se passe actuellement en 2005 avec le Chikungunya à la Réunion est très riche d'enseignement, pour toute la France et au-delà" conclura t-il.

Nous voilà 15 ans après la crise Chikungunya, la dengue est devenue aussi une crise sanitaire majeure. Elle continue à sévir dans chaque quartier, et cerise sur le gâteau avec le Covid-19.

Mais alors, où est passé le centre de recherche et de veille sanitaires dédiés aux maladies émergentes ? Où est la coopération régionale renforcée ? Où est le partage d’expérience ? Où est le vaccin ? Où sont la surveillance et l'alerte sur ces maladies ? Où est le renforcement d’un vrai service de prophylaxie ? Où sont les équipements de protection…. ?

Malgré qu'aujourd’hui, ce qui doit nous animer c’est une volonté d’agir dans l’unité et la solidarité pour la gestion de cette crise sanitaire. Au moment venu, nos parlementaires voire nos collectivités pourront tirer les conclusions utiles, car nous devons tout mettre en œuvre pour qu’une telle situation ne se reproduise à l’avenir.

Jean-Claude Comorassamy

   

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