Tribune libre de Jerry Ayan :

Respecter ce moment de résilience


Publié / Actualisé
Notre île s'appelle La Réunion, et nous sommes fiers de ce nom qui claque comme un étendard. Et nous sommes fiers de notre "vivre ensemble". Notre pays est la France, et nous sommes fiers d'être présenté comme le pays des Droits de l'Homme. Et nous sommes fiers de notre devise républicaine "Liberté, Égalité, Fraternité". (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Notre île s'appelle La Réunion, et nous sommes fiers de ce nom qui claque comme un étendard. Et nous sommes fiers de notre "vivre ensemble". Notre pays est la France, et nous sommes fiers d'être présenté comme le pays des Droits de l'Homme. Et nous sommes fiers de notre devise républicaine "Liberté, Égalité, Fraternité". (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Ce rappel en préambule est essentiel en ce moment trouble et troublé, qui met de la turbulence dans nos systèmes habituels de valeurs et nos repères, tant matériels que moraux. La grave crise sanitaire que nous traversons, avec ses corollaires d'ordre politique, économique, sociétal, éducatif, culturel, a parmi ses conséquences, le don d'exacerber les extrêmes.

D'un côté, la magnifique solidarité, souvent innovante, dont certains peuvent se faire les chantres. Mais hélas, de l'autre côté, de viles résurgences de réflexes protectionnistes, démagogues et xénophobes, efficacement alimentées par une machination du mensonge et de la rumeur, parfois volontaires, et le mécanisme implacable des fake news.

On se croirait parfois revenu à des temps anciens, de la méfiance, de l'outrance, de la délation. Le temps du "chinetoque" aussi, tant on pointe grossièrement du doigt la Chine et ici, les Réunionnais d'origine chinoise, et même le Consulat général de Chine ! Bien sûr, en raison de mon "kotpar sinoi", comme disait le regretté Daniel Honoré, j'y suis sensible.

Pour autant, dois-je répliquer à ceux qui nous disent manger tout et n'importe quoi, nous imitent nos yeux bridés ou nous affublent du vocable de Pokémon ?

La réponse est non. Ayons la sagesse de respecter ce moment de résilience. Je ne signerais pas non plus les diverses pétitions qui circulent sur le net pour demander des sanctions, des mises à pied et des têtes !

Dans le même état d'esprit, je ne ferais pas partie de ceux qui hurlent à la démission des autorités préfectorales et sanitaires, de tous les sénateurs, députés, ministres et jusqu’au président !

Je ne serais pas de ceux qui vont éructer sur les producteurs et les prix de leurs fruits et légumes, et sur les commerçants, grands, moyens et petits.

Je ne compterais jamais au nombre de ceux qui partagent inlassablement actus et publications sur les réseaux sociaux, à s'en gaver et s'en dénaturer l'esprit. Car plus que jamais, trop d'infos tue l'info, et le trop-plein de non-vérifications assassine la vérité.

Sachons faire honneur et référence à notre nom de La Réunion, réinjectons-nous tous un peu de l'ADN du vivre ensemble et de l'esprit de la devise de la nation, c'est la commande de l'instant…

Jerry Ayan

   

4 Commentaire(s)

Sylvain, Posté
Bof bof !!! Il faut appliquer ces écrits ......
Sapoties, Posté
Tous réunis dans un même élan de partage et de solidarité sur notre belle île de la Réunion, c'est effectivement comme ça que nous sommes et devrions rester.
Raymond Lauret, Posté
Merci à Jerry pour ce cri du coeur, un cri parti de la raison. Notre richesse, c'est ce vivre ensemble que les responsables des communautés religieuses ont su élever au rang de principe et qui devrait et pourrait inspirer toutes les populations du monde. Oui, merci à toi Jerry de rappeler à ceux qui se cachent derrière l'anonymat le plus ridicule pour dire leurs excessifs propos, que c'est là de la lâcheté. Quand on a une opinion, on a le droit de l'exprimer. Et surtout de ne pas avoir peur de la signer.
Salut à toi, Jerry

Raymond Lauret
Heinrich Koffee, Posté
Merci monsieur AYAN! Votre livre "pourquoi je suis pas un papillon" m'avait bouleversé. Vos propos ici vous honorent. Nous avons besoin de solidarité, de bienveillance, d'entraide. Et ensuite lors de la reconstruction, de promouvoir l'humain avant le financier.