Courrier des lecteurs de Lilian Reilhac :

L'humanité tousse mortellement, la planète respire


Publié / Actualisé
Aujourd'hui être assigné à résidence, même bien logé et nourri, a malgré tout quelque chose d'insupportable. Le philosophe Pascal Blaise (1623-1662) écrivait au XVIIe siècle : "tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre".
Aujourd'hui être assigné à résidence, même bien logé et nourri, a malgré tout quelque chose d'insupportable. Le philosophe Pascal Blaise (1623-1662) écrivait au XVIIe siècle : "tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre".

Si nous acceptons le confinement, c’est d’abord et avant tout par peur de la maladie, de la souffrance et de la mort. C’est aussi parce que les chiffres, et désormais les images, montrent que l’enfermement est la seule voie possible pour lutter contre l’épidémie.

Mais l’assignation à domicile entend aussi montrer en quoi elle est une misère dont l’expression tient à notre vie sociale pleine d’agitation et de vanité.
Le confinement a cet avantage de faire une pause, de réfléchir sur notre existence et d’une manière générale sur celle de l’humanité.

La crise du Covid-19 apparaît avant tout comme une incapacité d’anticipation de la communauté internationale face à cette pandémie destructrice. Lors d’une conférence Tedx en 2015 Bill Gates tirait les leçons du combat pour circonscrire la diffusion d’Ebola. Cette épidémie meurtrière avait causé plus de 20 000 décès et s’était déclarée dans une région de l’Afrique de l’Ouest assez peu connectée et en dehors de grandes concentrations urbaines. L’ancien patron de Microsoft estimait que "cette fois nous avons eu de la chance".

Tous nos dirigeants, à commencer par le Président de la République sont persuadés qu’avec le Covid19, l’humanité ne sera plus celle que nous avons connue jusqu’à présent. Un monde où, depuis la crise financière de 2008, 1% de la population possède plus de 50% des richesses de la planète (rapport Oxfam). Un monde où les banques multiplient régulièrement par deux leurs bénéfices avec un appétit sans limite. Un monde dominé par la mondialisation économique, résultat nous sommes aujourd’hui dépendant d’un seul pays, la Chine. Des actionnaires de multinationales de plus en plus voraces de dividendes qui progressent de façon insolente d’année en année. Un monde où un footballeur professionnel gagne en moyenne 70 000 € par jour alors que la retraite d’un ouvrier ou d’un agriculteur ne dépasse pas les 700€ par mois après 44 ans de labeur. Un monde où la planète suffoque de nos consommations abusives des ressources naturelles, de nos comportements dans nos déplacements quotidiens, de l’irresponsabilité de certains dirigeants, tel que l’actuel Président du Brésil, Jair Bolsorano qui, l’année dernière n’a pas hésité à incendier son pays pour le fric. Un monde où les valeurs écologiques et environnementales sont bafouées au nom du profit.

Après Ebola en Afrique, la prochaine fois, indiquait Bill Gates, si nous ne sommes pas prêts, la maladie pourrait coûter des millions de morts et avoir un impact économique dont nous aurons du mal à nous relever. Elle pourrait en effet "se propager par les airs, atteindre des gens qui ne sentiraient qu’avec retard les premiers symptômes, seraient capables de prendre le train et l’avion". Nous y sommes !

Le Covid19 nous presse désormais à revoir nos priorités, à préserver notre environnement et à répartir plus équitablement les richesses de la planète. Il en va de la survie de l’humanité.

Hier, j’ai agréablement découvert devant le portail d’une splendide villa, des fruits à pain, des bananes bien en vue sur une petite table avec une pancarte "Servez-vous". Un signe peut-être que les mentalités évoluent et que le monde futur de l’après Covid19 sera meilleur. Prions !

Lilian Reilhac

   

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