Tribune libre de Ary Yee Chong Tchi Kan :

350 millions en moins dans une population meurtrie


Publié / Actualisé
Suivant l'ordonnance du 23 mars 2020, le Conseil des ministres du 25 mars a arrêté un calendrier qui, de fait, anticipe l'installation des conseillers municipaux. Il est dit que les budgets primitifs 2020 doivent être votés avant le 31 juillet. Cela n'est possible que si les recettes attendues sont connues. Il est donc prévu que les taux des impôts locaux doivent être votés avant le 3 juillet. Se pose alors la légitimité des élus qui vont procéder à ces votes importants. Sur le plan pratique, si des enfants peuvent aller à l'école avec des risques contrôlés, le terrain sera balisé pour l'accueil des bureaux de vote, en juin.
Suivant l'ordonnance du 23 mars 2020, le Conseil des ministres du 25 mars a arrêté un calendrier qui, de fait, anticipe l'installation des conseillers municipaux. Il est dit que les budgets primitifs 2020 doivent être votés avant le 31 juillet. Cela n'est possible que si les recettes attendues sont connues. Il est donc prévu que les taux des impôts locaux doivent être votés avant le 3 juillet. Se pose alors la légitimité des élus qui vont procéder à ces votes importants. Sur le plan pratique, si des enfants peuvent aller à l'école avec des risques contrôlés, le terrain sera balisé pour l'accueil des bureaux de vote, en juin.

Ce calendrier n’arrange pas les affaires de certains candidats. Par exemple, le maire de Cilaos. Il n’a eu que 40,73 % des suffrages. Il est devancé par Jacques Técher qui a obtenu 48,67 %. Le maire sortant a frôlé la défaite dès le 1er tour, à 45 voix près. Son cas est intéressant car c’est le seul maire présent à la Trinité le 15 décembre dernier pour soutenir le Président de Région qui a fini par récolter seulement 24,8 %, le 15mars. Le Président de Région avait déclaré : " si les Dionysiens le veulent, je serai leur maire à temps plein ". La population a tranché, c’est non !

Le lendemain matin, il jette l’éponge. Plus exactement, il menace de se retirer du 2e tour, dans les conditions du 22 mars. A-t-il mesuré le faible moral de ses troupes ? A-t-il constaté l’humiliation que lui ont fait subir ses propres amis ? A-t-il évalué l’impact sur l’électorat du budget d’austérité voté le 30 janvier à la Région et qui prive l’économie réunionnaise de 248 millions d’euros de dépenses, pour cette année. Au mois de juin, la situation sanitaire et économique sera plus grave par rapport à celle de 22 mars.

1-Nous avons dépassé 400 personnes contaminées. Le confinement et la discipline des Réunionnais ont freiné le mouvement mais le relâchement sur les mesures de quarantaine ont fait repartir le compteur. Fort heureusement, nous n’avons pas de morts et nous sommes toujours au stade 2. En France, on est stade 3 avec 27500 morts !

2-La diminution de l’importation et la baisse de la facture pétrolière vont réduire les recettes d’octroi de Mer qui alimentent les budgets des Collectivités. A hauteur de 25 %, la perte sera de 100 millions. Ajouté aux 248 millions, il faut s’attendre entre 300 à 350 millions de dépenses publiques en moins qui auraient pu générer plus de 500 millions de chiffre d’affaires et créer des emplois en conséquence.

Nous entrons dans une crise sociale sévère.

Dès maintenant, la Région doit se mettre au travail pour présenter un plan de 248 millions de recettes nouvelles. Toutes les Collectivités doivent planifier sur 6 ans leur politique fiscale, sachant que le niveau d’octroi de Mer antérieur ne sera plus jamais atteint.

Le confinement a remis en cause les illusions d’un confort artificiel et consumériste dépassé. Les solutions existent pour aller dans le sens de la dignité pour qu’aucun Réunionnais ne se soit pas abandonné. Comme les élections servent à construire l’avenir avec les électeurs, mettons à profit les 40 jours qui nous séparent de fin juin. Mais de grâce, n’augmentez plus les impôts, taxes et redevances d’une population meurtrie.

Ary Yee Chong Tchi Kan

   

3 Commentaire(s)

MAX CILAOS, Posté
De la critique de la critique, les propositions sont où? Dans le portefeuille de gauche.
KUNTA KINTé, Posté
Akwet , ton article est à lire , c'est fait !
Mais , à ne pas marcher sur l'H20 ...
Il n'y aura pas de surprise. La guerre des ténors de la politique locale verra s'affronter au second tour l'ex-ministre de l'Outre-Mer, le président du conseil régional et la sénatrice.
Au-delà du droit, l'interrogation est de nature politique : est-il opportun de tenir un deuxième tour de scrutin entre deux mois et trois mois et demi après le premier, alors que les contextes locaux et nationaux seront totalement différents de ceux du 22 mars ? Le bon choix dans le chef-lieu va être une arnaqueâ?|
Pour éviter absolument que le second tour des municipales soit une seconde arnaque, il serait préférable qu'il ait lieu en mars 2021, en même temps que les départementales et les régionales.

Tout le reste devient philosophie : " Mais de grâce, n'augmentez plus les impÃ'ts, taxes et redevances d'une population meurtrie. "
NouArTronV
Candide, Posté
Au PCR, ils ont toujours voulu être généreux avec l'argent de l'Etat. Mais peut on au moins savoir si toutes ces personnes payent les impÃ'ts qu'ils doivent, sans chercher à dissimuler quoi que ce soit ?