Courrier des lecteurs de Jean-Claude Comorassamy :

La fin de la paupérisation de l'hôpital public annoncée !


Publié / Actualisé
Sur ces 20 ans dernières années, plusieurs réformes se sont succédé. A chaque Gouvernement ou Ministre, son empreinte pour que l'hôpital public cultive sa course à la marchandisation de la santé. Ce qui nous a conduits à "l'hôpital entreprise" où le concept de rentabilité s'est appliqué à chaque hôpital de la même manière qu'à une "activité commerciale ordinaire". (Photo rb/www.ipreunion.com)
Sur ces 20 ans dernières années, plusieurs réformes se sont succédé. A chaque Gouvernement ou Ministre, son empreinte pour que l'hôpital public cultive sa course à la marchandisation de la santé. Ce qui nous a conduits à "l'hôpital entreprise" où le concept de rentabilité s'est appliqué à chaque hôpital de la même manière qu'à une "activité commerciale ordinaire". (Photo rb/www.ipreunion.com)

En effet, nos dirigeants ont inventé et globalisé la T2A (tarification à l’activité) sauf en psychiatrie. Résultats fermeture des lits et des hôpitaux. Et, à la baisse progressive de l’ODAM (objectif national des dépenses d’assurance maladie) et du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) les conséquences ont été directes, de moins en moins d’investissements, de personnels, de matériels, d’équipements et de moins en moins de remboursements. Et depuis, l’hôpital public cristallise ces inquiétudes à cette logique budgétaire au détriment de la santé et des patients.

Sous pression budgétaire, portée à ébullition par une année de grève dans tous les hôpitaux de France dont la Réunion. C’est sous l’égide du Collectif inter-Hôpitaux et des syndicats qu’ils se sont mobilisés pour dénoncer les fermetures de lits, le manque de moyens, matériels, équipements et aussi l’insuffisance de salaires des hospitaliers. Mais, rien n’y fait, malgré que la cocotte-minute soit au bord de l’explosion. Et, malgré que la situation se complique de jour en jour, la qualité et la sécurité des soins se dégradent, l’épuisement et l’inquiétude des personnels hospitaliers se constatent de plus en plus. Alors, que l’exigence est de mettre en œuvre un plan d’urgence pour sauver l’hôpital public et de revaloriser les salaires des hospitaliers. Là encore "sé z'oreilles cochon dann' marmite pois".  Mais voilà, l'apparition de ce petit virus appelé covid-19 mettra au grand jour le constat dramatique de nos hôpitaux. C’est ce que le Collectif inter-Hôpitaux et l’ensemble des syndicats hospitaliers décrivaient et dénonçaient depuis déjà un an.

- Des moyens et une revalorisation pour assurer leurs missions -

Alors, le Chef de l’État dans cette "guerre sanitaire", ayant annoncé le 25 mars depuis Mulhouse, l’opération Résilience avec l’armée, entièrement consacrée à l'aide à la population et aux services publics, dans les domaines sanitaires, logistiques et de protection". Il a commencé par rendre hommage aux trois médecins du Grand-Est décédés des derniers jours, après avoir contracté le coronavirus. Puis,  Président de la République s'est engagé à l'issue de la crise à mettre en place "un plan massif d’investissement pour l’hôpital, comprenant une revalorisation de l'ensemble des salaires et carrières de tout le personnel hospitalier".

Toujours, applaudis chaque soir et après être considérés comme des héros. Nos soignants mais aussi d'autres professionnels mobilisés pour faire face à l'épidémie de Covid-19 vont bénéficier du versement d’une prime exceptionnelle. Et enfin, lors du dernier conseil des Ministres, le président Emmanuel Macron a souhaité pour sa part outre la prime, que la fête nationale du 14-juillet soit "une occasion supplémentaire de manifester l'hommage et la reconnaissance de la nation à tous ceux qui se sont engagés dans la lutte contre le Covid-19" dira t-il. La médaille d’engagement, distinction honorifique viendra récompenser le 14 juillet toutes celles et ceux qui se sont particulièrement dévoués pour combattre la pandémie et permettre au pays de continuer d'avancer.

Mais, au-delà de la prime et du médaille. Les hospitaliers attendent beaucoup sur le volet rémunération et carrière du personnel, le volet investissement et des moyens pour assurer leurs missions dans des conditions acceptables aussi bien pour les patients que pour l’ensemble du personnel hospitalier. La santé publique, c’est un vrai travail d’équipe. Il faut penser à tous ses membres, des premiers aux derniers de cordée. Il ne faut jamais l’oublier.

Cependant, de suite parler de "revoir les 35h, les jours fériés, les congés payés, des RTT…" pour accompagner la reprise économique…Il y a de quoi à s’interroger sur un revers de médaille! Quoiqu’il en soit, le Président a répété son souhait de vouloir redonner les moyens aux hôpitaux et de mettre fin à la "paupérisation" des hospitaliers, en posant déjà quelques jalons. Maintenant aux organisations syndicales de prendre le relais pour enrichir et accompagner le "plan massif d’investissement et de revalorisation" promis pour l’hôpital, sans oublier les hôpitaux Réunionnais.

Jean-Claude Comorassamy

   

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