Lettre ouverte au ministre de la santé :

Éricka Bareigts demande " Un plan d'urgence pour l'hôpital public français"


Publié / Actualisé
Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la santé Éricka Bareigts, députée et candidate à la mairie de Saint-Denis, note que la crise sanitaire du Covid-19 a permis de mettre en avant les difficultés auxquels sont confrontées les hôpitaux. Elle attire l'attention sur " le mal-être " des soignants, et plus particulièrement " l'urgence de soutenir l'ouverture des lits et de postes dans les services hospitaliers ". Nous publions ci-dessous cette lettre
Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la santé Éricka Bareigts, députée et candidate à la mairie de Saint-Denis, note que la crise sanitaire du Covid-19 a permis de mettre en avant les difficultés auxquels sont confrontées les hôpitaux. Elle attire l'attention sur " le mal-être " des soignants, et plus particulièrement " l'urgence de soutenir l'ouverture des lits et de postes dans les services hospitaliers ". Nous publions ci-dessous cette lettre

Monsieur le Ministre,

La crise Covid-19 que nous avons connue a permis de mettre en avant l’engagement de nos personnels hospitaliers. Sollicités au quotidien, ils ont
répondu présents pour nous soigner et sauver des vies et ce, malgré les conditions difficiles dans lesquels ils évoluent.

En effet et depuis plusieurs mois, les hospitaliers tirent la sonnette d’alarme concernant la fermeture de lits, l’accumulation des heures supplémentaires non rémunérées et des rémunérations en dessous de celles pratiquées dans de nombreux pays de l’OCDE. Ainsi, le salaire moyen des infirmiers en France est de 2 070 euros nets par mois, alors que la moyenne des pays de l’OCDE est à 2 600 euros.

Pour remédier à ce climat difficile dans nos hôpitaux, vous aviez annoncé lors de votre prise de fonction une enquête nationale sur le " mal-
être " des soignants. C’est le Ségur de la santé qui sert aujourd’hui à recueillir les doléances et propositions du monde médical pour la modernisation de notre système de santé. Pourtant, la défiance reste de mise. De nombreux rassemblements initiés par les syndicats et collectifs de
personnels hospitaliers et médicaux ont eu lieu en France hexagonale ce mardi 16 juin et aussi à La Réunion.

Dans notre département, les professionnels se sont également mobilisés pour davantage de moyens, de lits et de personnels, pour un service public de santé de qualité, des rémunérations à la hauteur de leur utilité sociale. Suite à l’engagement présidentiel, la promesse d’une amélioration de leurs conditions de travail doit être tenue.

À ce titre, l’amélioration de l'hôpital public est une des priorités du plan de rebond que mon groupe à l’Assemblée nationale propose : les salaires doivent être augmentés, les personnels écoutés, les moyens mis à leur disposition réévalués. Un plan d'urgence doit être mis en place pour l'hôpital public français et adapté aux situations de chaque territoire.

À La Réunion, ce plan devrait permettre d’une part la réévaluation du coefficient géographique de notre CHU. La Délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale avait rendu le 18 septembre dernier, un rapport sur la situation des CHU de la Guadeloupe et de La Réunion. Comme vous le savez,
la situation de ces établissements publics de soin est particulièrement difficile alors que de nombreux efforts ont été consentis ces dernières années pour réduire de manière structurelle les déficits budgétaires.

Une des pistes de réflexion avancées par les rapporteurs concernait la revalorisation des coefficients géographiques qui sont restés inchangés depuis de trop nombreuses années et qui ne tenaient plus suffisamment compte des surcoûts liés à l’insularité de nos territoires ultra-marins et à leur éloignement de l’Hexagone. Ce rapport venait alors confirmer celui déjà réalisé de manière indépendante par le Cabinet Ernst & Young. Malheureusement, les nombreuses demandes formulées collectivement et individuellement au Gouvernement depuis maintenant près de deux ans sont pour l’instant restées vaines.

D’autre part, notre île traverse depuis plusieurs mois une grave crise sanitaire avec la prolifération de la dengue. Comme j’avais pu vous l’indiquer, les moyens de notre CHU sont pleinement engagés. Cependant, la forte mobilisation de nos personnels lors de cette crise de la Covid-19, ont souligné le fragile équilibre de nos ressources humaines face à la gestion simultanée de deux pandémies. Il apparaît donc nécessaire de surseoir à tout plan de restructuration jusqu'à la fin des concertations sur la réorganisation du système de santé.

Enfin, il apparaît urgent de soutenir l'ouverture des lits et de postes dans les services déjà identifiés. Notre CHU, de par sa construction, doit devenir pleinement l’hôpital français de l’océan Indien. Les évacuations sanitaires de patients mahorais atteints de la Covid-19 ont encore été l’illustration de notre rôle stratégique auprès des autres Français de l’océan Indien.

Monsieur le Ministre, ce Ségur de la Santé doit être à la hauteur, de la situation déjà très précaire de nos services de soins depuis plusieurs années, que de la résilience que ses personnels viennent de traverser. Nous les avons applaudis : maintenant nous devons améliorer leurs conditions de travail.

Je vous prie d’agréer, monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Éricka Bareigts

   

3 Commentaire(s)

Denis, Posté
Ministre elle n a rien fait et aujourd hui elle ose l ouvrir. Étant ministre elle n a fait que faire la belle à paris arrive la bas elle ne connaissait plus la reunion. Électeur de st Denis donnez à la fifi de Annette son reste trankil le 28 juin sa va lui faire clouer le bec
KUNTA KINTé, Posté
Quel est le bilan de cette candidate à la mairie sin dni , ex secrétaire d'état à l'égalité réelle , puis ex ministre des outre mer socialiste , un temps Macron compatible ... Du vent ! Rien que du vent ...

Le 28 juin ... Le vote blanc point trait
Grognon, Posté
je pense que c'est un engagement auquel pourraient se joindre tous les parlementaires, afin de donner de la force à cette juste démarche. nous sommes effectivement la seule structure de haut niveau, en matière de soin, dans cette zone de l'océan indien, et en cas d'épidémie, comme actuellement, la seule structure pouvant apporter des soins aux habitants de la zone.