Tribune libre de Jean-Claude Comorassamy :

L'Usine Sucrière aujourd'hui métamorphosée en jardin merveilleux de mémoire !


Publié / Actualisé
Hier encore, elle était une Usine sucrière perchée à Stella St-Leu, au juste moment où une véritable fièvre du sucre se prospérait sur l'Île. Mais, au fil du siècle, malgré que la vie n'ait pas toujours été " un long fleuve tranquille " pour l'industrie sucrière, personne ne s'attendait à ce tragique destin. Puisque la décision de fermer l'Usine de Stella a été scellée définitivement lors d'un comité industriel et annoncée aux travailleurs lors d'un comité d'entreprise, au deuxième trimestre de 1978. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Hier encore, elle était une Usine sucrière perchée à Stella St-Leu, au juste moment où une véritable fièvre du sucre se prospérait sur l'Île. Mais, au fil du siècle, malgré que la vie n'ait pas toujours été " un long fleuve tranquille " pour l'industrie sucrière, personne ne s'attendait à ce tragique destin. Puisque la décision de fermer l'Usine de Stella a été scellée définitivement lors d'un comité industriel et annoncée aux travailleurs lors d'un comité d'entreprise, au deuxième trimestre de 1978. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Évidemment, l’onde du choc a été immense, et le cataclysme a laissé des traces encore visibles aujourd’hui dans les souvenirs de ces ouvriers en premier lieu. Mais aussi des différents quartiers des alentours, où cette tragédie semble rester gravée à tout jamais dans la mémoire collective.

Á présent, l’Usine de Stella Matutina revit sous une autre forme puisqu’elle est devenue Musée de France sur ce même lieu. Plus d’un siècle et demi d’histoire de l’industrie sucrière à la Réunion et de ces travailleurs " tabisman et de la bitation " qui sont ancrés en ce site pittoresque riche d’un passé.

- Plus d’un siècle et demi d’histoire -

En effet, l’histoire de cette Usine de Stella Matutina prend ses racines dès 1855 par le docteur Jean Dussac, qui acquérait ce vaste terrain agricole d’Appolydor Lesport (sources des archives), lui qui était déjà propriétaire d’un établissement sucrier à la Petite Ravine, pour bâtir cette usine appelée "Stella Maris" puis "Stella Matutina", qui s’agrandira et évoluera petit à petit.

Et c’est en 1956, un siècle plus tard que l’Usine de Stella Matutina a été rachetée par la société des Sucreries de Bourbon, sous l’impulsion de M. Emile Hugot, fut transformée et prendra sa forme actuelle jusqu’à 1978 au moment de sa fermeture, car jugée d’une capacité insuffisante suite au tonnage de canne en diminution, laisse t-on entendre.

- De l’Usine sucrière en Musée de France -

Après 7 ans d’abandon de ce vestige en ruine, lieu qui faisait tout un pan de l’histoire de La Réunion, du sucre et de St-Leu, que le projet de réhabilitation en Muséum agricole va naître vers 1985. Ainsi, le rachat de la vieille Usine " délabrée " fut entrepris par le Conseil Régional de la Réunion, pour une transformation en Muséum agricole, avec l’achat d’environ 85 hectares de terrain qu’on appellera " le grand Stella " coupé par la route des tamarins actuellement.

C'est ainsi, que 26 juillet 1991, la lumière s’éclairait de nouveau à l’Usine de Stella Matutina, puisque la nouvelle " étoile du matin " s’est de nouveau remise à briller jusqu’en 2011.

Une autre étape importante sera franchie en 2011, à travers de nouveau un vaste projet de réhabilitation et de revalorisation qui va être mis en œuvre par la Région Réunion dont l’objectif est de donner un élan nouveau à ce Musée. Les travaux ont duré jusqu’en 2015.

5 années de travaux qui ont entièrement métamorphosé le Muséum en Musée de France en juin 2015, avec des équipements complètement repensés et modernisés aussi bien dans les espaces d’expositions, le parcours muséographique, les espaces d’exposition, l’aménagement d’une plateforme événementielle….etc pour mettre en encore plus en lumière et de raconter l’histoire de l’industrie sucrière de la Réunion, mais surtout de replacer les " travayers tabisman " au cœur de ce Musée de France.

Aujourd’hui, ce jardin de mémoire est mieux aménagé, mieux agrémenté, mieux fleuri de souvenirs, et à chacun encore de semer et d’irriguer ses souvenirs à ce Musée de France, pour que notre jeunesse puisse se nourrir de ces fruits de l'histoire.

Jean Claude Comorassamy.
Ancien "travayer tabisman"de Stella

   

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