Tribune libre de Jean-Hugues Ratenon :

À l'attention du Premier ministre Jean Castex


Publié / Actualisé
Monsieur le Premier Ministre, permettez-moi tout d'abord de saluer votre nomination et de vous souhaiter bon courage dans la mission qui vous attend. Les problèmes sont nombreux et les Français sont dans l'attente de réponses fortes et concrètes afin d'améliorer leurs conditions de vie. La situation économique et sociale était déjà difficile mais elle s'aggrave encore plus avec la crise sanitaire du coronavirus et la période de confinement. Vous le savez surement, l'Outre-Mer est durement frappée par les conséquences de cette pandémie.
Monsieur le Premier Ministre, permettez-moi tout d'abord de saluer votre nomination et de vous souhaiter bon courage dans la mission qui vous attend. Les problèmes sont nombreux et les Français sont dans l'attente de réponses fortes et concrètes afin d'améliorer leurs conditions de vie. La situation économique et sociale était déjà difficile mais elle s'aggrave encore plus avec la crise sanitaire du coronavirus et la période de confinement. Vous le savez surement, l'Outre-Mer est durement frappée par les conséquences de cette pandémie.

Vous allez dans quelques jours prononcer votre déclaration de politique générale et je souhaite que vous n’oubliez pas ces territoires qui font la richesse de la France et la fait rayonner sur toute la planète.

Des territoires où les taux de chômage et de la pauvreté sont les plus élevés de France ; l’INSEE a récemment indiqué que cette pauvreté s’est encore aggravée; une économie très fragile reposant principalement sur l’agriculture, la pêche, la commande publique, le tourisme, les minimas sociaux….
La crise sanitaire que nous traversons occasionnera dès cette année des diminutions de ressources pour l’ensemble des communes, du Département et de la Région.

Pour exemple, à la Réunion : perte de 80 à 100 millions d’euros sur l’octroi de mer ; près de 15 millions d’euros sur la taxe carburant ; diminution des recettes liées à la restauration scolaire.

Ajouter à cela, des dépenses nouvelles que doivent engager les communes pour la sécurité sanitaire du public et du personnel communal. Les budgets des CCAS mais aussi de toutes les Collectivités ont explosé afin de pouvoir aider les plus démunis. Perte de ressources importantes également en raison de l’annulation d’évènements culturels et des manifestations commerciales. Bref, les comptes ne suivent plus.

Comment dans ces conditions réaliser des projets, offrir de vrais services publics, venir en aide aux plus démunis, accompagner les entreprises, si la solidarité nationale ne s’exprime pas ?

De manière détaillée, sur ma conscription, sur 7 mairies, 4 ont changé de majorité. Les nouvelles équipes découvrent une situation financière dégradée voire catastrophique. Ainsi, lors de la cérémonie d’investiture, le nouveau maire de Saint-Benoît a annoncé un déficit de 41 millions d’euros. Cela doit retenir toute votre attention. D’autant plus que l’urgence sanitaire est toujours présente. L’épidémie continue de flamber dans certains territoires ; comme en Guyane ou à Mayotte.

Monsieur le Premier Ministre, n’abandonnez pas ces élus de proximité, en première ligne, en contact direct avec la population. Ils doivent répondre au manque d’emploi, de logement, de l’insécurité, de la dégradation du cadre de vie ; pour ne citer que ceux-là.

Or, il ne reste que 24 jours, pour boucler et faire voter le budget primitif, pouvez-vous les accompagner en proposant de repousser ce délai ?

Allez-vous abandonner la baisse programmée de la DGF et majorer de manière significative l’aide financière aux communes ? Compte tenu de la pénurie d’emploi en Outre-Mer, allez-vous revoir, de façon conséquente, le taux de participation de l’Etat pour le financement des contrats aidés ?

Monsieur le Premier Ministre, quasiment tous les secteurs d’activités sont sinistrés du fait du confinement. L’Outre-Mer est en grande difficulté et attend des réponses précises sur des aides exceptionnelles au nom de la solidarité nationale pour qu’à la crise sanitaire actuelle ne se rajoutent pas une catastrophe économique et sociale.

Nous serons très attentifs à votre déclaration et à votre vision pour le développement des territoires ultramarins.

Je vous prie d’agréer Monsieur le Premier Ministre l’expression de ma Haute considération.

   

3 Commentaire(s)

Cimendef, Posté
Pour le déficit il devrait en parler à son ami Jean Claude Fruteau qui en est le père. Voilà le résultat de trente années de gestion Fruteau, la COVID19 n'y est pour rien.
John, Posté
41 millions d'euros de dettes.
Pour le déficit, on attend l'audit.
Citoyen, Posté
M RATENON AJOUTER A VOTRE DEMANDE POUR LA TRANSPARENCE DE LA VIE POLITIQUE LOCALE QUE TOUT CANDIDAT A LA TÊTE D UNE COLLECTIVITÉ SOIT SOUMISE A LA MÊME RÈGLE QUE POUR LA NOMINATION DES MINISTRES ET APRÈS IL Y AURA UN SURSAUT D ELECTEURS.