Tribune libre d'Emmanuel Doulouma :

"J'invite les 24 maires de La Réunion à déclarer l'état d'urgence climatique et environnemental"


Publié / Actualisé
C'est leur premier acte en tant que maire : à Strasbourg, Bordeaux et Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, Jeanne BARSEGHIAN, Pierre HURMIC et Harry DURIMEL, trois maires écologistes tout juste élus, déclarent l'état d'urgence climatique sur leur territoire. Des centaines de conseils municipaux à travers le monde ont pris le même engagement. Mais celui-ci doit impérativement s'accompagner d'une action climatique ambitieuse, au risque de perdre tout sens. Et à La Réunion ? Quant est-il ?
C'est leur premier acte en tant que maire : à Strasbourg, Bordeaux et Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, Jeanne BARSEGHIAN, Pierre HURMIC et Harry DURIMEL, trois maires écologistes tout juste élus, déclarent l'état d'urgence climatique sur leur territoire. Des centaines de conseils municipaux à travers le monde ont pris le même engagement. Mais celui-ci doit impérativement s'accompagner d'une action climatique ambitieuse, au risque de perdre tout sens. Et à La Réunion ? Quant est-il ?

Aujourd’hui, nul ne peut nier que le climat et le vivant sont en danger et les causes en sont multiples : surexploitation des ressources, absence de préservation efficace des espèces, pollution de l’ensemble des écosystèmes etc.

L’inquiétude est grande face aux conséquences désastreuses du dérèglement climatique. En effet, selon le dernier rapport du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), il faudrait limiter la hausse des températures à 1,5° au-dessus des moyennes préindustrielles. Il s’agirait ainsi d’éviter des bouleversements irréversibles pour notre planète et, par répercussion, sur l’ensemble des êtres humains qui la peuplent.

Nous détruisons l’équilibre du vivant par nos activités, nos modes de vie et nos comportements : 85% des zones humides, 75% des surfaces terrestres et 66% du milieu marin sont " sévèrement altérés " par l’activité humaine.

A titre d’exemple local, à cause de la montée des eaux, un enfant né aujourd’hui pourrait connaître un monde où les plages du sud et de l’ouest auront disparu tout comme une grande partie de nos récifs coraliens. Les effets des cyclones seront de plus en plus dévastateurs avec un risque de tsunamis particulièrement destructeur. Enfin, comme beaucoup de pays développés, notre territoire devra faire face à la migration des populations fuyant leur pays sinistré par le chaos climatique.

Pour ce qui est du vivant, le rapport de la Plateforme Intergouvernementale sur la Biodiversité et les Services Ecosystémiques (IPBES) annonce la disparition d’1 million d’espèces végétales et animales dans les prochaines décennies. Ici à La Réunion, le Pétrel de Barrau, le tuit-tuit et le gecko vert de Manapany sont grandement menacés, tout comme de nombreux animaux marins.

Vous l’aurez compris, nous devons, sans plus attendre, limiter voir interrompe cet " effet domino ".

Il est encore temps d’enrayer cette course au désastre par des changements rapides et profonds de notre mode de vie.

Soutenu par l’ensemble des citoyens responsables et soucieux du monde dans lequel eux-mêmes et leurs descendants vont vivre, le changement peut et doit venir des collectivités territoriales, et donc des communes : 50 à 70% des solutions pour le climat se situent à l’échelle locale selon le rapport du GIEC, par exemple : revégétalisation de nos villes, lancer un plan risques majeurs, interdire l’artificialisation des sols naturels dont notre littoral, développer les nouveaux modes de transports alternatifs au tout automobile (vélo et tram), mettre en œuvre un plan de rénovation énergétique ambitieux, mettre en place une stratégie de commandes publiques vertueuses et accompagner la transformation écologique de toutes les entreprises du territoire, favoriser les circuits cours, relocaliser l’économie réunionnaise et aller vers l’autonomie alimentaire avec un nouveau modèle agricole basé sur l’agriculture biologique.

Face à l’urgence climatique et environnementale, faisons donc en sorte que cet impératif écologique irrigue toutes nos politiques.

C’est pourquoi j’invite les 24 Maires de La Réunion, les 5 présidents d’intercommunalités et leur conseil municipal et communautaire, de déclarer l’ETAT d’URGENCE CLIMATIQUE et ENVIRONNEMENTAL et de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour y faire face. Que vos engagements pris lors de vos campagnes électorales deviennent des actes forts, ambitieux et collectifs !

Permettez-moi de reprendre en créole les mots du nouveau maire écologiste de Bordeaux : " Non l’écologie la pas po puni a nou, seul’ment rien fé sa mêm va puni a nou. "

Avec vous les maires, nous pouvons agir pour le climat et notre environnement afin d’impulser une " Réunion + Verte " !

Emmanuel Doulouma, porte-parole du collectif : La Réunion + Verte, Démocratique et Solidaire.

   

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