Tribune libre de Jean-Claude Comorassamy :

Monsieur le Secrétaire d'État, le coronavirus va-t-il affecter le mode de vie de demain ?


Publié / Actualisé
Profitant de la venue de monsieur Adrien Taquet Secrétaire d'État chargé de l'Enfance et des Familles, qui sera présent à la Réunion dès ce mardi 27 octobre, pour lui dire l'inquiétude que j'ai de cet " isolement social " décrété dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Moi, qui a été éducateur en pédopsychiatrie, d'une vie professionnelle de plus de quarante ans dans cette institution de santé dont mon objet principal a été de favoriser la relation, l'inclusion dans l'accompagnement, l'aide, soutien....etc. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Profitant de la venue de monsieur Adrien Taquet Secrétaire d'État chargé de l'Enfance et des Familles, qui sera présent à la Réunion dès ce mardi 27 octobre, pour lui dire l'inquiétude que j'ai de cet " isolement social " décrété dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Moi, qui a été éducateur en pédopsychiatrie, d'une vie professionnelle de plus de quarante ans dans cette institution de santé dont mon objet principal a été de favoriser la relation, l'inclusion dans l'accompagnement, l'aide, soutien....etc. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Alors qu’aujourd’hui, la politique actuelle consistant momentanément heureusement à limiter les interactions sociales entre les personnes, familles….etc, place désormais la distanciation et l’évitement, les moyens incontournables de la lutte contre une propagation du virus,  pour se protéger et protéger les autres.

N’empêche, a-t-on mesuré les conséquences possibles pour la société de demain ? Imaginez-vous un bébé privé d’affect de ses parents et de tout son entourage familial, comment va-t-il grandir ? Comment va-t-il se construire ? Il y aura-t-il des conséquences sur son parcours de vie ? Comment faire pour nos personnes âgées, si fréquemment seules, isolées et souvent avec peu de ressources ? Comment faire avec un enfant atteint d'autisme? Bien que connaissant que tout être humain a besoin de relation encore plus si on est un enfant, une personne âgée voire une personne handicapée.

Visière, masque, plexiglas…sont devenus notre quotidien

Effectivement, les gestes barrières proposés ne sont que temporaires mais nécessaires pour la lutte contre le coronavirus dont je m’inscris fortement et en totalité. Mais l’impact ne risque t-il pas durablement affecter nos relations, si la crise sanitaire se perdure ?

Aujourd’hui, visière, masque, plexiglas…sont devenus notre quotidien. Alors que nous savons surtout à la Réunion que les poignées de main sont la première porte d’entrée d’une relation.

Vraiment, nos habitudes de vie ont bien changé en l’espace de quelques mois. Á travers une limite des contacts interpersonnels et professionnels, à savoir, éviter les poignées de main, les bises, les embrassades… de manière générale s’abstenir de toutes manifestations physiques d’affection, pour ceux qu’on aime, ceux qui sont en fin de vie, nos gramounes qui ont besoin et en demande d’affection, d’amour, pour ceux qui sont malades ou en souffrance, ceux qui attendent de l’aide…etc, etc.

Malgré tout, il est important de continuer à respecter de manière stricte tous les gestes barrières préconisés, notamment la distanciation sociale. Mais nous ne pouvons pas nous interdire de réfléchir et à nous interroger à cette société de demain qu'on peut forger dès aujourd’hui !

Bref, d’une note plus positive pour terminer, de nombreux experts pensent que nous pourrions en finir beaucoup plus tôt avec la COVID-19 grâce à un vaccin. Alors, espérons que ce vaccin,  va nous permettre de retrouver bien vite nos habitudes qui sont les plus traditionnelles, celles qui ont toujours jalonnés notre vie quotidienne et de notre vivre ensemble. Mais, en absence de traitement, la meilleure des protections pour combattre le virus, pour se protéger et protéger le autres, pour être bien ensemble, il est indispensable de respecter de manière stricte " tous les gestes barrières". Soyons solidaires et responsables.

Jean Claude Comorassamy, Éducateur retraité

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !