Tibune libre des FDGR :

La relance économique et l'emploi: rupture d'égalité devant la loi


Publié / Actualisé
Le front de gauche de La Réunion dénonce "la suppression pure et simple des emplois aidés" par le gouvernement. Nous publions ici le communiqué de Jean-Paul Panechou. (photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le front de gauche de La Réunion dénonce "la suppression pure et simple des emplois aidés" par le gouvernement. Nous publions ici le communiqué de Jean-Paul Panechou. (photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

12.000 PEC préfectoraux en guise de relance de l’emploi des jeunes. Attitude noble en surface, qui cache pourtant à y creuser un peu plus, la suppression pure et simple des emplois aidés telle qu’annoncée par le Président de la République en personne depuis le début de son mandat.

“Que ceux qui les défendent les prennent…” avançait-il à l’époque. Entre temps Gilets jaunes, crise sanitaire et donc crise économique. Autres temps, autre moeurs, plan de relance, pleins feux sur l’emploi des jeunes. En avant toute. Annonce en grande pompe, coup marketing “1 jeune 1 solution”. Apprentissage, contrat de professionnalisation, PEC, emplois francs, “il suffit désormais de sauter la rue pour trouver un emploi”. En apparence, on aura tendance à dire que le gouvernement a mis le paquet, mais seulement en apparence.

Le cercle infernal de l’apprentissage

Avant la réforme de 2018 (loi avenir et formation du 05 septembre 2018), l’apprentissage était l'apanage des chambres consulaires qui procédaient à l’enregistrement et à la gestion de ces derniers. Situation de quasi monopole peut être mais le système fonctionnait. Les jeunes étaient enregistrés en qualité d’apprenti en temps et en heure, les maîtres d’apprentissage gratifiés au mérite de leurs transmissions du savoir dans les temps. “Le mieux étant l’ennemi mortel du bien” il a fallu mettre fin à ce système au nom d’une certaine libéralisation de l’économie et du sacro saint principe d’égalité. Pourquoi pas! Désormais tous les organismes de formation voire même certains grands groupes ont vocation à être, devenir, demeurer, rester, sembler des Centres de Formation d’Apprenti.

Au surplus l’aide à l’employeur passe de 4125€ à 5000 ou 8000€ selon l’âge des jeunes. La belle affaire.

Mais en réalité c’est plutôt le gros bordel!!! Des services administratifs impréparés tant en en moyens qu’en ressources à la gestion des contrats d’apprentissage, des patrons engagés n’ayant perçu aucune aide depuis la signature des contrats d’apprentissage, des CFA noyés dans les nébuleuses réglementaires réécris chaque fin de semaine, bref c’est le gros bordel. Mais c’est l’intention qui compte. “L’enfer est aussi pavé de  bonne intention”. Donc, bienvenue dans l’enfer de l’apprentissage.

Lo PEC lé mor, vive la “prime lo mor”

Et comme s’il fallait rajouter une couche, effet marketing l’oblige toujours, voilà que l’on nous annonce la semaine dernière que les contrats PEC (Parcours Emploi Compétence) seraient dorénavant réservés aux moins de 26 ans. "1 jeune 1 solution". Là c’est un jeune 2 solutions. Mais en vérité, sous couvert de tout miser sur les jeunes, l'Etat s’est désengagé envers une certaine catégorie de personnes ( les plus de 26 ans) tout en privant de sa substance le dispositif PEC lui-même. Pensez vous réellement qu’un patron va choisir de signer un contrat PEC avec un jeune, l’aide de l’Etat n’étant que de 50%, alors qu’un apprenti ne lui coûte quasiment rien!!! En ne réservant ce dispositif PEC qu’aux moins de 26 ans, le pouvoir déconcentré a bel et bien voulu marginaliser ce dispositif d’emploi aidé au point de le rendre inerte, tel une coquille vide. Et les plus de 26 ans dans tout ça? Lâchés, abandonnés, oubliés, laissés pour mort, donc l’Etat verse la prime “lo mor” . 150 € versés ponctuellement en novembre: une goutte d’eau dans un océan de misère. Oui, ce sont eux, les plus de 26 ans qui bénéficient des minima sociaux, du RSA.

Dans un dernier zeste de bonté, et comme un semblant d’assistance à personne en danger, les aides allouées aux emplois francs passent de 5000 à 7000€. Sauf qu’en plus des conditions d’éligibilité s’ajoutent celles de la résidence des demandeurs d’emploi; les fameux Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV). Vous avez plus de 26 ans mais n’habitez pas dans un quartier reconnu prioritaire, aucune aide à l’embauche pour vous. En plus si vous habitez Bras-Panon, Salazie, Cilaos, Trois-Bassins, Saint-Philippe, Sainte Rose, Etang Salé, La Petite île ou la Plaine des Palmistes n’y pensez même pas, contentez vous de la “prim lo mor”. Les autres ayez juste l’espoir que votre Quartier soit reconnu comme “Prioritaires”.

Pourtant notre constitution dans son article 1er affirme que “La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion”.

Le préambule de la Constitution de 1946 rappelle dans son son article 5 que “chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances”. Nous voyons bien que le pouvoir central traite les Outre-Mers comme sous-ensemble de l'hexagone. “Ile de Réunion France d’en bas de là bas”.

Tous les Présidents et gouvernement de la 5ème République ont échoué sur l’emploi et la formation excepté un seul Lionel Jospin Premier ministre de 1997-2001 avec le dispositif de la loi Aubry les 35 Heures créer entre 300.000 et 400.000 emplois il fallait aller encore plus loin c’est à dire 32 Heures de travail par semaine dommage que l’UMP- le Modem et l’UDI ont freiné ce dispositif pour le remplacer par le syndrome de Nicolas Sarkozy “Travailler plus pour gagner plus” et le dispositif des emplois-jeunes s’est 310.000 créés dans la fonction publique et l’Associatif une étude du ministère du Travail, 74% des jeunes embauchés 1999 en emplois- jeune ont trouvé un emploi après leur sortie dont 54% en CDI dans la fonction publique à La Réunion l’ancien Maire Michel Tamaya avait recruté 600 jeunes en emplois-jeunes à la Mairie de Saint-Denis tous ont été intégrés en CDI.

Depuis 50 ans La Réunion a connu que des petits boulot de Quinzaine chômage à TUC- CES- Contrat d’Avenir et aujourd’hui PEC.

Zéleksyon i ariv’ vot pou mwin,mi donn aou in travay!
arèt roul lé Gas dann la farinn!
Ziskakan gouvernement ek bann politk va roul lé Gas!

FDGR!

   

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