Courrier des lecteurs de Jean Claude Comorassamy :

La Région Réunion fruit d'une construction sur près d'un demi-siècle


Publié / Actualisé
Au terme d'un processus de près d'un demi-siècle, d'abord de déconcentration puis de décentralisation, que notre Région Réunion a pris la forme qu'on connait aujourd'hui.
Au terme d'un processus de près d'un demi-siècle, d'abord de déconcentration puis de décentralisation, que notre Région Réunion a pris la forme qu'on connait aujourd'hui.

D’après les diverses sources des archives régionales et des divers textes à caractères règlementaires, nous enseignant que l’esquisse du projet s’est dessinée à travers la Loi du 5 juillet 1972. Ce qui témoigne d’une volonté forte de transfert de compétences de l’État, par la création des Établissements Publics Régionaux (EPR) sur toute la France dont la Réunion.

C’est ainsi, que la réforme de juillet 1972 organise l’Administration Régionale autour de trois instances : le Préfet de Région (créé dès 1964), le Conseil Régional et le Comité Économique et Social (CES). A cette époque, l’exécutif Régional était aux mains des Préfets nommés par l’État.

Cependant, il a fallu attendre la Loi de décentralisation du 2 mars 1982, et par la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, pour que notre Région accède au rang de collectivité territoriale, reconnue par  la Constitution.

Dès lors sa création en Collectivité Régionale, elle fût dotée de pouvoirs et de compétences propres, concernant principalement l'aménagement du territoire, le développement économique, l’éducation et la formation professionnelle. Par la suite, la protection du patrimoine, le développement des ports maritimes, les routes et des aérodromes. Ainsi que la mise en œuvre d’un plan régional pour la qualité de l'air, classement des réserves naturelles régionales, l’environnement….etc, etc.

D’Établissement Public Régional en Région Réunion

C’est ainsi que depuis ce demi-siècle à la Réunion, 8 présidents se sont succédé à tête de la Région. Pendant les 10 années d’Établissement Public Régional (EPR), il a eu M. Marcel Cerneau de 1973 à 1978 et de 1978 à 1983 M. Yves Barau. Cette assemblée était composée de tous les parlementaires de la Réunion et, en nombre égal, de représentants nommés par le conseil général et les municipalités.

Finalement, c’est le 20 février 1983 que l'actuelle Région Réunion apercevait le jour avec la dissolution de l'Établissement Public Régional. Une naissance institutionnelle marquée à la Réunion par l’élection de M. Mario Hoarau, élu président du nouveau Conseil Régional par 22 voix au bénéfice de l’Âge. Malgré que la droite était majoritaire de 23 voix sur les 45 conseillers régionaux fraichement élus.

C’est l’indisponibilité d’un conseiller de droite à l’assemblée, que le rapport de force a été modifié.  Cette défection liée à un accident grave sur la route du littoral, a permis à la gauche de diriger le Conseil Régional de 1983 à 1986 avec cette élection de M. Mario Hoarau, qui fut aussi le maire de St-Leu de 1983 à 1989.

Puis, de 1986 à 1992, la droite avec M. Pierre Lagourgue qui présidera la Région. Par la suite, la liste Free- Dom et en l’occurrence M. Camille Sudre qui a pris les règnes de la Région de 1992 à 1993. Après, le tour de Mme Margie Sudre de 1993 à 1998. Ensuite, l’union de la gauche avec M. Paul Vergès de 1998 à 2010 qui s’installera à tête de la pyramide inversée et enfin l’union de la droite de 2010 donna raison à M. Didier Robert pour diriger la Région Réunion jusqu’en 2021, soit deux mandats consécutifs. En attendant les nouvelles élections prévues pour l’année 2021. C’est ainsi, que le mandat de ces conseillers régionaux s’achèvera d’ici l’année prochaine.

Et, il faudra sans doute à un moment donné et avec objectivité, mesurer le chemin régional parcouru depuis ce demi-siècle et de cette dernière décennie, à travers aussi notre taux de chômage et de chômage des jeunes, de pauvreté, d’illettrisme...etc. De se poser la question quelle politique régionale qui fédère le plus grand nombre et qui ne laisse personne au " bord du chemin " ?

Pour conclure, que ces crises : sanitaire, économique, sociale, écologique et la crise des " gilets jaunes "…. Soient fertiles à construire un nouveau projet régional plus solidaire qui fédère l’ensemble des réunionnais et des partis politiques. Mais qui serait mis en œuvre que par des élus non cumulards. C’est le seul moyen de garantir une démocratie apaisée et de démocratiser la vie politique : un homme (ou une femme), un mandat. Bref, le devoir de sincérité de la parole  politique devient une obligation pour réinstaurer la confiance.

Jean Claude Comorassamy
Saint-Leu

   

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