Tribune libre de la fédération nationale des transports de voayeurs (FNTV) :

Transport collectif : 2021, l'année des choix pour La Réunion


Publié / Actualisé
D'une manière générale, l'évolution de notre civilisation s'accompagne d'une augmentation de la demande de transport, et a fait de la mobilité des personnes un moteur et une caractéristique essentielle de nos sociétés modernes. La Réunion en est une illustration.
D'une manière générale, l'évolution de notre civilisation s'accompagne d'une augmentation de la demande de transport, et a fait de la mobilité des personnes un moteur et une caractéristique essentielle de nos sociétés modernes. La Réunion en est une illustration.

Les difficultés à se déplacer constituent des obstacles majeurs à l'amélioration des conditions de vie des Réunionnais. La faiblesse de l'offre de service de transport, l'absence de voies dédiées et le difficile accès aux moyens de transports sont des problèmes récurrents pour la population locale.

Alors que plus de 300 000 véhicules circulent chaque jour sur les routes réunionnaises et que chaque année 30 000 nouveaux viennent grossir ce chiffre, le temps de la concrétisation est venu pour que de véritables alternatives au transport urbain et interurbain voient le jour à La Réunion.

Le problème de la mobilité permet d'envisager les aspects économiques, sociaux et environnementaux. Les changements de comportements conjugués à des évolutions effectives de modes de déplacement sont les enjeux principaux de toute politique de mobilité durable.

Depuis ces dernières décennies, les entreprises réunionnaises de transport de voyageurs n'ont pas ménagé leurs efforts pour la modernisation de leur flotte de véhicules et la gestion de leurs structures par des formations régulières de leurs conducteurs, leurs mécaniciens et leurs techniciens d'exploitation. Ceci afin de répondre au mieux au confort des voyageurs.

Aujourd'hui, le secteur représente 1% du PIB de La Réunion et 2,5% des emplois de l'île. Soit, 175 millions d'euros de charges annuelles d'exploitation, y compris le transport scolaire, et 3 000 salariés. A cela s'ajoutent un parc total de 2300 véhicules de transports de personnes qui assurent quotidiennement 2,5 millions de déplacements sur toute l'île.
Ce qui place notre île au premier rang des entreprises de transport public d'Outre-mer. Une réussite illustrée par le savoir-faire réunionnais qui s'exporte désormais aux delà de nos frontières, à Mayotte et en Guyane.

Pourtant, depuis 20 ans, la part de transport en commun, 7%, n'a pas évoluée malgré l'ambition affichée, notamment par les collectivités de doubler, voire de tripler ce chiffre. Pour atteindre cet objectif, cela reviendrait à transporter plus de 600 000 voyageurs par jour contre 200 000 actuellement. Pour la FNTV, il s'agit bien là, d'un problème de déficit de l'offre de transport. Actuellement, le réseau interurbain Car Jaune assure 1 passage en moyenne par heure. Il en va de même pour l'urbain avec une fréquence de passage des bus supérieur à 1h en moyenne.

Il est urgent que La Réunion opère un choix stratégique partagé avec l'ensemble des acteurs des transports de voyageurs.

L'option ferroviaire retenue par certaines collectivités, dont La Région ne correspond pas à l'urgence de la situation, aux réalités de financements publiques, mais surtout ne répond pas aux besoins du territoire. Le coût d'infrastructure du BHNS (Bus à haut niveau de service) est estimé à 7,5 M€ du km contre 30M€ / km pour le mode rail. Le coût d'exploitation du BHNS reviens à 6€ pour le BHNS contre 12€ pour le ferré.

La FNTV Réunion déplore la surenchère des projets ferrés qui s'élèvent au total à 5,850 Milliards € : - Duparc - Bellepierre est évalué à 400 M€ - Saint-Benoît - Saint-Joseph (par l'Ouest), environ 5 Milliards € - TAO porté par la Cinor (La Mare - Le Barachois) 450 M€

Vu ces montants démesurés au regard d'un territoire de plus d'1 million d'habitants en 2050 et son chef-lieu de 274 000 habitants (sources Insee), au coût moyen d'exploitation (12€/km) pour le rail, aux délais de réalisation, aux contraintes financières des collectivités, la solution BHNS est de toute évidence la plus raisonnable.

A qualité de service égale, le choix du BHNS priorise l'emploi local et les entreprises réunionnaises.

Le choix du BHNS c'est également la création d'une nouvelle filière énergétique avec l'hydrogène décarbonnée. Là aussi, le secteur réunionnais du transport de voyageurs, peut être pilote et moteur dans la création de cette nouvelle filière génératrice d'emplois.

Le choix du BHNS est l'assurance d'une valeur ajoutée pour La Réunion

Pour cette nouvelle année, qui nous l'espérons sera celle de l'espérance, notamment sur le plan sanitaire, la FNTV Réunion émet le voeu d'une prise de conscience des collectivités sur l'urgence d'améliorer quantitativement et qualitativement l'offre de transport en : rendant les temps de parcours plus attractifs des voies dédiées aux transports en commun - augmentant le nombre de bus - mettant en avant l'option BHNS

Avec les prochains rendez-vous politiques prévus au mois de juin, Régionales et Départementales, l'année 2021 sera l'année des choix. Celui d'une politique de mobilité partagée et réaliste, ou celui d'une politique récurrente du " gagner du temps " avec des projets intergénérationnels.

Nous retiendrons les paroles du Général de Gaulle en mars 1961 lors du lancement du programme de construction des grandes infrastructures de transport en France : " Une civilisation qui se déplace avec difficulté, est une civilisation en voie de disparition ".

Excellente année à nos 160 000 voyageurs quotidiens, aux entreprises de transports publics et à leurs partenaires, aux autorités organisatrices de mobilité (AOM). Bon voyage à tous en 2021 !

Bruno Fontaine
Président de la FNTV Réunion

   

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