Obsèques de Gramoun Lélé :

Lélé la parti voir Bon Dié


Publié / Actualisé
Plus de 2 000 personnes ont assisté ce mardi 16 novembre 2004 à Saint-Benoît aux obsèques de Gramoun Lélé, l'un des plus grands chantres du maloya (la musique et la danse des esclaves) décédé le dimanche 14 novembre. "Lélé la parti voir bon Dié" (Lélé est allé voir le Bon Dieu - en créole réunionnais) et c'est au rythme du maloya que sa famille, ses amis, de très nombreux représentants du monde culturel ou de simples anonymes l'ont accompagné jusqu'à sa dernière demeure
Plus de 2 000 personnes ont assisté ce mardi 16 novembre 2004 à Saint-Benoît aux obsèques de Gramoun Lélé, l'un des plus grands chantres du maloya (la musique et la danse des esclaves) décédé le dimanche 14 novembre. "Lélé la parti voir bon Dié" (Lélé est allé voir le Bon Dieu - en créole réunionnais) et c'est au rythme du maloya que sa famille, ses amis, de très nombreux représentants du monde culturel ou de simples anonymes l'ont accompagné jusqu'à sa dernière demeure
Le cortège funéraire a quitté le domicile de Gramoun Lélé à Bras fusil vers 15 heures. Ses enfants, il en a eu 13, ses petits-enfants et ses arrières petits-enfants, il en a eu 84, ouvrent la marche. Ils chantent, ils dansent. Le chagrin est présent, palpable mais la tristesse est maîtrisée, dominée par la puissance du maloya. Celui que Gramoun Lélé chantait de toute son âme en hommage à ses ancêtres malgaches qui venus en esclaves dans l'île ont contribué à donner au peuple réunionnais la force de son identité.
C'est grâce à ce maloya que "Gramoun Lélé a fait connaître La Réunion dans le monde entier. Il a bien travaillé, il a réussi sa vie" disait le curé de Saint-Benoît dans son sermon prononcé en créole.
Avant cela le ch?ur de l'église bénédictine a longuement vibré au rythme du rouler et des kayambs. Tout un symbole puisqu'il y a à peine 25 ans, le maloya était interdit par la société dite bien pensante et ne pouvait exister qu'à travers des kabars (concerts - en créole réunionnais) clandestins. Qu'il soit aujourd'hui officiellement reconnu comme faisant partie intégrante de la culture réunionnaise est aussi l'?uvre de Gramoun Lélé, de ses dalons (amis - en créole réunionnais) le Rwa Kaf mort en juillet dernier de Firmin Viry venu mardi rendre un dernier hommage à son vieil ami.L'?uvre aussi de ses héritiers, Thierry Gauliris, du groupe Bastèr, Danyèl Waro, les Tambours sacrés, François Baptisto... Eux et bien d'autres étaient présents aux obsèques.
Porté à bout de bras le cercueil de Gramoun Lélé a ensuite été porté jusqu'au cimetière de Saint-Benoît. Il a été mis en terre au son de Soley, l'une de ses chansons les plus connues.
Le maloya a encore longuement raisonné. Il raisonnera sans doute encore longtemps, car selon l'expression de Firmin Viry : "Lélé la rant sou tèr mai son bann zistriman lé enkor la é si boug la o i rogard anou, nous va kontinyé fé viv azot" (Lélé est sous terre, mais ses instruments sont encore là et si Dieu nous aide nous allons continuer à les faire vivre - en créole réunionnais).
   

1 Commentaire(s)

Le chef, Posté
un monstre du maloya réunion,un grand homme immortel par sa music et sa culture