Exposition sur les animaux disparus de la Réunion :

À la recherche de la biodiversité perdue


Publié / Actualisé
Pléthorique hier, rare aujourd'hui, l'appauvrissement de la faune dans l'île inquiète. A partir de mardi 14 novembre 2006, le muséum d'histoire naturelle propose une exposition sur les animaux disparus de la Réunion. Un cycle de conférences donné par Cécile Mourer-Chauviré les évoquera afin de mieux comprendre l'évolution des espèces animales en milieu insulaire. Au final, le but est de protéger les espèces endémiques qui subsistent.
Pléthorique hier, rare aujourd'hui, l'appauvrissement de la faune dans l'île inquiète. A partir de mardi 14 novembre 2006, le muséum d'histoire naturelle propose une exposition sur les animaux disparus de la Réunion. Un cycle de conférences donné par Cécile Mourer-Chauviré les évoquera afin de mieux comprendre l'évolution des espèces animales en milieu insulaire. Au final, le but est de protéger les espèces endémiques qui subsistent.
Difficile aujourd'hui, d'imaginer une île de la Réunion grouillant d'animaux, reptiles et autres chauves-souris. Ce fut pourtant le cas, avant l'arrivée des hommes, puis des rats, des chats... En fait, des mammifères.
Au total, ce sont trois espèces de chauve-souris, 22 espèces d'oiseaux, trois espèces de reptiles qui ont disparu à jamais. Pour expliquer le phénomène et sensibiliser le grand public, le muséum d'histoire naturelle organise une exposition à partir de mardi 14 novembre. Des carapaces des tortues, des reconstitutions d'oiseaux éléphants de Madagascar ou encore de dodos seront exposées au premier étage du musée. Car avant l'arrivée des hommes, la faune était abondante et variée dans l'île. En 200 ans, la présence humaine a décimé la plupart des espèces animales présentes initialement. Les tortues furent mangées, les oiseaux chassés. Pire encre, avec l'homme, arriva le rat dont sont infestées les cales des bateaux... Rongeur carnivore qui s'est rapidement attaqué aux ?ufs et aux oiseaux eux-mêmes, il présente toujours un danger réel. Pour le combattre, des chats furent introduits, mais ils ne mangèrent pas que des rats, de nombreux oiseaux y passèrent aussi. Car sur les îles, les espèces animales évoluent de manière particulière. L'absence de prédateurs et de compétiteurs dans les premiers moments de leur évolution entraîne notamment un changement de taille et une démographie ralentie. Ce qui les rend plus vulnérables et peu craintifs. " Toute cette île est emplie d'une infinité de gibiers dont je décris partie. Les oiseaux d'une quantité d'espèces y sont en grand nombre et si familiers quand on les prend à la main. Ainsi, on n'a point besoin de fusil, poudre, ni plomb pour aller les chasser ", explique Dubois dans un témoignage de 1672. C'est sur ses écrits que se basent de nombreuses pistes de recherches.

L'homme, le plus grand prédateur

Mais aujourd'hui, les espèces endémiques présentes à la Réunion sont toutes de petite taille et menacées. Principal prédateur : l'homme qui chasse notamment le papangue en l'accusant d'être un voleur de poules. Il n'en reste plus que 150 couples. Le tuit tuit est un des oiseaux les plus menacés au monde. Le rat qui mange les ?ufs, le chat qui s'attaque directement aux oiseaux mais aussi les furets présentent aujourd'hui un risque majeur pour la biodiversité. Les chats, comme les furets, sont relâchés dans les hauts par des propriétaires lassés de leur présence et ils redeviennent sauvages très facilement. Et comme il s'agit d'animaux domestiques, il est impossible d'engager une action telle qu'on la pratique pour les rats. La seule solution est de ne pas relâcher son animal domestique dans la nature mais de la laisser à la SPA si on ne peut plus s'en occuper. La prise de conscience est urgente pour la survie de nombreuses espèces.

Espèces introduites et dangereuses

Parallèlement aux disparitions, d'autres espèces d'oiseaux ont été introduites, comme les béliers, martins ou encore bul bul orphée. Et là, le problème se répète : très compétitif, le bul bul orphée risque d'éliminer d'autres types d'oiseaux. Parmi les espèces d'oiseaux, certaines existent toujours mais ne viennent plus à la Réunion. C'est le cas par exemple du flamand rose qui était souvent décrit comme courant à l'étang du Gol mais qui aujourd'hui, ne se rend plus dans l'île. D'autres espèces, comme le solitaire, la huppe ou le perroquet mascarin se sont complètement éteintes. C'est aussi le cas du hibou ou du faucon dont des restes ont été retrouvés. En revanche, pour l'équipe de Cécile Pourer-Chauviré, il n'y a jamais eu de dodo à la Réunion. Des ossements d'ibis ont été retrouvés en nombre et les descriptions des voyageurs ne correspondent pas à celles de dodos. Désolé pour la légende... Par ailleurs, les tortues terrestres pays, autrefois principale source de viande, n'existent plus aujourd'hui. Celles importées et qui se multiplient dans les ravines de l'ouest sont carnivores et présentent un réel danger pour la faune aquatique.

Cycle de conférences

Pour expliquer ce phénomène, le muséum d'histoire naturelle organise trois conférences données par Cécile Pourer-Chauviré, paléontologue, spécialiste des avifaunes des gisements quaternaires et tertiaires. Entre 1987 et 2000, elle a participé activement à la recherche de la faune disparue de la Réunion. L'exposition du muséum est le fruit de son travail et de celui de son équipe. Un travail de fourmi mais précieux d'enseignements sur la richesse passée de la biodiversité pays.
   

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