Miriam Makeba mardi soir devant le théâtre de Champ Fleuri :

Le cadeau de la diva africaine


Publié / Actualisé
Icône de la liberté, de la tolérance et de l'espoir, Miriam Makeba chante ce mardi 19 décembre 2006 pour l'abolition de l'esclavage devant le théâtre de Champ Fleuri. La grande dame, que l'on surnomme Mama Africa, respire la sagesse et la générosité. Avec Ziskakan et des musiciens mozambicains en première partie, ce 20 décembre 2006 s'annonce plus que jamais ouvert sur l'Afrique.
Icône de la liberté, de la tolérance et de l'espoir, Miriam Makeba chante ce mardi 19 décembre 2006 pour l'abolition de l'esclavage devant le théâtre de Champ Fleuri. La grande dame, que l'on surnomme Mama Africa, respire la sagesse et la générosité. Avec Ziskakan et des musiciens mozambicains en première partie, ce 20 décembre 2006 s'annonce plus que jamais ouvert sur l'Afrique.
Une note, puis un chant. En anglais puis en zhoxa. Une voix puissante, sensible, généreuse, rauque et envoûtante.... Miriam Makéba a offert quelques minutes de grâce aux journalistes venus la rencontrer, lundi 18 décembre, arrachant les larmes à Nassimah Dindar, émue par tant de charme. Son nom sonne comme un symbole et son histoire rime avec combat. Dans la joie, toujours. Grâce à ce talent, ce don du ciel qui lui permet d'exorciser les épreuves dans la chanson. Ce soir, devant le théâtre de Champ Fleuri, elle donnera son dernier concert, point d'orgue d'une tournée internationale d'adieu débutée en septembre 2005 au Cap. Ce denier concert ne signifie pas dernière chanson : "tant que j'aurai de la voix, je chanterai. Si on me demande de venir et que je peux, je le ferai", dit la chanteuse sud-africaine. Si elle ne chante pas, elle est malheureuse. Les vocalises lui donnent du bonheur, même si elles évoquent la souffrance. Sa vie, faite d'exil et de lutte pour la liberté lui a offert neuf passeports, des arrières petits-enfants et une carrière de chanteuse internationale qui s'achève donc ce soir. "J'ai 75 ans et je chante depuis 52 ans. Je suis fatiguée". De Paris à Tokyo et de New York à Johannesburg, on la compare à Ella Fitzgerald. Elle a partagé la scène avec Duke Ellington, Miles Davis ou encore Nina Simone. Des noms prestigieux mais les néophytes la connaissent mieux grâce à ses tubes planétaires comme Pata Pata ou Malaika. Et peut-être aussi grâce à son combat.

Exil de trente ans

Son parcours n'est pas fait que de chansons. Miriam Makeba est aussi le symbole de la lutte contre le régime de l'apartheid qu'elle n'a cessé de dénoncer tout au long de sa carrière. Née dans un township de Johannesburg, elle commence sa vie en prison, sa mère étant inculpée pour six mois. Quand les Afrikaners gagnent les élections et instaurent le régime raciste en 1947, elle travaille comme domestique et commence à chanter avec les Cuban Brothers puis les Manhattan Brothers. À 27 ans, elle part aux Etats-unis et devient une star en quelques semaines. Sa notoriété sert sa cause de par le monde. Elle n'hésite pas à appeler au boycott de l'Afrique du Sud devant les Nations Unies.

30 ans d'exil

Son engagement lui vaut un exil qui durera trente ans au total mais qui ne l'empêchera pas de prêcher pour la tolérance, contre le racisme et pour la liberté des peuples. En 1990, quand Nelson Mandela lui propose de revenir en Afrique du Sud, elle y est accueillie triomphalement.
Et aujourd'hui? "Aujourd'hui, le monde est troublé. En Afrique du Sud, nous avons notre drapeau, mais les gens ne sont pas heureux, on voit encore des familles qui vivent dans des bidonvilles et tout le monde ne se sent pas en liberté. Peut-être qu'un jour nous l'atteindrons". Après l'image pessimiste et parfois misérabiliste que l'on donne de l'Afrique, Miriam veut faire connaître cette culture si riche et si joyeuse. "Nous ne pleurons pas tout le temps, nous pouvons chanter et rire". Relever la tête et donner du bonheur.


o Signature d'une convention de coopération culturelle avec le Mozambique

Ce 20 décembre 2006 marque aussi le début d'une coopération culturelle entre la Réunion et le Mozambique. La signature d'une convention entre le Conseil général et le ministère de la culture et de l'éducation mozambicain, représenté par Luis Covane, lundi 18 décembre, en marque le début officiel. À cette occasion, trois ?uvres d'artistes réunionnais ont été offertes aux musées du Mozambique. Première étape de cette collaboration, l'exposition au musée de Villèle, d'objets d'art Makondé venus des musées de Maputo et Nampula. "Les liens entre la Réunion et le Mozambique sont anciens, et ont créé entre eux des solidarités historiques et culturelles qui s'ajoutent aux solidarités nées de l'appartenance à un même espace indiaocéanique", explique-t-on au Conseil général.
   

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