Le Port :

Na la fèt dann la vil


Publié / Actualisé
Festival de danses urbaines, animations sportives, expositions, conférences, concerts et feux d'artifice... Des quais au centre-ville, depuis ce mardi 22 novembre, et ce, jusqu'au dimanche 27 novembre, c'est tout Le Port qui s'anime dans le cadre des fêtes de la ville. Un événement annuel, festif et culturel, non sans lien, avec deux dates clé de l'histoire de la ville du Port : sa création et le 28 novembre 1942. Des dates bien souvent oubliées de la population portoise. "Notre objectif est de rappeler ce devoir de mémoire", souligne Paul Mazaka, directeur du pôle vie locale de la commune du Port. Explications.
Festival de danses urbaines, animations sportives, expositions, conférences, concerts et feux d'artifice... Des quais au centre-ville, depuis ce mardi 22 novembre, et ce, jusqu'au dimanche 27 novembre, c'est tout Le Port qui s'anime dans le cadre des fêtes de la ville. Un événement annuel, festif et culturel, non sans lien, avec deux dates clé de l'histoire de la ville du Port : sa création et le 28 novembre 1942. Des dates bien souvent oubliées de la population portoise. "Notre objectif est de rappeler ce devoir de mémoire", souligne Paul Mazaka, directeur du pôle vie locale de la commune du Port. Explications.
- Les fêtes de la ville du Port ont débuté le mardi 22 novembre 2011. Comment est née cette manifestation?

"Les premières fêtes de la ville du Port ont eu lieu en 1986. À l'époque, la municipalité avait décidé de fêter le centenaire de la naissance du Port, créé donc en 1886. L'événement devait se renouveler tous les ans, durant une décennie, à savoir jusqu'en 1996. Au fil des années, la tradition a perduré et, nous en sommes à la 25ème édition aujourd'hui. Mais la manifestation correspond également aux commémorations du 28 novembre 1942. Date à laquelle, la ville a été bombardée par le navire Léopard, et où des Portois et Portoises ont perdu la vie lors de combats menés contre les troupes pétainistes, avec à leur tête, Léon de Lepervanche. Des combats qui ont amené à la libération de la ville du Port".

- Ces fêtes sont plutôt liées à l'histoire...

"Effectivement, l'esprit était de lier l'histoire à une partie festive. Il s'agit de rappeler la création de la ville mais aussi le devoir de mémoire, tout en impliquant toute la population portoise, jeunes et moins jeunes. D'ailleurs, le lundi 28 novembre se tiendra une cérémonie de commémoration avec des enfants de la ville".

- Il y a la partie historique, d'un côté, et une partie plus festive, de l'autre. Quels sont les points forts ?

"Nous eu avons le festival Danses et Docks, qui s'est tenu de jeudi à vendredi sur les quais, au magasin D2. Il s'agissait de mettre en valeur la culture urbaine, les arts de la rue, par la présence d'artistes locaux et reconnus dans le monde, car rappelons le, Le Port est une ville essentiellement urbaine. Autre point fort. Des animations musicales tout au long de la journée de ce samedi sur la place du marché. Cette journée se conclura par un feu d'artifice à 19h30 et un grand concert, réunissant des groupes portois et Désiré François et Cassiya, au littoral nord. Toujours, dans le domaine artistique, le hangar D2 accueille l'exposition "Le Jardin de l'Île du Mozambique" de Karl Kugel, qui rappelle les liens entre La Réunion et Le Mozambique. Autre exposition tout aussi importante, celle de "Galet goni" à la médiathèque Benoîte Boulard, en relation avec les écoles de la ville. Il y a aussi une partie plus sportive, avec des jeux interquartiers, et animations, telles les dragon boat à la base nautique".

- Finalement faire la fête en situation de crise, cela ne relève-t-il pas du syndrome de la Rome antique, à savoir du pain et des jeux pour calmer le peuple ?

"Non, cet événement n'est absolument pas lié à la conjoncture économique. J'insiste sur le fait que c'est une tradition qui perdure depuis 25 ans maintenant et qui est en relation avec un devoir de mémoire".

- Donc c'est faire la fête pour se souvenir ?

"Vous savez, quand les esclaves ont été libérés le 20 décembre 1848, ils sont descendus faire la fête au Barachois, avec leur kayamb. C'est une photographie d'Antoine Roussin qui le prouve. Alors, imaginez le 20 décembre, sans animations. Donc oui, il s'agit de cet esprit là. Faire la fête et se souvenir. Et puis, je pense que nous avons tous, en général, un déficit en matière d'appropriation de notre histoire. C'est tout ce travail de mémoire que nous souhaitons faire perdurer".

Propos recueillis par Émilie Sorres pour
   

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