Divine restauration de trois toiles à la Cathédrale de Saint-Denis :

L'usure du temps reprend des couleurs


Publié / Actualisé
Réalisées entre 1899 et 1905, ces trois immenses toiles font l'objet d'un chantier de restauration depuis mars dernier. Dès septembre prochain, le public pourra apprécier le travail de restauration effectué à la demande de la Direction des Affaires Culturelles Océan Indien.
Réalisées entre 1899 et 1905, ces trois immenses toiles font l'objet d'un chantier de restauration depuis mars dernier. Dès septembre prochain, le public pourra apprécier le travail de restauration effectué à la demande de la Direction des Affaires Culturelles Océan Indien.

 La toile au centre de l’abside, Le Christ en Majesté, a des dimensions impressionnantes : 49m2 de superficie et un poids de 180 kg. Si la toile avait déjà fait l’objet de deux restaurations en 1946 et en 1989, c’est la première fois qu’elle a été déposée (ndlr, comprendre décrochée) pour être restaurée. Pour cela, l’entreprise parisienne Mériguet-Carrere, spécialisée dans la restauration d’œuvres d’art et de monuments historiques, a dû faire preuve d’imagination vu l’ampleur inhabituelle de cette toile. " Habituellement, nous roulons la toile sur un gros rouleau, de gauche à droite, mais là, vu ses dimensions, nous avons dû utiliser deux rouleaux, un de chaque côté jusqu’au centre, puis la déposer au sol où nous l’avons à nouveau roulée sur un seul rouleau cette fois-là, avant de la transporter à l’atelier ", explique Métin Aslanhan, l’un des deux restaurateurs présents à La Réunion. Un atelier créé spécialement à La Réunion, le changement de climat pouvant affecter l’œuvre si la restauration avait été effectuée en métropole.

 

De la maçonnerie à la patine

La première étape a consisté à nettoyer l’arrière de la toile et à restaurer les parties abîmées. " Nous avons dû remplacer la toile à certains moments, et donc trouver exactement la même en métropole, ce qui n’a pas été simple. Puis nous avons effectué un doublage derrière la toile pour la renforcer, avec une toile non tissée en polystyrène. Parallèlement, une entreprise de maçonnerie a travaillé sur les murs pour les nettoyer et les restaurer avant de poser un support en nid d’abeille entre le mur et la toile afin d’éviter que l’humidité qui suinte des murs ne détériore l’œuvre. Après ces étapes, nous avons pu reposer la toile et commencer la restauration picturale. "

Pour ce faire, Cécile Charpentier et Métin Aslanhan, les deux restaurateurs venus de Paris, travaillent à partir de l’ébauche originale de l’œuvre, conservée à l’Evêché, qui permet de retrouver les détails disparus ou estompés des motifs ainsi que les couleurs originelles. " Nous travaillons sur palette pour reconstituer ces couleurs à partir de pigments de base tout en respectant la patine d’origine et en effaçant les traces de l’usure du temps ", explique Métin Aslanhan.

 

Un financement par l’Etat

Ce chantier d’importance, d’un montant de 415 848,45 euros, a été décidé par le Ministère de la Culture via la DRAC Océan Indien car l’état de conservation des œuvres était inquiétant. Les experts avaient noté des incohérences et des dégradations causées par les restaurations antérieures, des altérations nombreuses et étendues, notamment des irrégularités de relief du support toile et une forte dégradation de la couche picturale avec des décollements, des pertes de matière picturale originale. Et bien sûr un fort empoussièrement qui accentuait les irrégularités de la toile.

Avant d’être effectuées, toutes les transformations envisagées par les restaurateurs doivent être validées par l’architecte en chef des monuments historiques, la Cathédrale étant un édifice appartenant à l’Etat qui finance entièrement ce travail de restauration. 

Le chantier, qui concerne aussi deux autres toiles de 16m2 chacune représentent le saint patron de la ville, Saint Denis, devrait être terminé en août et le public et les fidèles de la Cathédrale pouvoir admirer ces trois œuvres de l’Abbé Moirod restaurées, et mises en lumière par un nouvel éclairage.

ml/www.ipreunion.com

Mise en ligne le 08/07/18 à 03h. Actualisé à 09h24

   

1 Commentaire(s)

Alboygene, Posté
Certes les travaux de restauration sont interessant mais l'identité de l'artiste createur de la toile ,son appartenance a une ecole ,voire la signification de la scene serait autant.
L'appartenance à l'Etat l'est elle par destination ou bien es toiles ont elles fait l'objet d'un don.