Bande dessinée :

Anna Bay ou les pérégrinations fé ri la boush d'une zorey à La Réunion


Publié / Actualisé
Anna Bay vient de rééditer Zoreils à La Réunion via sa propre édition imaginABD en juin 2018. Cette bande dessinée bien pimentée, sous-titrée Journal de 2 survivants, pratique joyeusement l'autodérision.
Anna Bay vient de rééditer Zoreils à La Réunion via sa propre édition imaginABD en juin 2018. Cette bande dessinée bien pimentée, sous-titrée Journal de 2 survivants, pratique joyeusement l'autodérision.

Tout a commencé sur son blog Le petit monde d’Anna Anna Bay venait d’aménager dans l’île, son expérience réunionnaise lui inspirait des strips. Toutes ces aventures ne se passaient pas à La Réunion, mais elles ne manquaient pas de faire rire.

Une de ses amies bloggeuses, sensible à son humour, s’étonnait qu’elle ne fasse pas une version papier de ses péripéties. Elle a donc décidé de trouver une cohérence dans l’assemblage de ses saynètes et comme La Réunion revenait le plus souvent, c’est elle qui a été choisie comme fil conducteur.

En 2012, Zoreils à La Réunion a été distribué à sa famille et ses amis. Comme elle n’avait pas trouvé d’imprimeur pour un tirage aussi confidentiel, elle a utilisé sa propre imprimante et a massicoté elle-même ses feuilles pour une reliure japonaise. Il lui fallait 2 jours et demi pour réaliser une vingtaine d’exemplaires. De fil en aiguille et à force de demande, elle en produit plus de 350 en l’espace de 4 ans.

Elle arrête de s’improviser imprimeuse en 2016, mais on continue à lui réclamer des livres. Cette année, elle se rapproche du groupe CCEE, un acteur de l’auto-édition. Depuis sa bd se retrouve en librairie. Elle a demandé la réédition de 150 exemplaires. 

Le cœur installé à La Réunion

Arrivée dans l’île, il y a treize ans maintenant, c’est à La Réunion que la Grenobloise. À 45 ans, cette globe-trotteuse a posé ses valises dans plusieurs pays africains et européens où elle a exercé en tant que professeur en français langue étrangère. Elle travaillait alors pour le CIEP, une organisation au service de l’éducation et du français.

Venue, rendre visite une amie à La Réunion, elle quitte la métropole sur un coup de tête pour suivre son coup de cœur.  " Durant mon adolescence, j’avais des rêves, qui ne correspondaient pas à ce que je vivais en métropole, j’avais des envies de tropiques et de végétation. En arrivant ici, poursuit-elle, l’humidité, la chaleur sur ma peau et la lumière m’ont tout de suite parlé. "

Elle dit même que la première fois qu'elle a ressenti le sentiment d’être chez elle, c'était ici, lors d’un de ses retours dans l’île après quelques semaines d’absence. " C’est comme j’ai planté mes racines existentielles ici. " Réunionnaise alors ? " Pour moi, répond-elle, les Réunionnais, ce sont ceux qui sont nés ici. Moi, j’ai le cœur installé à La Réunion.

Aujourd’hui, elle a arrêté la formation en français des étrangers, la peinture est son activité principale et elle donne des ateliers toutes les semaines. Actuellement, elle illustre un conte tout public qu’elle a écrit et qu’elle jouait en public en compagnie d’un pianiste.

eg/www.ipreunion.com
 

   

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