Projet culture et santé :

" Quelque chose " une pièce de théâtre et des ateliers pour évoquer l'inceste à La Réunion


Publié / Actualisé
Porté par l'unité de psycho-Trauma Noé de l'EPSMR , par l'association La Cerise sur le Chapeau et par la Compagnie Aziadé, ce projet culture et santé aborde la thématique de l'inceste. La pièce de théâtre Quelque chose, écrite par Capucine Maillard, mise en scène par Andréa Bescond, est adaptée à La Réunion par Dominique Carrère. Elle a été jouée en tout public, en prison, et pour les scolaires. Des ateliers de théâtre forum sur la libération de la parole ont également eu lieu pour les scolaires.
Porté par l'unité de psycho-Trauma Noé de l'EPSMR , par l'association La Cerise sur le Chapeau et par la Compagnie Aziadé, ce projet culture et santé aborde la thématique de l'inceste. La pièce de théâtre Quelque chose, écrite par Capucine Maillard, mise en scène par Andréa Bescond, est adaptée à La Réunion par Dominique Carrère. Elle a été jouée en tout public, en prison, et pour les scolaires. Des ateliers de théâtre forum sur la libération de la parole ont également eu lieu pour les scolaires.

Cette pièce est conçue à partir de témoignages réels, les auteurs réussissent à ajouter de l'humour avec une justesse et une sensibilité évidente. Les propos sont centrés sur la force de vie des femmes évoquées dans l'oeuvre artistique. C'est un projet qui est né et a grandi avec plusieurs intervenants, le Docteur Christine Visnelda-Douzain qui dirige l’Unité de psycho-trauma du centre de ressources Noé (EPSMR), d’Emilie Magnant directrice artistique de La Cerise sur le Chapeau et de Capucine Maillard, autrice de la pièce.

Une pièce adaptée en créole

Afin de proposer le spectacle au grand public et aux scolaires, afin d'utiliser cette pièce comme outil de sensibilisation, de proposer à tous les adolescents qui auraient assisté au spectacle, des ateliers de théâtre forum sur la libération de la parole, la pièce a été adaptée en créole par Dominique Carrère.

Après des mois de travail, de recherche de financement, de création des équipes, de planification, de répétitions, le 22 octobre 2018 le projet était lancé. Cependant les évènements qui ont récemment secoués la Réunion, ont impacté le lancement de la pièce. Pourtant la mobilisation des équipes et partenaires ont réussi à faire 5 représentations tout public, deux scolaires, et une en milieu carcéral.

Réactions qui dépassent les attentes

Les réactions ont dépassé tout ce que les porteuses de projets pouvaient imaginer… A l’issu de chaque représentation, un temps d’échange à permis au public de s’exprimer.  " Quelle interprétation ! Merci à toute l’équipe pour ce moment d’émotion et de liberté " , "Quel grand partage ! ",  " un sacré moment de communion entre les rires et les larmes ", " Longue vie à cette aventure humaine, artistique et réparatrice !. ",

La représentation qui s’est tenue à la prison au Port a également était un moment fort. Un détenu s’est exprimé immédiatement à l’issue de la représentation " Je suis agresseur, récidiviste, je viens de prendre conscience du mal que j’avais fait, je demande pardon… ".

Les ateliers qui suivront, tant en milieu carcéral, qu’en milieu scolaire utilisent la méthode du théâtre forum: du théâtre participatif destiné à permettre d’expérimenter la demande d’aide.  Christine Douzain, psychiatre explique " Il faut en moyenne 16 ans pour que les victimes commencent à parler, avec ce projet nous espérons réduire ce temps ". Myriam Baata, infirmière scolaire au Lycée L’islet Geoffroy estime que même sans que le projet n’ait réellement commencé, on peut déjà en mesurer les effets : la représentation pour son lycée n’a pas encore eu lieu et 5 cas ont déjà été déclarés. "  Simplement parce qu’avec l’arrivée du spectacle, on a commencé à en parler "

Il faut  " Detak la langue " répète Dominique Carrère qui a adapté le texte de la pièce à La Réunion.
 

   

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