Repas de fête :

Noël : la tradition reste à table


Publié / Actualisé
Beaucoup de Réunionnaises et de Réunionnais ont déjà commencé à réfléchir au repas qu'ils prépareront dans quelques jours pour les réveillons de Noël et du jour de l'an. Certaines familles restent traditionnelles dans la conception et la cuisine des repas, alors que d'autres n'hésitent pas à ajouter une influence d'ailleurs dans le menu. Dans le centre-ville de Saint-Denis, les avis sont partagés sur ces nouveaux mets qui viennent parfois garnir les tables de l'île. Si l'engouement n'est pas forcément au rendez-vous pour toutes les familles, des curieux gastronomes adaptent volontiers certaines recettes avec des produits locaux.
Beaucoup de Réunionnaises et de Réunionnais ont déjà commencé à réfléchir au repas qu'ils prépareront dans quelques jours pour les réveillons de Noël et du jour de l'an. Certaines familles restent traditionnelles dans la conception et la cuisine des repas, alors que d'autres n'hésitent pas à ajouter une influence d'ailleurs dans le menu. Dans le centre-ville de Saint-Denis, les avis sont partagés sur ces nouveaux mets qui viennent parfois garnir les tables de l'île. Si l'engouement n'est pas forcément au rendez-vous pour toutes les familles, des curieux gastronomes adaptent volontiers certaines recettes avec des produits locaux.

Les réveillons de fin d'année sont l'occasion de se retrouver en famille ou entre amis et bien sûr de partager un bon repas. Les Réunionnais ont toujours accordé une importance particulière au repas, plus spécialement lors des fêtes de Noël et du nouvel an. À l'heure des réseaux sociaux, des sites de cuisine en ligne et des influenceurs, les assiettes seront plus orientées tradition "carry" que chapons, cailles, oies ou poulardes.

Pas de prise de risques

Au détour de la rue Maréchal Leclerc dans le centre-ville de Saint-Denis, les avis vont dans le même sens. Si la plupart des interrogés avouent ne pas  avoir pris le temps de penser au repas, ils s'accordent sur un point : cuisiner des repas typiquement créoles plutôt que d'essayer des menus plus typés Noël européen. Le saumon ou le foie gras sont intégrés depuis plus d'une quinzaine d'années dans les repas, sous la forme de toats ou cuisinés, peu de personnes rencontrées semblent être partantes pour s'essayer aux cailles rôties ou au médaillon de cerfs. Depuis quelques années, de nombreux produits catégorisés "Noël" sont présents dans les grandes surfaces du département, il y a donc un intérêt pour certains cuisiniers de préparer ces mets à l'occasion des réveillons.

Au détour de plusieurs conversations, les Réunionnaises et les Réunionnais notent qu'ils voient de plus en plus ces produits dans les rayons des grandes surfaces. "Nous c'est mangé créole pour les fêtes, chez les autres peut-être, je sais pas, mais dans notre famille on reste traditionnel" déclarent Jerôme et Anais. Ils relèvent aussi que le saumon et foie gras qui n'étaient pas au menu de nos parents et nos grands-parents sont les seuls éléments non locaux de leur repas de fête.

Fidèles à la tradition

Roger a été invité pour le réveillon de Noël, il a participé aux frais pour le repas mais ne s'occupe pas de la logistique. S'il avoue ne pas savoir ce qui sera servi le soir du 24 décembre, il est persuadé que ça restera local et créole. Le dionysien ajoute cependant qu'il note un certain mixage des cuisines à l'approche des fêtes : "Obligatoirement, avec l'évolution on est amené à voir un petit peu ce qui se fait ailleurs, mais la base reste quand même locale". Peut-on profiter des fêtes pour tester d'autres plats ? Roger avoue qu'il se tournera plutôt vers la cuisine locale et selon lui les Réunionnais restent fidèles à la tradition. Il y a bien sûr des plats qui se font désirer dans la période de la fin d'année, les bichiques ou camarons donnent un côté luxueux qui rajoute la touche de magie dans l'assiette de Noël.

C'est quoi le chapon ?

Une mère et sa fille interrogées plus loin semblent plus aventurières au niveau de la cuisine pour les fêtes. Sur le sujet de l'influence étrangère dans les menus locaux, elles pensent que c'est la cuisine étrangère qui s'enrichit grâce à la Réunion. "On fait une dinde aux letchis et non une dinde aux marrons, pareil pour la bûche, ici en général c'est aux letchis et pas à la fraise par exemple". La maman rajoute "Par contre on fera pas un rougail saucisses aux letchis, rougail saucisses ça reste rougail saucisses". À quelques mètres de là trois autres personnes donnent un avis concordant "Moi je suis traditionnel, pas de chapons, pas de tout ça - C'est quoi le chapon ?" réplique une d'entre elles, après explication elle rajoute "Je savais même pas c'était quoi le chapon, et puis moi je n'aime pas les bûches donc ça sera letchis en dessert".

La cuisine créole s'adapte

En cette période de fêtes, les magazines locaux multiplient les idées de recette pour les menus. Dans les supermarchés de l'île de plus en plus de produits importés d'Europe ou de l'hexagone sont présents sur les étals. Il y a donc une partie des Réunionnais qui se laisse tenter par des menus d'ailleurs.  Sur l'île, la tradition reste ancrée et les menus s'adaptent. Il existe de nombreux exemples de recettes d'ailleurs qui ont été ramené au cours de l'histoire et font désormais partis du patrimoine gastronomique avec des influences chinoises, indiennes ou africaines.  Ça ne sera peut-être pas stupéfiant dans quelques années de voir sur les tables réunionnaises des repas plus surprenants comme par exemple du parmentier de boudin noir à la poire, de la tatin au magret fumé ou le mille-feuilles de daurade avec probablement une touche locale, pour perpétuer la tradition et égayer nos papilles.

jb/www.ipreunion.com

   

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