Photographe amatrice passionnée :

Dans l'univers infiniment petit d'Emmanuelle Villeneuve


Publié / Actualisé
C'est en voulant garder de précieux souvenirs de ses enfants, qu'Emmanuelle Villeneuve s'est laissée séduire par la photo. L'île devient alors un merveilleux terrain de jeu pour cette photographe amatrice. De son lavabo où elle épie des gouttes suspendues prêtes au grand saut, aux nuits orageuses au dessus d'une éruption volcanique, elle apprend et se perfectionne, cherchant toujours à sortir de sa zone de confort...
C'est en voulant garder de précieux souvenirs de ses enfants, qu'Emmanuelle Villeneuve s'est laissée séduire par la photo. L'île devient alors un merveilleux terrain de jeu pour cette photographe amatrice. De son lavabo où elle épie des gouttes suspendues prêtes au grand saut, aux nuits orageuses au dessus d'une éruption volcanique, elle apprend et se perfectionne, cherchant toujours à sortir de sa zone de confort...

"Je faisais des photos de mes enfants quand ils étaient petits, j’avais un appareil compact tout simple et il est tombé en panne," raconte Emmanuelle Villeneuve en souriant. En fouillant sur Internet pour le remplacer, elle commence à s’intéresser de près au matériel… Elle trouve "ce qu’il y a de mieux" pour capturer des instants précieux avec ses enfants. Dix ans plus tard, mordue de son appareil, elle est passionnée.

Pour apprendre, elle a arpenté l’île, seule ou accompagnée. "Des moments très formateurs," se souvient-elle. Petit à petit, elle expérimente, découvre, sort de sa zone de confort, passe des portraits de ses enfants à la macro, de la macro aux paysages de nuit, des paysages de nuit aux photos sportives…

Dans l’infiniment petit

Pendant longtemps, c’est pour la macro que son cœur a balancé. "Je me suis vraiment passionnée pour l’univers macrophoto… Tout a commencé avec les gouttes, puis les prises d’insectes," explique Emmanuelle Villeneuve. Avec la macro, la photographe voit des choses que l’œil ne perçoit même pas. "Une goutte qui tombe, on ne la voit pas naturellement, poursuit-elle. J’ai passé des heures dans ma salle de bain à les observer.  Il faut aller dans l’infiniment petit, faire un arrêt sur image. J’aime la patience qu’il faut, le travail pour trouver la bonne mise au point." Pour une photo de goutte réussie, il y en a peut-être eu cinq cents des trop tôt, trop tard, trop floues.

Sa photo préférée, c’est celle des jacinthes d’eau avec des gouttes de nectar. Une image capturée après de longues minutes de réflexion pour trouver l’angle adéquat. Et après avoir appuyé sur le déclencheur, c’est la surprise. "Je ne m’attendais pas à un tel résultat. Je n’avais jamais remarqué que leur pollen était bleu ! Ce n’est pas visible à l’œil nu, il fallait les prendre en gros plan, sortir ce petit point de détail et le sublimer," se rappelle la passionnée.

Après la macro, Emmanuelle Villeneuve a eu son moment avec des modèles, puis des photos pour le Grand Raid et Trail des Anglais. Du sport du sport et encore du sport… "Je me suis un peu endormie avec les courses. J’ai perdu le plaisir," soupire-t-elle. La passionnée a vite l’impression de se reposer sur ses acquis.

Vers de nouveaux paysages

Elle se met donc en quête de nouveaux projets et découvre très récemment l’association Déclic qui propose aux mordus de photo des sorties sur l’île. "La seule chose dans laquelle je n’ai pas encore l’œil, c’est le paysage, déplore Emmanuelle Villeneuve. A Déclic il y a beaucoup de photographes très pointus dans ce domaine. Ces échanges vont certainement m’apporter un nouveau regard… Pour le moment je ne suis pas assez à l’aise. Plus tard, pourquoi pas me lancer dans l’astrophoto ?"

Dans sa tête, elle imagine une photo de l’éruption du Piton de la Fournaise, de nuit. "Je rêve de prendre la fontaine de lave, de très près. Comme on le voit à la télé !" détaille la photographe amatrice.

Pour autant, la macro n’est jamais très loin… "Je suis en train de m’équiper pour recommencer des séries sur les gouttes. Avant je le faisais dans mon lavabo, rit-elle. J’essaye aujourd’hui de trouver un nouveau système de goutte à goutte, avec des fonds de couleurs différentes. Je veux retrouver le plaisir que j’ai eu dans mes premières photos artistiques."

Des photos ratées…

"Avec Déclic la semaine dernière… Nous sommes allés prendre des photos de l’éruption, au niveau de l’Anse des Cascades. Sur la route, il y a eu un orage, magnifique ! Mais à l’arrivée, à cinq minutes près, c’était déjà terminé !," regrette-elle. Et il y a aussi cet instant avec une baleine, toute proche dans la Baie de Saint-Paul : "elle était là, j’ai attendue. Au bout d’une heure je suis remontée en voiture, au moment où j’ai fermé la portière, elle a sauté ! Le temps de ressortir c’était fini, elle n’a fait qu’un seul saut."
Ratées, ces photos seront peut-être réussies demain… Sur l’île intense, ce ne sont pas les opportunités qui manquent, un volcan en colère, des orages capricieux et des baleines boudeuses se présenteront peut-être de nouveau à l’objectif de notre passionnée.

nt/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Dodo, depuis son mobile, Posté
Un vieux 50mm, juxtaposé en sens inverse et à pleine ouverture contre l'objectif de l'appareil, permet de réaliser de superbes macros à peu de frais.
Erland, Posté
Très jolies photos ! Bravo
Illustration : Kwa Films

Kwa Films

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