Journée internationale des droits des femmes (actualisé) :

Les écrivaines réunionnaises en tête de gondole


Publié / Actualisé
A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, qui se déroule ce dimanche 8 mars 2020, les magasins Fnac de La Réunion font la part belle aux autrices péi. Neuf femmes écrivaines sont en séance de dédicace ce samedi. A la Fnac du Port nous avons rencontré Elodie Ducrot, Lalou et Expédite Laope-Cerneaux. Trois femmes qui nous racontent chacune leur histoire et l'importance pour elles d'être mobilisées et présentes pour la Journée des droits des femmes. (Photo mm/www.ipreunion.com)
A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, qui se déroule ce dimanche 8 mars 2020, les magasins Fnac de La Réunion font la part belle aux autrices péi. Neuf femmes écrivaines sont en séance de dédicace ce samedi. A la Fnac du Port nous avons rencontré Elodie Ducrot, Lalou et Expédite Laope-Cerneaux. Trois femmes qui nous racontent chacune leur histoire et l'importance pour elles d'être mobilisées et présentes pour la Journée des droits des femmes. (Photo mm/www.ipreunion.com)

A l'entrée de la Fnac du Port, trois femmes, qui ont chacune une histoire à raconter. Emilie Ducrot, chanteuse co-auteure avec Peggy-Loup Garbal, présente sa biographie "Les larmes de l'éléphant" dans laquelle elle raconte le trafic d'enfants au Sri-Lanka. En fouillant son passé, elle découvre qu'elle pourrait être liée à cette part sombre de l'histoire. "L'adoption c'est une chance lorsqu'on est laissé pour contre. Quand j'ai appris l'existence de ce trafic, j'ai voulu parler de mon parcours atypique, et j'ai voulu montrer l'importance de l'ancrage."

Selon elle, cinq personnes sont concernées sur elle. Elle fait d'ailleurs le parallèle avec les enfants de la Creuse, "même type de trafic". Le livre a donc une résonnance particulière avec l'histoire de La Réunion. "Le problème est le même : le déracinement." A l'occasion du 8 mars, "la femme est à l'honneur" et Emilie Ducrot pense à "ces femmes qui ont souffert" dans le cadre des trafics d'enfants.

Lalou, elle, est autrice de romans jeunesse. Le dernier s'appelle "Pieds de bois" et raconte l'histoire d'un jeune homme qui travaille dans un musée dans lequel il ne sera jamais qu'un apprenti. "Il décide de voir la vie en vrai, et se fait embarquer dans une expédition. Mais son aventure ne va pas durer longtemps et son bateau va faire naufrage sur une île mystérieuse. Il va donc découvrir un monde nouveau, un peu particulier."

Dans son livre, elle a voulu parler "des besoins qu'on a et qu'on se crée, c'est un peu la récit d'un fin d'un monde". Et aux côtés de son héros, il y a une héroïne forte. "C'est quand même elle qui va lui sauver la mise. Elle me ressemble un peu, elle est constamment révoltée et en colère. Parce que quoi qu'elle fasse, ce n'est jamais assez parce que "c'est une fille". Ce n'est pas le personnage principal de l'histoire mais d'elle dont on se souvient peut-être le plus."

A sa gauche, Expédite Laope-Cerneaux. Retraitée, elle se consacre désormais entièrement à l'écriture. Ayant travaillé auparavant dans l'illettrisme, elle a toujours été "dans les livres et la lecture". Son premier ouvrage, sorti en 1999, racontait l'histoire de son père musicien Maxime Laope dont elle a rédigé la biographie. Le second a lancé sa passion de l'écriture. "Clotilde", grand-mère de Maxime Laope, est dans ce roman une petite esclave de 12 ans à La Réunion. "Cette histoire m'a hanté des années durant. J'ai romancé mais je me suis inspirée d'au moins 12 livres d'historiens pour raconter l'esclavage."

Son nouveau roman, "Le Grand Saut", raconte sa propre histoire quand dans les années 1970 est allée en Métropole pour faire des études, "mais dans une ignorance totale de ce que c'était". Elle raconte alors la rencontre entre ces deux cultures. "Dans mon cas, je me suis fait faire une veste en jean en pensant que je serais parée contre le froid !" Sur un ton volontairement humoristique, elle donne le récit de ce décalage entre son histoire créole et celle de ses années passées en Métropole. "J'ai voulu fixer notre histoire pour que nos enfants sachent qu'on a vécu là-bas."

Expédite Laope-Cerneaux se dit très attachée à cette Journée des droits des femmes, "pour que les femmes se fassent entendre". "Je pense que je suis une femme engagée, pour moi ça a encore plus de sens d'être là à l'occasion du 8 mars."

Une femme réunionnaise publiée par Gallimard pour la première fois

A la veille du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, je vous informe avec beaucoup de joie que La Réunion a enfin sa première femme qui vient de faire publier son roman par les célèbres éditions Gallimard, la meilleure maison d'édition de France : Gustave le Clézio, Leïla Slimani, Daniel Pennac, David Foenkinos, Antoine de St Exupéry, Simone de Beauvoir y ont publié ou y publient encore leur livre.

Pour la première fois dans l’île, une jeune femme réunionnaise d’à peine 35 ans, Gaëlle Bélem rejoins donc Gallimard. Le roman de Gaëlle Bélem qui s'intitule "Un monstre est là, derrière la porte" ne parle que de La Réunion et raconte la vie d'une famille pauvre de l’est : les Dessaintes, le tout sur fond de superstitions et histoires de monstres. Mariages et pique-nique à La Réunion, barquettes et coq massalé, maloya et pèlerinage à Notre-Dame-de-la-Salette, toutes les facettes, coutumes et travers de l'île y sont décrits sans concession et loin des clichés exotiques habituels.

Son livre est disponible dans toutes les librairies : "Un monstre est là, derrière la porte", Gaëlle Bélem, éd. Gallimard, col. Continents Noirs

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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