Drame du Moufia - Marche blanche :

Hommage aux cinq étudiants tués par une voiture folle


Publié / Actualisé
400 personnes ont participé ce lundi après-midi 15 décembre 2014 à une marche blanche en hommage aux cinq étudiants tués par une voiture folle le mercredi 11 décembre à proximité du campus universitaire du Moufia. La sixième victime, une jeune fille, est toujours hospitalisée dans un état critique. Son pronostic vital est engagé
400 personnes ont participé ce lundi après-midi 15 décembre 2014 à une marche blanche en hommage aux cinq étudiants tués par une voiture folle le mercredi 11 décembre à proximité du campus universitaire du Moufia. La sixième victime, une jeune fille, est toujours hospitalisée dans un état critique. Son pronostic vital est engagé

Le cortège s'est rassemblé au campus universitaire du Moufia où étudiaient Julien Lebeau, Wilman Creville, Djawid Aly Mitha et Raphaël Morel, tués dans l'accident, et Lorraine Lauret qui lutte toujours contre la mort. Fabien Calpétard, le cinquième jeune, étudiait à l'institut de l'image au Port.

Plusieurs étudiants ont pris la parole. Ils ont parlé de leurs amis disparus, ils ont porté témoignages de leur envie de vivre, de leurs projets détruits. Ils ont raconté les anecdotes souvent drôles qu'ils ont vécues avec leurs amis décédés. Ils ont aussi dénoncé la violence et l'insécurité routière.

Regroupés derrière une banderole affichant les photos des victimes et habillés en blanc, les familles - venues du sud dont étaient originaires plusieurs victimes -, les proches des victimes et de nombreux étudiants ont ensuite défilé de l'université jusqu'à lieu de l'accident situé quelques centaines de mètres plus loin. En tête du cortège une autre banderole dit cette phrase d'Abraham Lincoln : "ce qui compte ce ne sont pas les années qu'il y a eu dans la vie. C'est la vie qu'il y a eu dans les années".

Plusieurs personnalités politiques, Nassimah Dindar, la présidente du conseil général, Didier Robert, président du conseil régional, Huguette Bello,  députée de Saint-Paul, Monique Orphé, députée de Saint-Denis, Gilbert Annette, maire de Saint-Denis et Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne, étaient notamment présents dans le cortège.

Une très grande émotion a présidé à cette marche silencieuse, seulement entrecoupée par les pleurs des participants. Sur le site du drame, les familles et les étudiants ont déposé des roses blanches avant de former un cercle silencieux autour du lieu qui porte toujours les traces de l'accident.

Le groupe des 6 victimes, âgées de 18 à 20 ans,  a été fauché mercredi soir vers 22 heures  alors qu'il se trouvait sur le trottoir d'une avenue en forte pente.  Le conducteur auteur de l'accident, un étudiant de 20 ans, a perdu le contrôle de son véhicule en amorçant une courbe. Le véhicule est alors monté sur le trottoir, a percuté un premier arbre, qui l'a dévié vers un second avant de faucher le groupe d'étudiants qui allaient à une station service s'acheter des cigarettes. Il a heurté un troisième arbre avant d'être dévié vers la route 65 mètres plus loin, preuve de la violence des chocs.

Les deux passagers de la voiture folle et le conducteur, qui avait un taux d'alcoolémie légèrement positif, n'ont pas été blessés. Lorsque que la voiture s'est immobilisée, ils ont tenté d'aider les victimes et ont alerté les services de secours.

Vendredi dernier, le jeune conducteur a été mis en examen pour homicides et blessures involontaires, conduite sous l'emprise d'un état alcoolique, vitesse excessive et défaut de maîtrise de son véhicule. Il a été placé en détention au centre pénitentiaire de Domenjod, suivant les réquisitions du parquet qui a mis en avant lors d'une audience publique le "grave trouble à l'ordre public" et " des menaces particulièrement graves de la part des parents de l'une des victimes".

Le jeune homme, inconnu des services de police, a reconnu qu'il conduisait à 100 km/h sur une portion de route limitée à 30 km/h, qu'il avait modifié son moteur pour augmenter la vitesse du véhicule et qu'il avait consommé deux bières. Il risque jusqu'à 10 ans de prison. "Il est très choqué et il ne fuit pas ses responsabilités" a souligné la substitut du procureur.

Le drame a causé une très vive émotion dans l'île. Il s'agit en effet du pire accident de la route depuis le 28 mars 1967 lorsqu'un bus circulant à Saint-Leu (ouest de l'île) avait plongé dans un ravin d'une trentaine de mètres. Dans cet accident 29 personnes, dont 8 collégiens,  avaient été tuées et 31 blessées.

Depuis le début de l'année, 46 personnes ont été tuées sur les routes de La Réunion, dont 2 après le drame du Moufia.

www.ipreunion.com

   

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