INSEE - Consommation :

Stagnation du niveau de vie


Publié / Actualisé
L'INSEE a présenté ce mercredi 3 septembre 2008 sa dernière étude portant sur le pouvoir d'achat des Réunionnais et leur ressenti par rapport à celui-ci. Le rapport fait apparaître un certain décalage entre les deux. L'explication ? Le grand public confond pouvoir d'achat et niveau de vie. Or ce dernier augmente peu voire pas du tout depuis 2001. L'INSEE relève également que "la moitié des Réunionnais a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté nationale", évalué à 817 euros par mois
L'INSEE a présenté ce mercredi 3 septembre 2008 sa dernière étude portant sur le pouvoir d'achat des Réunionnais et leur ressenti par rapport à celui-ci. Le rapport fait apparaître un certain décalage entre les deux. L'explication ? Le grand public confond pouvoir d'achat et niveau de vie. Or ce dernier augmente peu voire pas du tout depuis 2001. L'INSEE relève également que "la moitié des Réunionnais a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté nationale", évalué à 817 euros par mois
La dernière étude de l'INSEE, présentée ce mercredi par son directeur régional, Pascal Chevalier, montre que le pouvoir d'achat, soit "l'évolution de l'ensemble des revenus distribués aux ménages hors inflation", augmente régulièrement à La Réunion depuis plusieurs années. Ainsi, après une hausse de plus de 21 % au total entre 2001 et 2006, soit 4,3 % par an en moyenne, l'évolution du pouvoir d'achat s'élèverait à 4,9% en 2007. Des résultats positifs qui contrastent nettement avec le ressenti d'une partie importante de la population. Pour l'INSEE, ces divergences s'expliquent essentiellement par le fait que les gens confondent pouvoir d'achat et niveau de vie. Le niveau de vie représentant "le revenu rapporté au nombre d'unités de consommation du ménage".

Ne pas confondre pouvoir d'achat et niveau de vie

Si l'on compare la courbe du niveau de vie à celle du pouvoir d'achat ces dernières années, on remarque que la première connaît une hausse beaucoup plus limitée. Elle est en effet, estimée à un peu moins de 4 % entre 2001 et 2006. Cette augmentation relative bénéficie aux catégories les plus démunies - profitant du rattrapage de certains minima sociaux -, ainsi qu'aux plus aisés. Les autres catégories ont plutôt vu leur niveau de vie stagner voire régresser. D'après l'INSEE, "le niveau de vie, plus proche conceptuellement de ce que le grand public appelle pouvoir d'achat, permet de réconcilier la mesure statistique et le ressenti d'une partie de la population".
Car il faut bien comprendre que le concept de "pouvoir d'achat", tel qu'il est défini par les économistes, ne tient pas compte de la démographie, ni de l'inflation ou de la composition des ménages. Tandis que le concept de "niveau de vie", qui rapporte le revenu disponible du ménage à la taille du ménage, paraît plus adapté pour analyser la richesse réelle des familles.

Au-dessous du seuil de pauvreté national

En se concentrant donc sur l'évolution du niveau de vie des Réunionnais, l'INSEE constate qu'il est moins élevé qu'en métropole. Dans l'île, il atteint une moyenne de 1 030 euros (en 2006), contre 1 460 euros au niveau national. À La Réunion, les 10 % d'individus les plus modestes de la population ont un niveau de vie inférieur à 390 ? par mois, tandis que les 10 % d'individus aux plus hauts revenus ont un niveau de vie supérieur à 1 970 ? par mois. Pour la France entière, ces indicateurs s'élèvent respectivement à 660 ? et 2 370 ? par mois. Ainsi les individus les plus modestes ont des niveaux de vie plus faibles à La Réunion que pour la France entière. De même, les plus aisés ont des niveaux de vie moins élevés à La Réunion. Beaucoup plus édifiant, 52 % de Réunionnais vivent au-dessous du seuil de pauvreté national (évalué à 817 euros), contre 18 % de Français.

Le pouvoir d'achat, une notion complexe

Le pouvoir d'achat n'inclut pas différents paramètres (inflation, démographie...) et rend compte d'une moyenne à laquelle il est souvent difficile de s'identifier. Par ailleurs, la notion de pouvoir d'achat n'intègre pas non plus le facteur psychologique, contribuant ainsi à accentuer l'écart entre le ressenti des ménages et la mesure statistique. Ainsi, traditionnellement, le ménage a tendance à ne pas raisonner directement en termes de revenus perçus à la fin de chaque mois, mais plutôt en termes de "reste à vivre en début de mois", une fois que les dépenses dites " contraintes " ont été prises en compte.
Ces dernières concernent des remboursements d'emprunts, des loyers, des abonnements téléphoniques ou à internet, des frais d'assurance, etc. Or ce type de dépenses a considérablement augmenté ces dernières années avec le développement des crédits à la consommation et l'essor de nouveaux modes de vie (téléphone portable, internet etc.). Elles contribuent aujourd'hui à restreindre le reste à vivre du ménage, et à lui donner l'impression d'une perte de pouvoir d'achat.
Par ailleurs, pour l'INSEE, il est avéré qu'un individu restera plus marqué par une hausse de prix que par une baisse, surtout si elle touche un bien de consommation régulière et courante, comme le pain, le riz ou l'essence. Ainsi, dans l'esprit des consommateurs Réunionnais, les hausses de prix dont font l'objet certains produits depuis quelques mois, auraient tendance à occulter les diminutions enregistrés sur d'autres biens (équipements informatiques, assurances...) dans la même période.

Imaz Press Réunion - http://
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !