SOLDES :

Gros rabais pour compenser la baisse du pouvoir d'achat


Publié / Actualisé
Après trois semaines de soldes, les commerçants du centre-ville de Saint-Denis dressent un bilan mitigé malgré une stratégie de fortes démarques.
Après trois semaines de soldes, les commerçants du centre-ville de Saint-Denis dressent un bilan mitigé malgré une stratégie de fortes démarques.
" Immanquables ", " Coup de Folies ", " Démarques à - 70% " sont autant d'inscription qui s'étalent sur les vitrines du carré piéton de Saint-Denis, depuis le 27 août, date du coup d'envoi des soldes d'hiver. Face à un pouvoir d'achat rogné par la hausse du prix du carburant et d'autres produits de base, les commerçants ont choisi d'offrir d'importants rabais, jusqu'à 70%, et ce dès les premiers jours, dans certaines boutiques.

Déstockage comme bouffée d'oxygène
" Nous réalisons un déstockage afin d'obtenir une bouffée d'oxygène dans une conjoncture économique difficile ", explique Mohamad Omarjee, gérant de magasins de vêtements et de chaussures et secrétaire général du SYCOR (Syndicat des commerçants de la Réunion). Selon ce commerçant, dans son magasin, les produits les plus chers, et sur lesquels la forte démarque permet de faire une économie importante, ont le plus de succès alors que les produits de standing moyens s'écoulent difficilement. Il explique également établir les démarques en fonction de l'ancienneté des produits : ceux qui ont été reçus en début d'année étant les plus bradés.

" Les clients hésitent avant d'acheter "
Dans un magasin de chaussures de la rue Maréchal Leclerc, les premiers prix démarrent à 3 euros. Evelyne Tanjama, la gérant de la boutique, se dit satisfaite des premières semaines de soldes, même si elle remarque que " les gens se plaignent de la baisse de leur pouvoir d'achat et hésitent avant d'acheter. Ils préfèrent aller payer leurs factures importantes et revenir, s'il leur reste un peu d'argent pour se faire plaisir. " Dans ce magasin de vêtements, qui présente une large collection pour enfants, seuls les articles à très bas prix trouvent preneurs. A la sortie du magasin, Michèle, mère de famille dyonisienne, explique avoir fait des affaires : "J'ai trouvé des petits hauts à 1 euro pour ma fille de six ans. Il y a de bonnes démarques ! " En revanche, une autre cliente dénonce une stratégie commerciale : " Dans plusieurs magasins, les affiches prometteuses attirent les clients mais une fois à l'intérieur, on trouve peu d'articles soldés. " Ainsi, cette sainte-marienne confie faire du lèche-vitrines plutôt de nombreux achats.

Fin des dépenses superflues
" De nos jours, les clients ne refont plus leur garde-robe au moment des soldes ", selon Mohamad Omarjee, qui décrit le phénomène du " consommateur blasé " qui n'attend plus les soldes pour acheter, habitué à la succession d'opérations commerciales tout au long de l'année, d'anniversaires en braderie et promotions diverses. De plus, face à la montée des prix, dans l'alimentaire, notamment, les consommateurs tendent à limiter les dépenses jugées superflues. " Les femmes peuvent se passer de bijoux fantaisies ", constate ainsi Mahoumad Mansoura, gérante d'une boutique de maquillage, bijoux et accessoires d'une galerie marchande en centre-ville. Malgré des prix bas, cette commerçante constate une baisse de son chiffre d'affaires depuis le début de l'année. A une dizaine de jours de la fin des soldes, fixée au 30 septembre, l'affluence est stable et devrait augmenter légèrement dans les derniers jours.
   

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