L'usage des téléphones portables "peut-être cancérogène" :

"Que des hypothèses"


Publié / Actualisé
Un nouveau rapport de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) publié ce mardi 31 mai 2011 affirme que l'usage du téléphone portable augmenterait le risque de gliome, un type de cancer du cerveau. A La Réunion où l'industrie de la téléphonie mobile est florissante, cette annonce peut-elle porter un coup d'arrêt aux ventes ? Les opérateurs locaux en doutent, estimant que cette étude "n'apporte rien de nouveau" et ne fait que "reprendre des hypothèses qui circulent depuis près de 10 ans".
Un nouveau rapport de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) publié ce mardi 31 mai 2011 affirme que l'usage du téléphone portable augmenterait le risque de gliome, un type de cancer du cerveau. A La Réunion où l'industrie de la téléphonie mobile est florissante, cette annonce peut-elle porter un coup d'arrêt aux ventes ? Les opérateurs locaux en doutent, estimant que cette étude "n'apporte rien de nouveau" et ne fait que "reprendre des hypothèses qui circulent depuis près de 10 ans".
Cancérogènes ? Pas cancérogènes ? La problématique des effets des ondes émises par les téléphones portables fait débat depuis plusieurs années. Les études se succèdent mais ne parviennent pas à identifier clairement les risques liés à l'utilisation de ce type d'appareil. La dernière étude publiée par l'OMS sur le sujet évoque un "risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau associé avec l'usage du téléphone sans fil". De quoi alimenter encore le débat.

Pour le docteur François Kabagemie, médecin généraliste, la question des possibles effets néfastes du téléphone portable "mérite d'être posée". "Il est sûr qu'une utilisation prolongée de ce genre d'appareil peut avoir des conséquences sur la santé. Reste à voir quel est le seuil à partir duquel son utilisation est dangereuse. Pour l'instant, aucune étude ne le montre", analyse-t-il.

Le docteur Maurice Nguyen, médecin généraliste, voit dans ce nouveau rapport une "énième polémique". "Depuis 10 ans on nous dit que le téléphone portable est dangereux pour la santé. A force de le répéter, les gens y croient et s'inventent des symptômes liés à son utilisation. Pour l'instant, toutes ces affirmations sont des hypothèses", répond-t-il.

Des preuves, c'est ce qu'attendent aussi les opérateurs de téléphonie mobile locaux. Du côté de SFR, on dit "ne rien apprendre de nouveau dans ce rapport de l'OMS". "On nous affirme depuis 10 ans qu'il y a un risque de cancer lié à l'usage du téléphone mobile. Ce ne sont que des hypothèses", explique Véronique Hoareau, responsable de la communication à SFR.

Du côté de Orange qui s'exprime par l'intermédiaire de la Fédération Française des Telecom, on "prend acte" de la nouvelle classification des ondes des téléphones mobiles. Les deux opérateurs insistent néanmoins sur l'application d'un "principe de précaution" en fournissant dans chaque boîte de téléphone vendu un kit oreillette. Quant à Only, la direction n'a pas répondu à nos sollicitations téléphoniques.

Mais au delà de la question de santé, cette étude est susceptible de porter un coup d'arrêt à une industrie hyper dynamique sur l'île. Selon une étude de l'association française de téléphonie mobile, près de 80% des ménages français ont au moins un accès à la téléphonie mobile (chiffres de 2009).

Les chiffres sont encore plus éloquents pour La Réunion où on dépasse largement la moyenne nationale. Selon une étude Ipsos, 87% des Réunionnais âgés de 15 ans et plus sont équipés d'au moins un téléphone portable. Parmi eux, 7% en ont plus d'un. Chiffre tout aussi impressionnant, 96% des jeunes âgés de 15 à 19 ans sont équipés d'au moins un appareil. C'est dire si le marché réunionnais de la téléphonie mobile est florissant.

"C'est vrai qu'émettre de telles hypothèses n'est pas une bonne chose pour le marché", reconnaît Véronique Hoareau. "Le téléphone portable est désormais un outil de la vie quotidienne. Il faudrait apporter les preuves avant de lancer de telles affirmations", poursuit-elle. Cette dernière parle d'une "nouvelle stigmatisation du téléphone portable alors que d'autres ondes pourraient aussi être dangereuses" comme celles émises par les radios, les satellites ou encore les micro-ondes. .

Même si on n'est encore qu'au stade des hypothèses, la porte-parole de SFR dit malgré tout "suivre de près" l'évolution des études. "Si la réglementation sur les téléphones portables doit changer, nous les appliquerons", souligne la représentante de SFR. En attendant, "chacun doit prendre ses responsabilités. Si quelqu'un estime que le téléphone portable est dangereux pour sa santé, c'est à lui d'arrêter de l'utiliser", termine-t-elle.

Mounice Najafaly pour
   

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