Rencontre entre le préfet et le président de la FNTR :

J-B. Caroupaye : "Nous privilégions le dialogue mais une manifestation n'est pas à exclure"


Publié / Actualisé
Augmentation du prix des carburants et de la bouteille de gaz, grille tarifaire dans le domaine du transport routier, concurrence déloyale, temps réglementaire de conduite, dettes sociales et fiscales des entreprises, voilà les sujets qui ont été abordés vendredi dernier entre le préfet Jean-Luc Marx et Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (fédération nationale des transporteurs routiers). Si ce dernier assure que le dialogue a été "vraiment constructif et positif" et indique "privilégier la discussion pour trouver des solutions", il précise toutefois qu'une manifestation de la profession "n'est pas à exclure" pour "attirer l'attention sur les problèmes rencontrés par les transporteurs".
Augmentation du prix des carburants et de la bouteille de gaz, grille tarifaire dans le domaine du transport routier, concurrence déloyale, temps réglementaire de conduite, dettes sociales et fiscales des entreprises, voilà les sujets qui ont été abordés vendredi dernier entre le préfet Jean-Luc Marx et Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (fédération nationale des transporteurs routiers). Si ce dernier assure que le dialogue a été "vraiment constructif et positif" et indique "privilégier la discussion pour trouver des solutions", il précise toutefois qu'une manifestation de la profession "n'est pas à exclure" pour "attirer l'attention sur les problèmes rencontrés par les transporteurs".

Dans un contexte socio-économique tendu, Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR, a rencontré le préfet Jean-Luc Marx ce vendredi 1er mars, date à laquelle le prix des carburants a été revu à la hausse et la bouteille de gaz a augmenté de presque 7 euros.

Durant cet entretien, le président de la FNTR a tiré la sonnette d’alarme sur plusieurs problèmes à La Réunion. A commencer par les prix des carburants. Jean-Bernard Caroupaye a rappelé au préfet qu’en février 2012, un protocole de sortie de crise avait été signé entre l’Etat et la FNTR. Il y était question notamment de la mise en place d’un gazole détaxé pour les professionnels. Le président de la FNTR a également abordé ce sujet avec la Région au cours d’une rencontre le lundi 4 mars pour demander, comme cela a été acté, la révision de la détaxe en cas d’augmentation des prix des carburants.

Avec le préfet, il a également discuté du prix de la bouteille de gaz. "C’est un sujet qui nous concerne tous. Les transporteurs se sont battus l’an dernier pour une baisse de 8 centimes sur le gazole pour tous. Notre mobilisation et celle de la population, ont eu un réel impact sur les décisions qui ont été prises par l’Etat et les politiques", souligne Jean-Bernard Caroupaye. "Nous avons ainsi contribué, avec l’aide du conseil régional et du conseil général à la baisse du prix de la bouteille de gaz et à la mise en place des produits solidaires", précise-t-il.

"Au 1er mars, la bouteille de gaz a augmenté de 32% pour atteindre 21,73 euros. C’est une augmentation brutale, qui aurait peut-être pu se faire plus en douceur", estime Jean-Bernard Caroupaye. Selon lui, les carburants et le gaz auraient dû être intégrés dans le bouclier qualité-prix. Il dénonce là "l’inactivité de l’Etat" et égratigne au passage la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, qui, alors qu’elle était en visite à La Réunion fin février, n’a pas abordé le sujet. Par ailleurs, Jean-Bernard Caroupaye estime qu’il serait possible d’enrayer les augmentations en prenant sur les marges des pétroliers qui "continuent à faire des bénéfices énormes", selon son expression.

Le président de la FNTR a en outre abordé avec le préfet les problèmes rencontrés par les transporteurs à La Réunion. "J’ai voulu attirer son attention sur la grille tarifaire proposée par les grosses entreprises, parce que cela nuit aux petites entreprises, mais aussi sur la concurrence déloyale. Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des intercommunalités faire appel à des engins agricoles sur les chantiers alors que seules les entreprises de transports sont habilitées pour effectuer ce type de travaux", note Jean-Bernard Caroupaye.

Autre sujet évoqué en préfecture : le temps réglementaire de conduite. "Il faut revoir la loi européenne réglementant le temps de conduite. Dans le protocole du 21 février 2012, l’Etat s’est engagé, par la signature du préfet Michel Lalande, à travailler avec les transporteurs sur cette question", explique Jean-Bernard Caroupaye. "La loi européenne est complètement inadaptée à La Réunion", dit-il. "Il est stipulé que les véhicules circulant exclusivement sur des îles, dont la superficie ne dépasse pas 2 300 kilomètres carrés et qui ne sont pas reliées au territoire national par un pont, un gué, ou un tunnel ouverts aux véhicules automobiles, peuvent déroger à la loi. Certes, la superficie totale de La Réunion est de 2 500 km2, mais le périmètre auquel ont réellement accès les transporteurs est de 1 600 km2", souligne Jean-Bernard Caroupaye, estimant ainsi qu’il doit y a voir une révision de la loi pour La Réunion.

Enfin, le président de la FNTR a abordé avec le préfet la problématique des dettes fiscales et sociales des entreprises. "Fin 2012, les dettes de 8 000 entreprises en difficulté étaient estimées à 1,2 milliard d’euros. On réclame une réponse urgente de la part de l’Etat face à cette situation. Nous demandons de nouveau la mise en place d’un plan d’étalement des dettes", réitère Jean-Bernard Caroupaye.

A l’issue de sa rencontre avec Jean-Luc Marx, le président de la FNTR estime avoir "reçu une écoute attentive". "Le dialogue a été vraiment constructif et positif. J’ai ressenti une volonté de la part du préfet de nous accompagner et de nous aider à trouver des solutions", indique Jean-Bernard Caroupaye.

Interrogé sur la mise en place d’éventuelles actions pour faire avancer les choses, il répond : "Notre objectif, c’est de trouver des solutions pour l’apaisement, dans l’intérêt de tous. Nous avons choisi la voie de la responsabilité et de la sagesse. Nous ne voulons pas rajouter de la tension à une tension déjà existante. Nous avons eu des contacts positifs, nous espérons qu’ils correspondront au mieux aux attentes". Toutefois, Jean-Bernard Caroupaye ajoute : "Une manifestation n’est pas à exclure pour attirer l’attention sur les problèmes que rencontre notre profession et pour accompagner la population. L’an dernier, la mobilisation de tous a payé. Si tout le monde est solidaire, il pourrait y avoir d'autres victoires".

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