La Direction de l'Agriculture après les déclarations d'Emmanuel Macron :

Leucose bovine : "si vous dites qu'on va assainir le cheptel en 4 ans, vous vous plantez"


Publié / Actualisé
Couacs au sein du gouvernement et des services de l'Etat, sur le sujet de la leucose. Le 25 octobre 2019, lors de son troisième et dernier jour de visite à La Réunion, Emmanuel Macron a évoqué un plan zéro leucose censé assainir le cheptel en 4 ans. Une annonce très attendue par les éleveurs, mais qui se contredit avec la version du ministre de l'Agriculture qui parlait plutôt de 2030. Contactée, la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Forêts (DAAF), censée publier d'ici quelques jours le plan en question dans une version détaillée, confirme l'objectif de 4 ans... pour la filière viande. Pour les élevages laitiers, ce sera bel et bien 10 ans. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Couacs au sein du gouvernement et des services de l'Etat, sur le sujet de la leucose. Le 25 octobre 2019, lors de son troisième et dernier jour de visite à La Réunion, Emmanuel Macron a évoqué un plan zéro leucose censé assainir le cheptel en 4 ans. Une annonce très attendue par les éleveurs, mais qui se contredit avec la version du ministre de l'Agriculture qui parlait plutôt de 2030. Contactée, la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Forêts (DAAF), censée publier d'ici quelques jours le plan en question dans une version détaillée, confirme l'objectif de 4 ans... pour la filière viande. Pour les élevages laitiers, ce sera bel et bien 10 ans. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Entre Emmanuel Macron et Didier Guillaume, qui a raison, qui a tort ? Lors de son troisième jour de visite à La Réunion le 25 octobre, et devant le monde agricole, le président a annoncé que le plan zéro leucose se tiendrait sur 4 ans.

"Il ne m'appartient pas ici de qualifier la dangerosité des différentes maladies des animaux, c'est la responsabilité des scientifiques" a déclaré le chef de l'Etat tout en affirmant déployer "un plan de sécurité sanitaire globale pour les élevages et notamment un plan zéro leucose". "Les services du ministère seront mobilisés aux côtés des deux filières et le cheptel devra être assaini en 4 ans. C'est l'objectif qui me paraît atteignable" a-t-il ajouté.

Retrouvez sa déclaration ci-dessous, à 9'15'' :

Fin août, la DAAF annonçait en effet un plan leucose en 53 mesures censé être dévoilé "fin septembre – début octobre". Fin octobre, toujours rien. Contacté le directeur de la DAAF explique que ce retard est lié "à la venue du président de La République". Ne voulant pas lui couper l'herbe sous le pied, la publication du dossier leucose viendra donc plus tard.

Lire aussi : Maladies bovines: un plan d'assainissement dévoilé fin septembre

Des informations discordantes

La déclaration de l'Etat faite, les réactions ne se sont pas faites attendre. Et parmi elles, celles des associations de consommateurs, au coeur du dossier, et d'ailleurs présentes lors de la présentation (dans les grandes lignes) du plan leucose par la DAAF fin août.

"Nous saluons la position courageuse du Chef de l’État" écrivent de concert Philippe Courquet, président de CLCV, et Jean-Pierre Lajoie, président d'UFC Que choisir Océan indien.

Mais voilà qu'ils soumettent une inquiétude : le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, également sur le sol réunionnais, avait parlé d'une échéance beaucoup plus longue. En effet selon nos confrères du JIR, celui-ci aurait plutôt fixé – le même jour qu'Emmanuel Macron -  "le cap de 2030".

"Un couac de communication" comme le résume Jean-Pierre Lajoie, président d'UFC Que choisir Océan indien.

De 4 ans à 10 ans

Dans un échange d'e-mails transmis à Imaz Press Réunion, qui concerne UFC Que choisir et le directeur de la DAAF Philippe Simon, il est effectivement question "d'une proposition d'assainissement de la leucose en 4 ans pour la filière bovine et 10 ans pour la filière laitière". Les deux branches ne seraient donc pas sur le même plan.

Et surtout, cela ne correspond pas aux 4 ans annoncés par le président pour l'ensemble du cheptel, mais plutôt à la version du ministre de l'Agriculture avec son objectif 2030. Direction la DAAF pour tenter d'en savoir plus, qui nous confirme à demi-mot qu'il y a eu un problème de communication. "Le président a coupé sa phrase" estime le directeur Philippe Simon. "On ne peut pas résumer en un discours aussi bref 250 pages de dossier".

Pour le directeur, il a toujours été question de 10 ans pour les élevages laitiers, "car le nombre de vaches n'est pas le même, et les conditions d'élevage sont différentes aussi".

Il le dit clairement, l'échéance annoncée pour l'ensemble des bovins n'est pas réalisable : "si vous dites qu'on va assainir en 4 ans, vous vous plantez. Monsieur Macron a pris 'des morceaux de phrase', comme des éléments de communication. Il y a des subtilités qui n'intéressent pas forcément le grand public", estime le directeur.

L'annonce du chef de l'Etat devait être concise, au risque d'être un peu imprécise, "des imprécisions qui seront précisées dans le dossier que nous allons remettre sur le sujet, dans les jours qui viennent", assure Philippe Simon, manifestement un peu embêté par cette erreur de communication.

"Faire disparaître l'exception réunionnaise"

Aujourd'hui, la DAAF continue d'affirmer que la leucose bovine n'est pas transmissible à l'homme, mais face à cette maladie les consommateurs sont méfiants. La crise de confiance est réelle et plus personne n'achète de boeuf péi.

Lire aussi : La filière bovine sort le grand jeu pour retrouver la confiance du consommateur

De fait la colère de certains éleveurs est liée à l'exception réunionnaise en date du 1er novembre 2017. Un arrêté préfectoral le stipule clairement, La Réunion n’est pas soumise au même fonctionnement que l’Hexagone : du fait de "la présence diffuse du virus (…) le ministère en charge de l’agriculture a dispensé La Réunion de l’application des dispositions en vigueur sur le reste du territoire national". En métropole, un scandale sanitaire similaire aurait mené à l’éradication des élevages touchés.

Un point relevé par le président de La République le 25 octobre : "nous ferons progressivement disparaître cette exception réunionnaise qui conduit à ce que la réglementation nationale, plus protectrice, ne s'applique pas à La Réunion. (…) "Nou lé pa plus, nou lé pas moin", ça doit être la même chose pour les contrôles."

Assainir sans euthanasier

Mais force est de constater qu'il y aura bel et bien une différence. Là encore Philippe Simon nous le confirme : "pas d'euthanasie prévue". Comment assainir le cheptel alors ? "On vous l'expliquera dans le dossier."

Lire aussi : Leucose bovine : le plan d'éradication la pas par lé o...

Fin août, la DAAF avait donné quelques éléments de réponse malgré tout. "Cinq veaux sur six naissent négatifs, il faudrait donc les isoler pendant deux ans, sans être au contacter des animaux positifs, et petit à petit assainir un cheptel de cette manière. Au mois d'août 2018 nous l'avons fait dans un élevage de la Plaine des Cafres, ça a très bien marché", avait assuré Loïse de Valicourt, cheffe de service Alimentation à la DAAF et docteure vétérinaire.

Une méthode "douce" qui explique peut-être aussi la raison pour laquelle l'assainissement de la filière laitière, elle, prendra plus de temps. Il faut dire qu'elle est beaucoup plus touchée que la filière viande : 81% des élevages laitiers selon la DAAF, contre 10% dans la filière viande selon les chiffres de la Sica Revia.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

6 Commentaire(s)

MÃ'véLang, Posté
(Bonjour c'est bien ce que dit la DAAF, la maladie se transmet en effet par les insectes, ils n'ont jamais dit le contraire - WEBMASTER
À webmaster qui s'y connaît, quels sont les risques avec un animal porteur sain, s'il se fait piquer par un tomose, est-ce qu'il peut rendre malade un autre (animau ) ou lui aussi sera porteur sain
Bèf Malad, Posté
Si les Réunionnais jouent le jeu arrêtent de manger de la bonne viande saine et moins cher de france, en moins de 4 ans, ils auront bouffé tous les animaux malades de la Réunion, on aura un cheptel d'animaux sains.
Pour ma part, il y a longtemps que je ne connais plus le bÅ"uf et le lait péï, pour ceux qui ne connaissent pas même le fromage tête de mort ( de Hollande) est fabriqué à la Réunion, regardez bien l'estampe 974, c'est pas la Hollande ça
Volcan974, Posté
La Réunion est il un département Français ? Au vu du reportage de réunion 1ere la question est posée ? La législation est appliqué quand en fonction du porte monnaie
SOWETO, Posté
La DAAF et madame de vilicourt se trompent gravement, la transmission de la LBE se fait par piqÃ"res d'insectes piqueurs comme les Stomoxes et les tiques qui pullulent à la Réunion pas par contact direct avec les animaux porteurs du virus.
(Bonjour c'est bien ce que dit la DAAF, la maladie se transmet en effet par les insectes, ils n'ont jamais dit le contraire - WEBMASTER)
Eleveur, Posté
Et depuis plus de 14 ans, qu avez vous fait Mr Simon et Mme de Valicourt ?. La DAAF porte une responsabilité énorme dans ce dossier, rester trop en poste sous le soleil, il est peut être temps pour vous deux de mettre les voiles, votre plan Leucose aurait été déjà réalisé si vous n étiez pas dans votre bureau entre copains coquins des coopératives tels que Urcoopa, vous êtes responsables, et la leucose entraîne bien des défaillances et l apparition d autres maladies car le système immunitaire de la vache est plus faible, nos frais de vétérinaires peuvent atteindre 1800 à 2000 euros par mois, mais là dessus pas un mots !!. Virez moi ces deux là.
CHABAN, Posté
Notre Dame c'est 5ans ! ?