Grande distribution (actualisé) :

Autorité de la concurrence : feu vert sous conditions au rachat de Vindémia par le groupe Hayot


Publié / Actualisé
L'Autorité de la concurrence annonce ce mardi 26 mai 2020 a donné son feu vert, sous conditions, pour le rachat par le groupe Bernard Hayot (GBH). "Après examen exhaustif du dossier de rachat de Vindemia par le groupe Bernard Hayot (GBH), l'Autorité a identifié des risques d'atteinte à la concurrence sur les marchés de la distribution au détail à dominante alimentaire, de la distribution des livres et sur le marché amont de l'approvisionnement" indique l'institution. "En réponse, GBH s'est engagée à y remédier de façon anticipée (engagement dit de " fix-it-first ") dès avant la réalisation de l'opération, en cédant 7 magasins à 2 repreneurs faisant l'objet d'un agrément préalable de l'Autorité : Make Distribution et le groupe Tak" ajoute l'Autorité de la concurrence. Dans un communiqué publié dans la matinée de mardi, Ericka Bareigts estime que la décision de l'Autorité de la concurrence est "une mauvaise nouvelle pour La Réunion". Une majorité de décideurs politiques et économiques de l'île étaient contre le rachat de Vindémia par GBH au motif que cela placerait ce dernier en position dominante (Photo rb/www.ipreunion.com)
L'Autorité de la concurrence annonce ce mardi 26 mai 2020 a donné son feu vert, sous conditions, pour le rachat par le groupe Bernard Hayot (GBH). "Après examen exhaustif du dossier de rachat de Vindemia par le groupe Bernard Hayot (GBH), l'Autorité a identifié des risques d'atteinte à la concurrence sur les marchés de la distribution au détail à dominante alimentaire, de la distribution des livres et sur le marché amont de l'approvisionnement" indique l'institution. "En réponse, GBH s'est engagée à y remédier de façon anticipée (engagement dit de " fix-it-first ") dès avant la réalisation de l'opération, en cédant 7 magasins à 2 repreneurs faisant l'objet d'un agrément préalable de l'Autorité : Make Distribution et le groupe Tak" ajoute l'Autorité de la concurrence. Dans un communiqué publié dans la matinée de mardi, Ericka Bareigts estime que la décision de l'Autorité de la concurrence est "une mauvaise nouvelle pour La Réunion". Une majorité de décideurs politiques et économiques de l'île étaient contre le rachat de Vindémia par GBH au motif que cela placerait ce dernier en position dominante (Photo rb/www.ipreunion.com)

Pour rappel, le groupe Vindémia exploite sept hypermarchés et quatorze supermarchés, respectivement sous les enseignes Jumbo Score et Score, ainsi que cinq magasins de libre-service de gros (format dit "cash and carry") sous l’enseigne Supercash. En outre, quatre magasins sous enseigne Score, deux supermarchés et deux supérettes, sont exploités par des indépendants, à travers un réseau de franchise.

Vindémia anime par ailleurs, à travers la société Proxishop, un réseau de cinquante-trois magasins de proximité, franchisés sous enseigne Vival. Vindémia exerce également une activité sur le marché de la distribution en gros de produits à dominante alimentaire, en qualité de grossiste-importateur, par l’intermédiaire de la société SDCOM. Le groupe détient aussi une plateforme logistique, centrale d’achats et centrale de référencement, à travers la société Vindémia Logistique. En outre, le groupe Vindémia est actif dans la distribution de produits non-alimentaire, via un magasin sous enseigne Agora, un magasin sous enseigne Espace Garden et cinq magasins master franchisés sous enseigne Fnac.

Dans ce contexte, l'Autorité dit avoir "identifié après examen exhaustif du dossier des risques d'atteinte à la concurrence sur les marchés de la distribution au détail à dominante alimentaire, de la distribution des livres et sur le marché amont de l’approvisionnement"

Selon l'institution, les risques portaient principalement sur une atteinte à la concurrence "sur les marchés de la distribution au détail et de l’approvisionnement de produits alimentaires et non-alimentaires"et  "sur le marché de la distribution au détail à dominante alimentaire"

S’agissant du marché de la distribution au détail de produits alimentaires, l'Autorité de la concurrence a considéré "qu’il existait des risques d’atteinte significative à la concurrence dans dix zones de chalandise. Dans ces zones, les consommateurs risquaient d’être privés d’une alternative concurrentielle satisfaisante à l’issue de l’opération".

- Les garanties du groupe Hayot -

L’Autorité a abouti à la même conclusion pour le marché de la distribution au détail des livres dans les zones de Saint-Benoît et Saint-André. Même constation concernant "le marché de l’approvisionnement" où l’Autorité" a constaté que l’opération était de nature à renforcer la dépendance économique de certains fournisseurs locaux des parties à l’opération".

"Pour répondre aux problèmes de concurrence identifiés par l’Autorité, GBH s’est engagée à y remédier de façon anticipée (...) dès avant la réalisation de l’opération, en cédant sept magasins à deux repreneurs faisant l’objet d’un agrément préalable de l’Autorité, Make Distribution et le groupe Tak" souligne l'instituttion

GBH a ainsi "déposé une série d’engagements, qui répondent de façon adéquate et proportionnée aux préoccupations de concurrence relatives au maintien d’une animation concurrentielle suffisante pour le consommateur". "Les cessions vont permettre de garantir une animation concurrentielle, notamment en prix, en faveur des consommateurs" ajoute l'autorité de la concurrence.

Le groupe Hayot s'est engagé à céder 4 hypermarchés (Jumbo Score Sainte-Marie, Jumbo Score Saint-Denis, Jumbo Score Saint-André, Jumbo Score Saint-Paul) et 2 supermarchés (Score Saint-Pierre, rue de la Cayenne et Score Saint-Pierre, rue de Cardamone) ainsi que le magasin de produits culturels sous enseigne Agora à Saint-André. "Ces cessions permettent de rétablir une animation concurrentielle dans chacune des zones dans laquelle les effets de l’opération portaient atteinte à la concurrence. Dans le cadre de son engagement, GBH a également proposé deux repreneurs identifiés pour ces cessions : Make Distribution, qui reprend les quatre hypermarchés ainsi que le point de vente Agora, et le groupe Tak qui reprend les deux supermarchés proposés" énumère l'institution

- Maintien d'une concurrence effective -

L’Autorité a examiné si ces repreneurs avaient la capacité de reprendre les magasins cédés et d’animer la concurrence de façon durable sur le marché de la distribution au détail. "Après étude, ces derniers sont apparus comme des acteurs crédibles et aptes à assurer et animer une concurrence effective. L’Autorité a donc estimé que ces repreneurs pouvaient être agréés pour reprendre les magasins cédés".

GBH s'est aussi engagé à "maintenir le niveau actuel des approvisionnements auprès de la production locale, en se fournissant en particulier chaque année auprès des producteurs locaux à hauteur de [25-35]% des achats totaux réalisés par ses grandes surfaces alimentaires". Le groupe Hayot a également affirmé vouloir "mettre en place un dispositif interne pour identifier les cocontractants en possible état de dépendance économique et es accompagner dans la sortie de cet état de dépendance si ces fournisseurs le souhaitent".

Compte tenu de l’ensemble des engagements présentés, et estimant qu’ils répondaient entièrement aux problèmes de concurrence identifiés, l’Autorité a autorisé l’opération.

- Polémique -

La proposition de rachat de Vindémia par le groupe Hayot avait déclenché la polémique à La Réunion. Les présidents de la Région et du Département, tous les parlementaires, les présidents la chambre de commerce et de la chambre de métiers, des syndicats, des associations de consommateurs prostestaient cette opération qui "place le GDH en position dominante". Trois groupes concurrents de Bernard Hayot, Leader Price, Leclerc et Super U, émettaient une contre-proposition de rachat de Vindémia.

Lire aussi : Les réactions à La Réunion

Lire aussi : Rachat de Vindemia par le groupe Hayot : Leader Price, Leclerc et Super U proposent une "alternative réunionnaise"

Ils n'ont finalement pas été entendus

Dans un communiqué publié dans la matinée de mardi, Ericka Bareigts estime que la décision de l'Autorité de la concurrence est "une mauvaise nouvelle pour La Réunion". "Une fois de plus, notre territoire perd le contrôle sur la destinée de son économie. C’est un échec de plus pour la stratégie économique régionale" ajoute-elle. La députée souligne aussi que "comme beaucoup d’autres secteurs, les décisions ne se prendront plus à La Réunion mais entre Paris et Saint-Etienne".

"Chacun le sait, cette option n’a jamais été la mienne. J’ai toujours été convaincue que nous pouvions mobiliser nos talents, nos compétences, nos ressources financières pour investir et décider de notre avenir. C’est le sens du travail que je continuerai à mener avec le tissu économique local, les associations de consommateurs, les citoyens pour que le secteur concurrentiel à La Réunion ne s’affaiblisse pas" termine Ericka Bareigts.

Le député de La France Insoumise Jean-Hugues Ratenon a partagé, sur son compte Facebook, une pétition contre le rachat de Vindémia par le groupe Hayot, à l'attention d'Emmanuel Macron. 

La décision de l'Autorité de la concurrence est à lire dans son intégralité ici

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Sapoties, Posté
C'est une honte, c'est uniquement la loi du plus fort qui prime, aucune règle de concurrence n'est respectée (seules des promesses de GBH, qui ne seront évidemment jamais tenues).
La vérité si je mens !, Posté
Bof ça n'empêche quiconque de dormir . Le soleil brille pour tout le monde à la REUNION A ses habitudes pour aller faire ses courses sauf GBH Mes amis , retenez bien ceci . l n'y a ni mauvais herbes , ni mauvais hommes Il n'y a que de mauvais cultivateurs Victor Hugo